Véronique Claveau a refusé de faire un album
«Titanique» sera présenté du 6 au 27 juin à l’Espace St-Denis, du 1er au 5 septembre au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, et du 11 au 14 septembre à la salle Albert-Rousseau de Québec. Infos et billets: titanique.ca.
Patrick Delisle-Crevier
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Véronique Claveau admire Céline Dion depuis sa plus tendre enfance, mais elle n’avait jamais pensé l’interpréter sur scène. Une offre irrésistible lui permet aujourd’hui de monter sur les planches dans Titanique, une parodie musicale dans laquelle elle chante les succès de son idole. Elle nous parle de ce projet emballant qui sera bientôt présenté en français, mais aussi de son conjoint et de sa vie de famille.
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Véronique, comment vas-tu ?
Je vais très bien. J’arrive de petites vacances au soleil entre amies et ça m’a fait le plus grand bien. La vie est bonne et tout est doux en ce moment, avant ce gros tourbillon qui s’en vient...
De quoi cette douceur est-elle faite ?
Je suis dans une période calme où il n’y a pas nécessairement de stress de performance. Parfois, je vis des périodes où la pression est là, où beaucoup de choses m’habitent. L’été dernier, par exemple, j’animais un Gala Juste pour rire ; la pression et le stress m’ont habitée pendant plusieurs semaines. À cela s’ajoute la vie, la routine, deux enfants... J’accueille donc pleinement cette période plus calme et j’en profite pour respirer un peu.
La pièce Titanique a d’abord été présentée au Québec en version anglaise. Qu’est-ce que ça signifie pour toi de pouvoir la présenter en français cet été ?
En fait, c’est une fierté parce que c’est un spectacle qui a commencé off-Broadway en 2022 et qui a ensuite été présenté un peu partout à travers le monde. J’ai eu la chance de le jouer en anglais à Toronto et à Montréal. Il y a eu 106 représentations en trois mois et demi. Ç’a été un gros sprint, un véritable marathon de huit spectacles par semaine. Avoir la chance de le faire en français, c’est une belle marque de confiance et un privilège. Je suis aussi impliquée dans le processus de traduction. On me fait confiance et j’ai mon mot à dire, surtout dans les dialogues concernant Céline. C’est un show extraordinaire et j’ai hâte de faire rire les gens.
Que peux-tu nous dire de plus au sujet de ce spectacle ?
D’abord, ce n’est ni une revue sur Céline Dion ni Véronique Claveau qui chante du Céline Dion pendant 90 minutes. C’est une parodie musicale, un hommage au film Titanic et une lettre d’amour à Céline. C’est vraiment dans cet esprit-là. Quand je dis que c’est un hommage, c’est parce que c’est une grosse parodie. C’est l’histoire de Céline qui interrompt une visite dans un musée consacré au Titanic pour refaire l’histoire à sa façon. Il s’en suit une belle folie incluant tous les personnages du film : Jack, Rose et les autres. Il y a beaucoup de références à Drag Race et c’est très queer, très gai et culture pop. Céline est une icône pour la communauté et dans ce spectacle, on sent tout l’amour qui lui est porté. C’est un hommage, on ne rit pas d’elle.
Tu me disais que ce spectacle était une lettre d’amour à Céline Dion. Avez-vous eu un écho de sa part ?
Je ne sais pas, je ne pense pas. Elle n’a donné aucune fin de recevoir, mais une chose est certaine : j’aimerais vraiment qu’elle vienne voir le show ! Je lui lance l’invitation parce que ce spectacle reflète vraiment tout l’amour et l’admiration qu’on a pour elle.
Quand on regarde sur Google, tu es répertoriée comme étant une personnificatrice de Céline Dion. Pensais-tu porter ce titre un jour ?
Je vais te faire une confidence : Céline était une idole de jeunesse. Je l’ai écoutée, j’ai fait des concours de lip-sync, j’avais des t-shirts d’elle, ma chambre était remplie d’affiches de Céline ! Quand je suis entrée à Star Académie, on remplissait des questionnaires et à la question « Qui est ton idole ? », je n’ai pas indiqué Céline. Je voulais me détacher d’elle et voler de mes propres ailes. Évidemment, elle a marqué ma vie, mais je voulais faire place à autre chose, laisser de l’espace à ma propre voix. Mais ma voix est teintée de celle de Céline, même quand je ne veux pas l’imiter. Je ne prétends pas avoir sa voix ni son talent, mais elle n’est jamais bien loin en moi. Pendant Star Académie, je n’ai rien chanté de Céline Dion et c’est la seule année, dans les cinq produites par Julie Snyder, où Céline n’est pas venue. Je n’ai pas pu chanter avec elle ni même la rencontrer. C’est Joël Legendre qui a pensé à moi pour Revue et corrigée en 2007, il voulait que j’interprète Céline. Ç’a débuté comme ça et ça n’a jamais vraiment arrêté ensuite.
Te considères-tu comme une chanteuse ou comme une imitatrice ?
Je ne me considère pas comme une imitatrice, car je ne ferais pas un spectacle d’imitations, mais je vais ranger Céline après Titanique pour laisser place à Véronique Claveau, la fille qui fait des variétés. J’ai de beaux projets qui s’en viennent, mais je dois garder ça encore secret pour le moment.
On se connaît depuis Star Académie, en 2004. Dis-moi, est-ce que ta carrière a pris l’envol que tu souhaitais ?
Non, c’est différent. En même temps, je ne suis pas surprise de ne pas avoir fait d’album à ce jour. Ça fait 22 ans que je suis sortie de Star Académie. On m’avait proposé de faire un disque à ce moment-là, mais j’ai refusé parce que ça ne me parlait pas. Je pense que j’ai toujours été plus une fille de variétés qu’une chanteuse pure et simple. J’ai eu de beaux projets — je ne pensais pas faire un Bye Bye un jour ! —, j’ai eu de belles surprises et je suis heureuse de ma carrière. Mais je ne suis pas celle qui a un plan de carrière, je n’ai même pas de gérant qui s’occupe de moi. Je ne suis pas du genre à planifier, et j’étais déjà comme ça dans ma vingtaine, quand je partais en voyage à travers le monde avec mon sac à dos. Je ne planifiais rien. Je suis pratiquement convaincue à 100 % que je ne ferai jamais d’album. Je n’ai pas cette envie de chanter et de partir en tournée avec un album sous le bras. Les carrières qui m’inspirent sont plutôt du côté des variétés, comme celles de France Castel ou de Michèle Deslauriers. Ce sont des femmes qui touchent à tout et qui connaissent une longévité. J’ai une grande admiration pour elles.

Et pensais-tu tomber amoureuse d’un jeune académicien ?
Ça non plus, ce n’était pas prévu, et ça va faire 13 ans bientôt ! On a fait du chemin ensemble, et nous voilà dans une vie de famille avec deux enfants. On s’est rencontrés sur la comédie musicale Hairspray et on ne s’est jamais lâchés par la suite. Je n’avais pas prévu avoir un chum dans le milieu. Je voulais des enfants, mais pas à tout prix, et je ne me voyais pas non plus me marier. Mais j’ai rencontré la bonne personne avec qui fonder une famille et nous formons une bonne équipe ensemble. Finalement, tout ça est devenu une évidence avec Bryan. Mon fils, Léon, a huit ans et ma fille, Agathe, a six ans. Nous savourons tellement ces moments en famille ! Ces enfants baignent dans la musique et les spectacles et ils adorent ça. Ils sont forts sur le plan social et c’est ce que nous tentons de leur transmettre. Je ne pourrais pas espérer mieux comme vie de famille, je suis comblée sur les plans tant personnel que professionnel.