US Open: Leylah Fernandez offre tout un spectacle contre la numéro 1 mondiale, Aryna Sabalenka, mais ne réussit pas à recréer la magie de 2021

Jessica Lapinski
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FLUSHING, New York | Leylah Fernandez a amorcé le match avec tellement de confiance et d’énergie que, l’instant d’un moment, un petit doute s’est installé. Et elle a fait montre d’une si grande détermination, en deuxième manche, que le doute est soudainement devenu plus grand.
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La Québécoise pouvait-elle refaire le coup à la grande reine qui se dressait devant elle, et qui en imposait dans sa robe noire avant même d’avoir frappé une seule balle?

Dans la folie new-yorkaise qu’elle aime tant, Leylah pouvait-elle refaire le coup à Aryna Sabalenka, quatre ans plus tard, et la battre à nouveau au US Open? Pouvait-elle s’offrir la numéro 1 mondiale, la championne en titre?
Mais le doute a finalement fait place à une certitude, 1h30 plus tard. La Biélorusse était tout simplement trop forte, trop confiante. Quand le match a véritablement été à sa portée, elle a ouvert la machine, concluant même la rencontre d’un coup gagnant sur... un grand écart.

Sabalenka a ainsi vengé sa défaite crève-cœur de 2021, alors subie en demi-finale, et a continué sa route en ronde des 16, vendredi, en s’imposant 6-3 et 7-6 (2).
«[En 2021], c’était une dure leçon pour moi, une dure défaite. Je n’avais jamais eu l’occasion de l’affronter à nouveau. Je voulais me prouver que j’avais progressé. C’était un match très difficile», a souligné la gagnante, en conférence de presse.
«Une joueuse très difficile»
Les éclairs de génie de Fernandez, 31e tête de série, surtout dans une deuxième manche serrée, n’auront pas suffi. Mais ils auront ravi une foule partagée entre les deux raquettes, les 14 000 places sur l’immense Louis-Armstrong – le deuxième plus grand stade du site – s’étant rapidement remplies pour la confrontation.
«Leylah est une joueuse difficile à affronter, l’a louangée Sabalenka. Elle travaille très fort. Elle s’améliore. Elle a joué un tennis incroyable, [vendredi soir]. Le match s’est joué à quelques points.»
«Je suis contente qu'elle le pense, a répondu un peu plus tard une Leylah clairement déçue. C'est une excellente joueuse, elle est numéro 1 au monde pour une raison. Elle a gagné plusieurs titres, plusieurs Grands Chelems. Et moi, il y a assurément des choses que je dois améliorer.»

Parmi ces coups d’éclat de la Lavalloise de 22 ans, il y a eu cette superbe volée du revers pour s’offrir une deuxième balle de bris, à 0-0.
Une frappe que Leylah a couronnée d’un poing levé vers son clan, pendant que les membres de la Maple Squad, des amateurs venus d’Abitibi et qui soutiennent les joueurs canadiens depuis jeudi avec une ardeur contagieuse, enchaînaient les «Leylah! Leylah! Leylah!».
Ou cette autre volée tombée tout près du filet et qui lui a permis de prendre l’avance 3 à 2 sur son service, au deuxième set. Elle s’est même offert une balle de bris au jeu suivant, en vain, une fois de plus. Chaque fois, le public l’a ovationnée. À New York aussi, on aime les négligés.

Elle n’a pas à rougir
Sauf que pour battre Sabalenka et ses 6 pi de puissance, la Québécoise qui lui concède cinq pouces et plusieurs kilomètres à l’heure en vélocité allait devoir admirablement bien servir. Elle le savait, Leylah, elle qui a repris à maintes reprises son lancer de balle.
La Biélorusse l’a attaquée non seulement en retour, mais aussi dans les échanges, multipliant les coups gagnants. La Québécoise a parfois bien lu le service de son adversaire, sans toutefois pouvoir trouver la constance pour briser cette mise en jeu atteignant en moyenne les 160 km/h.

Non, Fernandez n’a pas à rougir de sa performance, sur l’une des plus grandes scènes de New York. Ce fut une belle bagarre, ponctuée à un moment, entre deux jeux, d’une demande en mariage dans les estrades.
Un beau spectacle, comme ceux qu’elle dit toujours vouloir offrir aux fans. À elle seule, la deuxième manche valait le coût d’entrée et les spectateurs en auraient pris encore plus.

Mais vendredi soir, l’écart entre elle et la championne aux trois titres majeurs était simplement trop grand.
La bonne nouvelle, c’est que si son parcours en simple s’est conclu au troisième tour – son meilleur résultat au US Open depuis sa finale de 2021 –, il se poursuivra en double, samedi vers 15 h, aux côtés de la grande Venus Williams.