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Visite de Pelosi: 27 avions militaires chinois entrent dans la zone de défense aérienne taïwanaise

2022-08-03T05:41:35Z
2022-08-03T14:32:07Z

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TAIPEI | Vingt-sept avions militaires chinois sont entrés mercredi dans la zone de défense aérienne taïwanaise, ont annoncé les autorités de Taïwan, où la présidente américaine de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a effectué une visite. 

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27 appareils de l’armée chinoise «sont entrés dans la zone environnante (Zone d’identification de défense aérienne, plus large que l’espace aérien) le 3 août 2022», a déclaré sur Twitter le ministère de la Défense taïwanais.

 

Les chefs de la diplomatie du G7 ont estimé mercredi qu’il n’y avait «aucune justification» pour la Chine à utiliser la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi à Taïwan comme «un prétexte» à des manœuvres militaires «agressives».

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«Il est normal pour les députés de nos pays de voyager à l’international. La réponse en forme d’escalade» de la Chine «risque d’augmenter les tensions et de déstabiliser la régions», jugent les sept pays les plus riches (États-Unis, Japon, France, Allemagne, Italie, Canada, Royaume-Uni) dans un communiqué.

La présidente de Taïwan Tsai Ing-wen a affirmé mercredi que l’île «ne reculerait pas» face à la menace de la Chine, qui s’apprête à lancer des manœuvres militaires dangereusement près des côtes taïwanaises en représailles à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi. 

Lors d’une rencontre avec Mme Tsai à Taipei, Mme Pelosi, la plus haute responsable américaine à visiter l’île depuis 25 ans, a affirmé être venue «en paix» dans la région tout en assurant que les États-Unis n’abandonneraient pas l’île démocratique, qui vit sous la menace constante d’une invasion par Pékin.

Arrivée mardi soir à bord d’un avion militaire américain, Mme Pelosi a quitté l’île mercredi à 18H00 (10H00 GMT) à destination de la Corée du Sud, prochaine étape de sa tournée asiatique.

Avant son départ, Mme Pelosi a rencontré plusieurs dissidents qui se sont trouvés dans le collimateur de Pékin par le passé, dont l’un des principaux leaders étudiants des manifestations pro-démocratie de la place Tiananmen en 1989, Wu’er Kaixi. 

  • Écoutez l’entrevue de Yasmine Abdefadel avec Guy St-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine sur QUB radio : 

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«Nous sommes d’accord que Taïwan est en première ligne (de la démocratie)», a déclaré Wu’er. «Les gouvernements américain et taïwanais doivent (...) défendre davantage les droits humains».

Le bref séjour de la dirigeante américaine a déclenché l’ire de Pékin, qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et s’oppose avec véhémence à toute forme de reconnaissance internationale de l’île.

«Ceux qui offensent la Chine seront punis», a menacé mercredi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

«Vigueur»

Le ministère chinois de la Défense a promis des «actions militaires ciblées», avec une série de manœuvres militaires autour de l’île qui commenceront jeudi, dont «le tir à munitions réelles de longue portée» dans le détroit de Taïwan, qui sépare l’île de la Chine continentale.

Ces exercices «constituent une mesure nécessaire et légitime afin de répliquer aux graves provocations de certains politiciens américains et des indépendantistes taïwanais», a déclaré à la presse Hua Chunying, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

«Face à des menaces militaires délibérément accrues, Taïwan ne reculera pas», a réagi la présidente taïwanaise.

Hua Chunying
Hua Chunying AFP

«Nous allons (...) continuer à défendre la démocratie», a-t-elle affirmé lors de sa rencontre avec Mme Pelosi, qu’elle a remerciée pour avoir «pris des mesures concrètes pour montrer (son) soutien indéfectible à Taïwan en ce moment critique».

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Selon les coordonnées publiées par l’armée chinoise, une partie des opérations militaires doivent avoir lieu à 20 kilomètres des côtes de Taïwan.

«Certaines des zones des manœuvres de la Chine empiètent sur (...) les eaux territoriales de Taïwan», a déclaré le porte-parole du ministère taïwanais de la Défense Sun Li-fang.

Mais la Chine «répliquera avec vigueur» si l’armée taïwanaise cherche à perturber ses exercices militaires, a déclaré mercredi soir à l’AFP une source anonyme au sein de l’armée chinoise.

«Si les forces taïwanaises viennent volontairement au contact de (l’armée chinoise) et viennent à tirer accidentellement un coup de feu, (l’armée chinoise) répliquera avec vigueur et ce sera à la partie taïwanaise d’en assumer toutes les conséquences», a-t-elle précisé.

De son côté, le Japon s’est dit «préoccupé» par les exercices chinois, affirmant que certains allaient empiéter sur sa zone économique exclusive (ZEE).

  •  Écoutez la chronique de Normand Lester, blogueur au Journal de Montréal Journal de Québec et animateur du balado « Normand Lester raconte » sur QUB radio :  

Agrumes et sable

Les autorités taïwanaises ont signalé mercredi que 27 nouveaux avions militaires chinois (contre 21 la veille) avaient pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne («Adiz») de l’île - une zone bien plus large que son espace aérien.

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AFP
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Le ministère chinois du Commerce a également annoncé des sanctions économiques, dont une suspension de l’exportation vers Taïwan de sable naturel - un composant clé dans la fabrication de semi-conducteurs, l’une des principales exportations de l’île.

Les douanes chinoises ont suspendu l’importation des agrumes et de certains poissons de Taïwan.

Le ministère taïwanais de la Défense a assuré que l’armée allait «protéger la sécurité nationale».

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Plusieurs navires américains croisent également dans la région, dont le porte-avions USS Ronald Reagan, selon des sources militaires américaines.

Même si des responsables américains se rendent régulièrement sur l’île, la Chine juge que la visite de Mme Pelosi, troisième personnage de l’État américain, est une provocation majeure.

La semaine dernière, dans un entretien téléphonique avec son homologue Joe Biden, le président chinois Xi Jinping avait déjà appelé les États-Unis à ne «pas jouer avec le feu».

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Depuis 1979, Washington ne reconnaît qu’un seul gouvernement chinois, celui de Pékin, tout en continuant à apporter un soutien aux autorités taïwanaises, via notamment d’importantes ventes d’armes.

Les États-Unis pratiquent également «l’ambiguïté stratégique», s’abstenant de dire s’ils défendraient ou non militairement Taïwan en cas d’invasion. 

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