Une victoire sous les yeux de papa pour Cody Fajardo


Benoît Rioux
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Tim Fajardo était à Montréal, samedi, pour voir son fils Cody à l’œuvre pour une première fois dans l’uniforme des Alouettes. Comme par enchantement, le quart-arrière a retrouvé les jambes qui faisaient jadis de lui un athlète dangereusement mobile sur le terrain.
«Je me sentais pratiquement comme à l’université en transportant le ballon, j’avais les jambes reposées, a avoué Fajardo, après la victoire de 27 à 12 obtenue contre les Tiger-Cats de Hamilton en demi-finale de la section Est. Je suis heureux d’obtenir la confiance des entraîneurs pour ainsi mettre le ballon entre mes mains. Quand tu es un enfant, tu rêves d’avoir le ballon quand il y a un match important à l’enjeu.»
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Sans doute inspiré par la présence de son père, sa grand-mère et deux oncles dans les gradins du stade Percival-Molson, Fajardo, qui est originaire de la Californie, pouvait aussi expliquer son surprenant jeu au sol par cette prédisposition à se sacrifier lors des matchs éliminatoires.
«J’ai parlé beaucoup du fait d’avoir obtenu une deuxième chance [chez les Alouettes] et quand tu as l’opportunité de jouer dans un match éliminatoire, tu dois faire tout ce que tu peux pour te garantir de passer une autre semaine avec ces gars-là dans le vestiaire, a indiqué le quart-arrière, vantant aussitôt le travail de l’unité défensive dans la victoire de samedi. Je joue chaque jeu comme si c’était mon dernier, car on ne sait jamais quand une carrière peut se terminer.»

«Je pense que les gens ont tendance à oublier à quel point il peut être à l’aise pour courir, a pour sa part observé l’entraîneur-chef Jason Maas, fier d’avoir vu son protégé franchir 62 verges en quatre jeux au sol. Ce sont les éliminatoires et il n’y a pas de lendemain. Tu donnes tout ce que tu as et tu penses moins à te protéger. À mes yeux, Cody a joué de la façon dont il devait le faire.»
Fierté familiale
Quand les choses allaient moins bien l’an dernier, chez les Roughriders de la Saskatchewan, Fajardo, 31 ans, a reçu le soutien de sa famille, dont celui de son père, un ancien joueur de football pour l’Université Texas Tech.
«J’ai grandi en voulant rendre ma famille fière en jouant au football et je pense l’avoir fait, a mentionné le quart des Alouettes, qui a pour sa part évolué dans la NCAA avec l’Université du Nevada. Ça signifie beaucoup pour moi de voir ma famille dans les estrades. Le football nous a permis de demeurer près l’un de l’autre. Pendant le match, c’était spécial de jeter un œil dans les gradins et d’y voir mon père, lui qui a su me pousser. Encore l’an dernier, il me disait de continuer de travailler.»
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Avouant que la victoire de samedi a été un certain soulagement, Fajardo se permet de rêver en vue des prochaines semaines, même s’il sait que le défi sera énorme contre les Argonauts, le week-end prochain à Toronto, en finale de l’Est.
«J’ai rêvé à quelques reprises cette année que nous allions gagner la Coupe Grey et je sais que cette équipe est assez talentueuse pour y arriver», a-t-il déclaré.
Des sacrifices
Quant à Maas, il n’hésitera pas à demander à Fajardo de courir à nouveau si cela peut aider les Alouettes à vaincre les Argos.

«À ce temps-ci de l’année, tu fais tout ce que tu peux pour obtenir un premier essai, a noté l’entraîneur-chef. Peu importe ce que tu dois faire pour garder l’attaque sur le terrain, tu le fais, tu te sacrifies.»
Au-delà du travail de Fajardo sur la surface de jeu, Maas a par ailleurs vanté la besogne qu’il accomplit avant chacun des matchs. Cela inclut parfois de se présenter dès 6h du matin pour se préparer en compagnie du coordonnateur offensif. C’est sans doute ce qu’il devra faire cette semaine pour bien décortiquer la défensive des Argonauts.