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Visite papale: un engouement difficile à prévoir

Photo AFP
Photo portrait de Catherine Bouchard

Catherine Bouchard

2022-07-22T20:52:29Z
2022-07-23T00:43:44Z

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Difficile de savoir si la visite papale entraînera un engouement semblable à celui de 1984, alors que des experts estiment que la nature du voyage apostolique de la semaine prochaine est beaucoup plus politique que religieuse.

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En 1984, le pape Jean-Paul II avait rassemblé une foule de 250 000 personnes à Québec, dans le cadre d’une messe en plein air tenue à l’Université Laval. C’était également la première fois que le Saint-Père mettait les pieds au Québec.

Photo d'archives
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Or, le voyage de 2022 revêt un aspect fort différent et dans un contexte qui l’est tout autant.

Pas comme en 1984

Éric Laliberté, doctorant en théologie de la Faculté de théologie et de sciences religieuses à l’Université Laval, estime que le scénario d’un engouement semblable à celui de 1984 est le plus plausible, mais dans un esprit totalement différent.

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« Le pape Jean-Paul II était une célébrité. Tout le monde y allait pour ça. Il y avait Céline Dion qui chantait et le budget était énorme à l’époque. C’était 125 M$, il me semble », avance M. Laliberté. Il était d’ailleurs présent pour cette visite, dont il se souvient très bien.

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Il souligne qu’à l’époque, l’aspect religieux avait beaucoup d’importance. « Aujourd’hui, l’événement va susciter de l’intérêt encore une fois, poursuit-il. Mais l’enjeu est vraiment plus politique que religieux ».

Le fait que le Saint-Père admet la faillibilité de l’Église, notamment en qualifiant ce voyage de « pèlerinage pénitentiel », représente plus que des excuses, à son avis.

Un pape moins « showman »

Alors que les hôtels ont encore un bon nombre de chambres disponibles, il est possible que la 7e vague de contamination et le mercure très chaud des dernières semaines représentent un frein pour certaines personnes.

MARCEL TREMBLAY/AGENCE QMI
MARCEL TREMBLAY/AGENCE QMI

Pour sa part, Louis Rousseau, professeur émérite au Département de sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal, se montre beaucoup plus réservé dans ses prévisions sur l’achalandage.

« L’intérêt qu’on a pour le pape, on va le voir après coup », laisse-t-il tomber.

Il croit que les nombreuses contraintes routières annoncées pourraient décourager de potentiels visiteurs. Mais il se dit certain qu’un bon nombre d’Autochtones seront au rendez-vous, à Sainte-Anne.

« Ce n’est pas un voyage qui a été prévu pour attirer les grandes foules, étant donné sa santé [fragile] », poursuit-il.

Il estime également que le pape François est moins « showman » que Jean-Paul II. « Mais en même temps, il peut avoir une image plus simple, plus familière, un côté grand-père », termine M. Rousseau.

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