Une série perdue et neuf dents en moins: des souvenirs toujours douloureux pour Éric Bélanger et les Capitals de 2010


Stéphane Cadorette
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Si le Canadien et ses partisans ont vécu l’euphorie au printemps 2010, leurs rivaux au premier tour des séries chez les Capitals sont plutôt ressortis de cette confrontation blessés mentalement, émotivement et physiquement. L’ex-attaquant Éric Bélanger en sait quelque chose.
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«Je vais m’en rappeler toute ma vie à chaque fois que je prends une bouchée!» nous a lancé le Sherbrookois en ressassant ses douloureux souvenirs d’il y a 15 ans.
Dans un moment qui n’avait pas marqué la série, mais qui avait laissé des traces chez Bélanger, le défenseur (et son bon ami) Marc-André Bergeron l’avait atteint avec son bâton au visage par inadvertance. Résultat de la séquence? Neuf dents en moins et 62 points de suture en plus!
«Je m’étais enlevé une dent sur le banc et l’image avait fait le tour des bulletins sportifs. Non seulement j’ai perdu ma plus belle chance de gagner la Coupe Stanley cette année-là, mais en plus, j’ai laissé mes dents sur la glace. C’est la série qui me reste le plus dans la tête», a soupiré Bélanger.

Une occasion ratée
Il faut dire que grâce au passage des années, cette douleur physique est devenue à la limite anecdotique. C’est plutôt la douleur mentale qui persiste.
Bélanger, qui avait été échangé du Wild aux Capitals après 60 matchs, avait été saisi d’un vif émoi lorsqu’il est arrivé dans le vestiaire en mars auprès des Alex Ovechkin, Nicklas Backstrom, Alexander Semin, Mike Green et autres joueurs vedettes de cette grosse machine de hockey.
«Je pensais que c’était ma chance de gagner la Coupe. Sauf que le groupe de vedettes à Washington était encore jeune. C’est comme si ces gars-là n’étaient pas encore rendus à faire ce qu’ils devaient faire pour gagner», a-t-il rappelé.
Le cas Théodore
Les Capitals ont pris les devants 3-1 dans la série, mais, selon Bélanger, une décision controversée de l’entraîneur-chef Bruce Boudreau avait néanmoins affecté le moral de l’équipe dès le deuxième match.
«Théo [José Théodore] avait connu une saison exceptionnelle avec 30 victoires. Il a commencé la série et pendant le deuxième match, Bruce l’a sorti et a laissé Varlamov devant le filet. Théo était populaire dans la chambre et on aurait aimé qu’il reste. Je ne dirais pas qu’on a perdu la série à cause de ça, mais disons que Bruce était bon pour venir fucker nos gardiens. Théo était un gamer. Il avait été bon à Montréal et il était habitué à la pression», a-t-il raconté.
La folie Halak

À l’inverse, le Canadien a roulé sur les exploits de son gardien Jaroslav Halak. Au match 5, il a bloqué 37 des 38 tirs vers lui. Au match 6, il a établi un record des séries avec 53 arrêts en temps régulier. Puis, lors du match ultime, il s’est dressé devant 41 des 42 lancers sur lui.
Dans cette série, les Capitals, qui avaient bouclé la saison au tout premier rang en avantage numérique, n’avaient inscrit qu’un but en 33 tentatives en pareilles circonstances.
«Ça nous a pesés à la longue. À 3-1, on était convaincu qu’on allait fermer la série. On n’a pas été capable. Un moment donné, nos meilleurs joueurs sont devenus frustrés et ont pris des lancers qu’ils ne prenaient pas normalement. Les Canadiens ont joué pour nous frustrer et ça a fonctionné avec les miracles de Halak. Ça a été une performance extraordinaire», a concédé Bélanger.
De son côté, son rival Maxim Lapierre parle d’un mémorable effort collectif, mais aussi d’une performance surhumaine de Halak.
«Il y a eu plusieurs héros dans cette série-là, mais c’est lui qui portait la cape», a-t-il résumé.