Une pionnière pour le hockey en France


Benoît Rioux
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La hockeyeuse française Chloé Aurard a déjà eu le bonheur d’affronter son idole de jeunesse, Marie-Philip Poulin, deux fois depuis le début de la saison dans la Ligue professionnelle de hockey féminin. Un troisième duel entre Montréal et New York est maintenant prévu, ce mercredi 21 février, à l’UBS Arena.
Âgée de 24 ans, Aurard fait figure de pionnière pour le hockey français en évoluant pour la formation de New York. Originaire de Villard-de-Lans, près de Grenoble, elle a grandi en admirant les prouesses de Poulin, à défaut d’avoir une grande idole française pratiquant le même sport qu’elle.
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«Quand j’étais plus jeune, je regardais beaucoup les matchs entre le Canada et les États-Unis, par exemple, aux Jeux olympiques, a-t-elle indiqué lors d’une entrevue avec Le Journal de Montréal. J’admirais beaucoup Marie-Philip Poulin. Je regardais aussi Hilary Knight, mais c’est un peu moins mon style de jeu. Bref, j’étais vraiment concentrée sur Poulin.»
Lors des deux premières confrontations entre Montréal et New York, Aurard a toutefois eu le malheur de voir la Québécoise changer la donne à chaque occasion. Après avoir inscrit un tour du chapeau, le mercredi précédent, à New York, Poulin a marqué le but vainqueur dans une victoire de 3 à 2, le mardi 16 janvier, devant plus de 6000 spectateurs présents à la Place Bell.
Aurard et ses coéquipières auront l’occasion de se venger, mercredi, mais aussi lors de deux autres parties prévues entre les deux équipes d’ici la fin de la saison.
Un modèle pour les jeunes
Pour l’instant, Aurard poursuit sa campagne, non sans savoir que c’est maintenant elle, le principal modèle pour les jeunes hockeyeuses en France. Après avoir joué de 2018 à 2023 avec les Huskies de l’Université Northeastern, dans la NCAA, elle a brisé le plafond de verre en devenant la première hockeyeuse française à être repêchée dans la LPHF.
«Je suis très honorée d’avoir été repêchée dans cette ligue et, en regardant plus loin derrière, j’étais très contente de pouvoir être recrutée par une université américaine, a confié Aurard. Ç’a montré aux plus jeunes [en France] que c’était possible de le faire. J’ai peut-être ouvert des portes, mais maintenant, je vois de plus en plus de hockeyeuses françaises qui vont à l’étranger. Je ne peux qu’espérer être un modèle pour elles.»
Cochambreuse de Giguère
Si Aurard compose avec le fait d’avoir maintenant Poulin parmi ses adversaires, elle avoue apprécier particulièrement la présence de nombreuses Québécoises dans le club de New York.
«Je suis très proche d’Élizabeth Giguère puisqu’elle est ma cochambreuse dans les hôtels pour les matchs à l’étranger, mais je m’entends aussi très bien avec Jade [Downie-Landry] et Alex [Labelle]», a-t-elle assuré.
Après ses 10 premiers matchs de la saison, Aurard n’a pas encore touché la cible, mais elle a récolté quatre mentions d’aide.
Chloé Aurard vit l’«american dream»
Après quelques années dans la région de Boston, où elle fréquentait l’Université Northeastern, la hockeyeuse française Chloé Aurard a l’impression de vivre pleinement le rêve américain à New York.
«Quand j’étais plus jeune, je regardais des émissions et des films, puis ça se déroulait presque toujours à Hollywood ou à New York, vient-elle mentionner. Pour nous, en France, New York est une ville particulièrement symbolique.»
Si elle s’imaginait manger des mets asiatiques dans des boîtes en carton (un classique!), Aurard mentionne rapidement le deuxième volet de la série de films Maman, j’ai raté l’avion au moment d’identifier ce qui lui a donné le goût de découvrir autant la Grosse Pomme. Une publication vue sur son compte Instagram, autour de l’arbre de Noël du Rockefeller Center, n’intègre pas la chanson Rockin' Around The Christmas Tree, de Brenda Lee, par pure coïncidence.
C’est par ailleurs grâce à un formidable hasard qu’Aurard a été sélectionnée par New York, au repêchage de la Ligue professionnelle de hockey féminin, en septembre dernier. Sa sœur jumelle, Anaïs, habitait déjà le quartier de Brooklyn depuis quelques années.
«C’est un super hasard, j’ai été draftée par New York, et ma famille était très heureuse, a mentionné l’attaquante de 24 ans. J’avais déjà pu visiter un peu avec ma sœur, mais le fait d’y vivre maintenant et de pouvoir être avec ma sœur au quotidien, c’est exceptionnel. De marcher sur le pont de Brooklyn quand je veux, c’est un peu l’american dream.»
Une bonne vision du jeu
Le Québécois Pascal Daoust, directeur général à New York, n’a pas hésité longtemps à appeler le nom de la Française alors qu’elle était toujours disponible pour le 21e choix au total. Aurard a ainsi été la troisième Européenne repêchée, après la Suissesse Alina Müller, son ancienne coéquipière à Northeastern et maintenant porte-couleurs de l’équipe de Boston, et derrière la Tchèque Dominika Laskova, qui évolue à la ligne bleue pour Montréal.

«Chloé avait déjà fait sa marque dans la NCAA avec Northeastern, a commenté Daoust. Elle a eu le privilège d’y jouer avec Alina Müller, mais je pense que Müller a aussi eu le privilège de jouer avec Chloé.»
«C’est une fille qui a un bon sens du hockey, ce n’est pas une personne qui a des œillères, au contraire, a ajouté le DG québécois. Elle patine bien et quand tu joues avec Chloé, rends-toi disponible pour la rondelle et elle va trouver une façon de te la rendre. [...] C’est aussi une bonne personne et une bonne coéquipière. Elle cadre avec la culture et les valeurs qu’on veut mettre en place à New York.»