US Open: le beau parcours de Gabriel Diallo prend fin au troisième tour, mais il aura laissé de bons souvenirs à New York


Jessica Lapinski
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NEW YORK | Son sac de raquettes sur l’épaule, Gabriel Diallo a jeté un regard vers les hauteurs du stade, où 14 000 personnes applaudissaient sa sortie, mais surtout, la bataille qu’il venait de livrer à la 14e tête de série. Il a posé une main sur son cœur et, de l’autre, il les a saluées.
L’incroyable US Open du Québécois a peut-être pris fin samedi, mais son ambition de disputer d’autres grands matchs dans les plus grands stades du monde, il peut la garder bien vivante.
Le 143e mondial, issu des qualifications, a une fois de plus eu la preuve qu’il n’avait pas à trembler devant les meilleurs, dans ce duel de troisième tour qui s’est soldé en quatre manches de 6-7 (5), 6-3, 6-1 et 7-6 (3) en faveur de l’Américain Tommy Paul, dans un stade Louis-Armstrong plein à craquer.
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Une bagarre qui aurait d’ailleurs pu s’étirer en cinq manches et bien au-delà des 3 h 26 min qu’elle avait duré dans le bruit incessant de la deuxième plus grande enceinte de la Grosse Pomme. Le Montréalais de 22 ans menait à un moment par deux bris, en quatrième manche.
Mais Paul n’est pas classé 14e au monde pour rien et, en bon joueur d’expérience, il a tranquillement remonté la pente contre un Diallo qui aura commis beaucoup trop de fautes directes dans cette rencontre (77, contre 50 pour l’Américain).

Même si cela ne veut pas dire que la défaite «ne fait pas mal», Diallo a confirmé qu'il quittait New York la tête haute. «Je n'ai pas de regrets, a-t-il souligné. C'est le plus important. Un revers fait plus mal quand tu en as, mais ce n'est pas le cas cette fois.»
Une surprise en première
Il aura fallu une manche à Paul, demi-finaliste des Internationaux d’Australie de 2023, pour s’ajuster aux frappes et au service de son rival de 6 pi 8 po. Ce premier set a été étranger, surtout pour le puissant serveur qu’est Diallo, alors que les deux joueurs ont chacun été brisés trois fois.
À l’instar du Québécois, l’Américain de 27 ans était erratique, frappant souvent le cadre ou claquant son coup droit directement dans le filet.

Sauf que Paul, vainqueur de deux titres cette saison, a semblé se fouetter lors de la deuxième manche, avant de complètement dominer la troisième. Le poids des matchs – il en a joué six à New York, incluant les trois en qualifications – et l’inexpérience de ces grands tournois commençaient sans doute à peser lourd dans les jambes de Diallo.
C’était toutefois mal connaître la combativité du jeune, qui expliquait jeudi après sa victoire contre le Français Arthur Fils (24e) que tous ces résultats étaient pour lui «un bonus» depuis qu’il avait frôlé l’élimination en qualifications.
Ce fut à son tour de survoler le début de la manche. Et même après avoir vu Paul revenir de l’arrière, Diallo a de nouveau eu des occasions de briser, tard en quatrième manche.

La déception au bris d’égalité
Mais il n’a pu en profiter. Et on a pu sentir, de la façon dont il a claqué la balle restant dans ses poches après avoir offert à son adversaire le mini-bris à 2-1 au bris d’égalité, que le Québécois commençait à avoir épuisé ses ressources.
«Je n'ai pas servi aussi bien que je le voulais et il me forçait toujours à frapper une balle de plus avec ses retours, a aussi pointé le Québécois. [...] Et c'est l'un des joueurs, sinon le joueur qui se bouge le mieux sur le terrain. Il me faisait me forçait à me déplacer, surtout dans la deuxième et la troisième manche.»

Diallo est tout de même parvenu à sauver deux balles de match. La troisième a mis fin à cette superbe épopée new-yorkaise, au cours de laquelle il aura non seulement remporté un premier match dans le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem, mais aussi révélé son talent à la planète tennis en entier.
103e... et peut-être le top 20 un jour
Passé chez les professionnels il y a environ un an et demi, le jeune joueur deviendra 103e mondial dans un peu plus d’une semaine, quand l’ATP dévoilera son nouveau classement. Et il sera plus riche de 290 000 $ quand il encaissera son chèque, lui qui avait cumulé, à ce jour, des bourses d'environ 700 000 $.
Un petit rêve s’est peut-être envolé samedi, mais ça ne semble être que le début d’un plus grand. Même s'il faudra continuer à bûcher dur, a convenu Diallo.
«Ça me convainc que j'ai le potentiel pour, peut-être, compétitionner pour ces grands titres, pour être dans le top 30, dans le top 20», s'est-il réjoui.