Encore un printemps bouillant pour le CH? Maxim Lapierre voit plusieurs similitudes avec 2010

Stéphane Cadorette
Partager
En 2010, dans ce qui est devenu le fameux printemps Halak, le Canadien entrait en séries par la petite porte pour ensuite surprendre les puissants Capitals, au premier tour. Quinze ans plus tard, l’édition actuelle de l’équipe qui surchauffe Montréal n’est pas sans rappeler à Maxim Lapierre de frappantes similitudes.
À l’époque, Lapierre faisait partie de l’alignement du Canadien, qui avait décroché son billet pour les séries à son tout dernier match de la saison régulière.
L’équipe avait conclu sa campagne avec trois défaites de suite, dont la dernière, en prolongation, qui avait permis aux Montréalais de se faufiler dans le tournoi sans gloire.
Ce n’est pas sans faire penser au Canadien actuel, qui a perdu trois de ses quatre derniers duels, assurant sa présence en séries grâce à un gain au dernier match du calendrier contre l’alignement B des Hurricanes.
Il y a 15 ans, le Canadien avait mérité le droit de se frotter aux Capitals, lauréats du trophée des Présidents avec 121 points. Avec 318 buts marqués, ils en avaient inscrit 101 de plus que le Canadien.
Et pourtant, contre toute attente, Montréal avait comblé un déficit de 3-1 dans la série pour l’emporter 4-3.
«C’était l’ultime série des négligés. J’ai toujours trouvé que ce moment représentait bien l’équipe et moi personnellement dans ma vie d’athlète, avec tout le monde qui pense que tu n’as aucune chance», s’est remémoré Lapierre.
«La réalité, c’est que cette année aussi, c’est une équipe qui n’est pas supposée être là. Ce que cette équipe a accompli, c’est grâce au cœur, à la passion, au bon coaching», a-t-il ajouté.
Plusieurs ressemblances

Les comparaisons ne s’arrêtent certainement pas là aux yeux de Lapierre.
En 2010, un jeune défenseur prometteur nommé PK Subban n’avait disputé que deux matchs avec le Canadien avant de soulever la foule en séries à ses véritables débuts, avec huit points en 14 matchs. Cette année, c’est plutôt la folie Demidov qui se fait sentir.
«Sur le plan du leadership, Nick Suzuki et Brian Gionta, c’est le même genre de leaders silencieux qui ne prennent pas trop de place, mais qui font le travail sur la glace. Sans comparer leur style de jeu, Cole Caufield et Cammalleri sont deux gars qui marquent des buts et qui sont à l’aise avec leurs lancers. Un défenseur comme David Savard me rappelle Hal Gill, au sens où il a peut-être ralenti un peu, mais il est encore très utile, il bloque des lancers et il est très bon en désavantage numérique. Quand on regarde position par position comme ça, il y a beaucoup de similitudes», a-t-il noté.
Quand la chimie opère
L’ex-attaquant fougueux occupait une place sur un trio complété par Tom Pyatt et Dominic Moore. Encore là, Lapierre se reconnaît dans l’édition actuelle du Canadien.
«Ils nous avaient mis ensemble et ça a cliqué. C’était un peu inattendu que trois gars pas rapport comme nous commencent à cliquer.
«Le troisième trio cette année fonctionne avec Josh Anderson, Christian Dvorak et Brendan Gallagher. Cette année, un gars comme Anderson, ils ne savaient plus quoi faire avec. Gallagher avait ralenti et Dvorak on ne le voyait même plus. Une fois les trois ensemble, ils produisent», a constaté Lapierre.
Question de confiance

Évidemment, si le Canadien est passé au travers des Capitals, c’est en grande partie parce que son gardien Jaroslav Halak a concédé seulement cinq buts sur 181 lancers, pour une moyenne d’efficacité surréaliste de ,972.
Pour Lapierre, la clé résidait également dans le fait que malgré les pronostics, l’équipe entière a vite cru en ses chances d’ébranler le géant.
«Quand tu finis par trouver ta confiance, tu finis par aller chercher une coche que tu ne pensais jamais toi-même pouvoir aller chercher. C’est ce qui est arrivé avec l’équipe entière», a-t-il expliqué.
Lors de ce désormais célèbre printemps Halak, le parcours du Canadien s’était finalement terminé en finale de l’Est contre les Flyers, après les énormes surprises causées contre les Capitals et les Penguins.
Lapierre n’oubliera jamais la fièvre qui englobait Montréal.
«La passion des partisans n’avait plus de sens. On parle souvent de l’ambiance à Montréal, mais dans mon cas, on parlait d’un Québécois qui jouait à Montréal, en séries, contre des Ovechkin et Sidney Crosby. Tu ne peux pas égaler ça comme scénario, à part de gagner la Coupe Stanley. C’est venu chercher tellement d’adrénaline. On a tellement donné dans les deux premières séries et la réalité c’est qu’il n’y avait plus rien dans le réservoir en finale de l’Est.»