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Visite de Pelosi à Taïwan: «il faudra surveiller si nous assistons à une nouvelle guerre»

L’armée chinoise a déjà menacé Taïwan et Pelosi

Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, accueille Nancy Pelosi à l’aéroport de Taipei.
Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, accueille Nancy Pelosi à l’aéroport de Taipei. Photo AFP
Photo portrait de Francis Pilon
2022-08-03T04:00:00Z

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La visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a créé une escalade de tensions hier qui pourrait mener à une guerre, selon des experts. 

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«Il faut certainement s’inquiéter de la situation en ce moment. Il faut suivre ça de près, tout peut encore arriver. Mme Pelosi ne quittera pas Taïwan avant [aujourd’hui] et il faudra surveiller si nous assistons à une nouvelle guerre», lance Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine. 

L’avion militaire américain avec la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis à bord qui se prépare à atterrir.
L’avion militaire américain avec la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis à bord qui se prépare à atterrir. Photo AFP

En tournée en Asie, Nancy Pelosi, 82 ans, est la plus haute responsable américaine élue à effectuer un déplacement sur l’île en près de 25 ans. 

Dès l’arrivée de celle-ci à Taïwan hier, le ministère chinois des Affaires étrangères a dénoncé «une grave violation» des engagements américains vis-à-vis de la Chine, qui «porte atteinte à la paix et à la stabilité» régionales.

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  • Écoutez l’entrevue de Yasmine Abdefadel avec Guy St-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine sur QUB radio :

Gros dilemme 

Guy Saint-Jacques rappelle que Pékin tente de réunifier sans succès Taïwan à la Chine depuis 1949 et réclame l’île avec ses 23 millions d’habitants comme une de ses provinces. 

«En voyant Nancy Pelosi à Taïwan, la Chine se dit que tous les pays occidentaux vont envoyer des délégués pour soutenir leur indépendance et ça va devenir incontrôlable. Mais Pékin essaie de couper l’oxygène à Taïwan sur le plan international», explique le diplomate. 

Des manifestants pour et contre la visite de Pelosi ont tenu ces pancartes durant plusieurs rassemblements qui se déroulaient hier à Taïwan.
Des manifestants pour et contre la visite de Pelosi ont tenu ces pancartes durant plusieurs rassemblements qui se déroulaient hier à Taïwan. Photo Reuters

De l’autre côté, les États-Unis tentent de soutenir le régime démocratique de Taïwan avec la visite de la présidente de la Chambre des représentants. 

«Pelosi savait aussi qu’elle devait aller sur l’île cette semaine. Sinon, les républicains lui auraient dit qu’elle avait cédé aux pressions chinoises. Les États-Unis le disent souvent : il faut que les démocraties se soutiennent ensemble et contre les visées de la Chine», analyse M. Saint-Jacques. 

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Pour sa part, le ministère chinois de la Défense a promis des «actions militaires ciblées». Il a annoncé une série de manœuvres autour de l’île qui commenceront aujourd’hui, dont «le tir de munitions réelles de longue portée» dans le détroit de Taïwan.

Les autorités taïwanaises ont d’ailleurs signalé hier soir que 21 avions militaires chinois avaient pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan. 

Photo Reuters
Photo Reuters

«Xi Jinping, qui est à la tête de la Chine, sait que des élections s’en viennent bientôt. Il veut prouver à sa population sa puissance et ne pas laisser passer cette occasion avec Pelosi à Taïwan», soutient Guy Saint-Jacques. 

Répercussions chez nous ? 

Julien Frédéric Martin, professeur d’économie à l’UQAM, affirme qu’une éventuelle guerre entre les États-Unis, la Chine et Taïwan écorcherait l’Occident pour une raison bien précise. 

«Taïwan est le leader mondial de la production des puces électroniques très avancées. Elles servent à la construction des cellulaires, des ordinateurs, tout ce qui est intelligence artificielle. Mais la Chine a aussi besoin de ces puces. Pékin pourrait donc difficilement limiter leur chaîne», affirme M. Martin. 

Il ajoute que la plupart des autres produits venant de Taïwan ont des substituts et peuvent être créés dans d’autres usines à travers le monde. 

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– Avec AFP 

Moscou défend la Chine

La Russie a affirmé hier que la Chine a le droit de prendre les « mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté », tout en critiquant le voyage de Nancy Pelosi à Taïwan. 

«Nous exhortons Washington à s’abstenir d’actions qui sapent la stabilité régionale et la sécurité internationale et à reconnaître la nouvelle réalité géopolitique, dans laquelle il n’y a plus de place pour l’hégémonie américain», a déclaré hier le ministère russe des Affaires étrangères.

Plus tôt dans la journée, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait mentionné que cette visite provoque une «augmentation de la tension» dans la région. Il a aussi accusé Washington de choisir «la voie de la confrontation». 

Un « soutien inconditionnel »

Nancy Pelosi s’est rendue hier à Taïwan, malgré les avertissements et les menaces de Pékin, pour soutenir l’indépendance de cette île à 180 km à l’est de la Chine. 

Mme Pelosi a publié une lettre ouverte dans le Washington Post à son arrivée. Elle mentionne notamment que ce voyage prouve «le soutien inconditionnel des États-Unis à la vibrante démocratie taïwanaise».

Des centaines de citoyens se sont aussi rassemblés dans la ville pour l’accueillir ou protester contre sa visite. Devant l’aéroport, des groupes indépendantistes taïwanais ont brandi des pancartes disant «I love Pelosi» et «shut up China», rapporte le quotidien britannique The Guardian.  

Des navires américains à Taïwan 

Plusieurs navires américains croisaient hier dans la région de Taïwan au moment où Nancy Pelosi arrivait sur l’île que Pékin considère comme l’une de ses provinces, selon des sources militaires américaines.

C’est la septième flotte américaine qui a fait savoir sur Twitter que le porte-avions USS Ronald Reagan, qui croise dans la région depuis début juillet, se trouvait dans la mer des Philippines, au sud de Taïwan.

Il est accompagné du contre-torpilleur USS Higgins, qui fait partie de son groupe aéroporté, a précisé une responsable de la marine américaine ayant requis l’anonymat.

Le Higgins est une arme équipée du système de combat Aegis, qui comprend notamment des missiles antinavires et antiaériens.

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