US Open: le moment qui a permis à Gabriel Diallo d’être aussi étincelant à New York


Jessica Lapinski
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NEW YORK | C’est loin des lumières de New York, cet été, qu’un petit déclic semble s’être produit dans l’esprit de Gabriel Diallo. Un déclic qui n’est sans doute pas étranger à ses performances des derniers jours, qui ont mené le Québécois jusqu’au troisième tour du US Open, qu’il disputera samedi contre l’Américain Tommy Paul, la 14e tête de série du tournoi.
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La progression du géant de 6 pi 8 po a certes été fulgurante à ses premiers mois chez les professionnels, lui permettant d’atteindre le top 150 assez rapidement.
Mais en dépit de quelques belles victoires contre des adversaires figurant parmi les 30 premiers (il en a ajouté une jeudi, en battant la 24e tête de série à New York, le Français Arthur Fils), Diallo semblait un peu stagner, du point de vue du classement.
Ce qui n’est pas inhabituel. Ils sont plusieurs à passer par là, et même s’il a 22 ans, le Montréalais n’est «pro» que depuis un an et demi.

Pas qu’un gros service
Le fameux «déclic» qui lui a permis d’avancer de si belle manière à New York, il semble s’être produit au Challenger de Chicago, dans l’antichambre de l’ATP, à la fin juillet.
Diallo a raflé le titre en n’accordant, se rappelle-t-il, «que cinq chances de briser» à ses rivaux. «Je n’ai pas été brisé de la semaine», a ajouté le jeune athlète, qui, jeudi, a frappé une bombe à... 219 km/h.

Mais surtout: «Je jouais très bien au-delà de mon service. Je ne claquais pas 25 as par match. Ça m’a donné la confiance de savoir que même si, parfois, mon service n’était pas tout à fait à point, je peux quand même me donner de bonnes chances de gagner.»
Devant 14 000 spectateurs
Cette belle épopée à New York, elle est aussi le fruit d’un «travail constant», a toutefois précisé Diallo. Et elle se poursuivra samedi vers 14h30, sur le Louis-Armstrong, qui avec ses 14 000 sièges est le deuxième plus grand stade des Internationaux des États-Unis et le 13e plus important au monde, côté capacité.
Bien sûr, ce privilège n’est pas étranger au fait que le 143e joueur au monde, qui est déjà assuré de grimper à la 103e place, affrontera un Américain en Tommy Paul, la 14e tête de série. Il s’agira d’une première confrontation entre les deux joueurs.
Après avoir réalisé un rêve en jouant sous les lumières du US Open, mardi, puis avoir performé dans une ambiance survoltée jeudi, Diallo risque donc de connaître un autre grand moment dans sa jeune carrière, qu’importe le résultat.
«C’est un des meilleurs joueurs au monde, surtout ici, a-t-il relevé. Il a connu un très bon tournoi l’an dernier [Paul, 27 ans, avait atteint la ronde des 16]. C’est un joueur que je suis depuis que je suis à l’université et ça ne va pas être facile.»
ÉCHOS DE CONFÉRENCE DE PRESSE
On le racontait jeudi: la victoire de Diallo contre Fils, vedette montante du tennis, a attiré dans la salle de conférence de presse où le Québécois était interviewé plusieurs journalistes internationaux désireux d’en savoir un peu plus sur ce grand jeune homme au «jeu solide». Voici ce qu’il avait à dire.
Un village tellement petit qu’il n’est pas sur la carte
Questionné sur les origines guinéennes de son papa, Diallo a dit être très fier de son héritage familial, lui dont la maman est ukrainienne. «J’ai de la famille qui me regarde depuis la Guinée et depuis l’Ukraine, ce qui me donne beaucoup de force», a-t-il raconté.
Son père est originaire d’un village «tellement petit, a-t-il dit, qu’on ne le voit pas sur les cartes». «C’est vrai! On a regardé, lui et moi, et il n’apparaissait pas, a-t-il lancé, sans se souvenir du nom dudit village. Mais il a pris des risques, très jeune dans sa vie, et il est parti pour la capitale Conakry au début de l’adolescence, puis pour l’URSS à 20 ou 21 ans. C’est là qu’il a rencontré ma mère.»
Rien contre les Français... au contraire!
La victoire de Diallo contre Fils était sa troisième aux dépens d’un joueur français depuis le début de son tournoi, qui s’est amorcé en qualifications, la semaine dernière. Durant celles-ci, il a aussi battu Titouan Droguet (146e), au deuxième tour, puis Valentin Royer (200e) au troisième.

«Tu as un problème avec les Français ou pas? Tu en as battu trois!» lui a demandé à la blague un collègue (français, bien sûr).
«J’aime beaucoup la France, a répliqué le Montréalais en riant. À Roland-Garros [où il a perdu au premier tour, en mai], j’avais un très bon support des Français et je m’entends très bien avec les joueurs français sur le circuit. Alors je n’ai aucun problème avec eux!»
D’ailleurs, si le Canada n’a pas bien paru avec l’élimination de quatre de ses cinq représentants en simple dès le premier tour à New York, ça ne va pas beaucoup mieux pour nos cousins de l’Hexagone, du côté masculin. Avec le revers de Fils, aucun des leurs n’a atteint la troisième ronde, une première depuis 1995.
Et ils étaient... 14 dans ce grand tableau.