L’association entre Loblaw et ChatGPT pourrait non seulement influencer vos achats à l’épicerie, mais aussi faire grimper le prix de votre facture, s’inquiète le spécialiste de l’industrie agroalimentaire Sylvain Charlebois.
• À lire aussi: Loblaw s’associe à ChatGPT: l’intelligence artificielle va se mêler de votre liste d’épicerie
• À lire aussi: Contre-offensive d’IGA face à Maxi et Super C dans la guerre des prix à l’épicerie
• À lire aussi: Loblaw mise sur le duo Maxi-Pharmaprix pour conquérir le Québec
Au cours des derniers jours, l’épicier a annoncé un partenariat avec OpenAI qui devrait permettre à ses clients «d’explorer des idées de menus», de sélectionner des produits à acheter via l’application PC Express.
«Il va falloir faire attention, parce que là, on parle de dynamique de prix, on parle justement d’arriver avec une personnalisation de l’expérience, [...] ça veut donc dire que les prix vont fluctuer», a affirmé l’expert, en entrevue à LCN.
L’utilisation de l’intelligence artificielle par des épiceries n’est pas unique à Loblaw, clame M. Charlebois.
Selon lui, plusieurs consommateurs pourraient commencer à douter des intentions des épiciers quant à l’usage qui sera fait de l’IA, ce qui pourrait créer une variation des prix en fonction de l’algorithme des clients.
«Est-ce qu’on va utiliser nos propres données contre nous?» s’interroge le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
«Aux États-Unis, il y a eu une expérience il y a quelques mois: ils ont mis une dizaine de consommateurs dans la même salle [qui] ont tous commandé les mêmes produits en même temps, à la même place. Ils ont tous obtenu des prix différents selon leur algorithme», raconte Sylvain Charlebois.

Une tarification dynamique semblable à celle observée dans plusieurs secteurs pourrait donc prendre forme dans les épiceries québécoises dans un avenir rapproché.
«On le voit avec les billets d’avion, on le voit avec les hôtels, puis les gens se sont habitués; mais là, on parle de bouffe. Et l’enjeu avec la bouffe est fort différent. On parle de sécurité alimentaire, on parle de discrimination alimentaire aussi», soutient M. Charlebois.
Ce dernier croit que les épiciers devront faire preuve de prudence dans leur utilisation de l’intelligence artificielle et redoubler d’efforts pour rassurer les consommateurs.
«Je pense que ça va être le sujet de l’année, on va voir d’autres ententes à ce niveau-là, mais j’ai l’impression qu’il va falloir qu’on fasse extrêmement attention pour ne pas discriminer contre les gens», résume-t-il.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
