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Une diplômée en archéologie devenue lutteuse: Loue O’Farrell défie les conventions

Loue Biron, alias Loue O'Farrell, détient le titre Junior Heavyweight de la NSPW.
Loue Biron, alias Loue O'Farrell, détient le titre Junior Heavyweight de la NSPW. Photo ANDRÉ BEAUPRÉ, NSPW
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2024-06-14T04:00:00Z

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La NSPW est la fédération de lutte qui connaît le plus de succès au Québec. Ce samedi 15 juin, elle présentera son gala phare, Golden Opportunity XIV, au Pavillon Guy-Lafleur, à Québec. Derrière les lutteurs excentriques dans le ring se cachent des personnalités plus effacées dans la vie de tous les jours, qui doivent jongler entre leur métier souvent prenant, leur famille et leur passion pour la lutte. Le Journal vous invite à découvrir la véritable vie de ces athlètes hors norme.


Dans sa jeunesse, Loue Biron ne rêvait pas de faire de la lutte, mais de découvrir un jour des artéfacts historiques extraordinaires. Diplômée en archéologie, c’est pourtant dans l’arène qu’elle se salit les mains aujourd’hui, en tant que championne junior poids lourd sous le nom de Loue O’Farrell.

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Poids lourd, c’est un bien grand mot lorsque l’on discute avec la menue demoiselle. Bien sûr, elle en impose, mais par sa volonté davantage que son gabarit.

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«C’est un titre traditionnellement masculin», précise celle qui porte la ceinture depuis près de 600 jours, lors d’un entretien.

«C’est une grosse marque de confiance. Si tu mets un titre sur quelqu’un qui ne génère pas de réactions, il ne l’aura pas longtemps. Quand ça fait plus de 550 jours, c’est que je fais une bonne job», se félicite celle qui est tout sauf la méchante qu’elle incarnera samedi, sur la carte de NSPW Golden Opportunity XIV, face à Kristara.

Loin de son domaine d’études
Loue O'Farrell ne recule devant aucune manœuvre pour animer le spectacle.
Loue O'Farrell ne recule devant aucune manœuvre pour animer le spectacle. Photo ANDRÉ BEAUPRÉ, NSPW

Depuis le 4 novembre 2022, O’Farell revendique son titre et s’élève donc dans les plus hautes sphères de la lutte québécoise. Voilà un destin qui ne semblait pas être tout tracé pour celle qui était archéologue en devenir.

«Je faisais de la lutte en même temps que mon cégep. Quand j’ai pris la décision d’aller à l’Université Laval en 2013, j’avais lâché complètement la lutte.

«Une fois mon bac. dans la poche, j’ai réalisé que la lutte me manquait. La piqûre m’est revenue. J’ai essayé de vivre de ces deux univers complètement différents qui me passionnaient et il y en a un qui a pris le bord», explose de rire celle qui prend part à des spectacles de la NSPW depuis 2018.

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Comme ses pairs, Loue O’Farrell ne vit pas de la lutte. Elle gagne maintenant sa vie comme conseillère aux ventes pour une entreprise de matériel médical.

«On est plus sérieux que le monde pense, mais faut être un peu fou pareil pour lutter comme on fait à travers nos jobs», lance l’énergique combattante.

Parmi les hommes

La convaincante lutteuse ne se laisse pas freiner par les conventions. D’ailleurs, elle se prête régulièrement à des combats mixtes et ne se limite pas à la lutte exclusivement féminine.

Cette façon de faire lui permet de faire des cascades encore plus spectaculaires, ce qui ravit le public. Sauf sa petite Charlie, du haut de ses trois ans.

«Les fois que j’ai mis ma fille en contact avec la lutte, je voyais que ça venait la chercher. Elle voyait juste la chicane et ne comprenait pas que c’était un show. J’ai arrêté de lui montrer les combats. Je lui montre les gens qui parlent dans le ring ou des photos de moi en lutteuse, mais rien de trop intense.

«Je fais beaucoup de lutte mixte et je ne veux pas qu’elle voie que je me fais garrocher d’un bord à l’autre par des monsieurs pas mal plus gros que moi! Je veux attendre qu’elle soit plus rationnelle vers 7 ou 8 ans. Rendu là, est-ce que je vais encore lutter?», se questionne-t-elle.

Derrière son personnage de lutteuse spectaculaire dans l'arène de la NSPW, Loue Biron est avant tout maman de la petite Charlie et conseillère aux ventes pour du matériel médical.
Derrière son personnage de lutteuse spectaculaire dans l'arène de la NSPW, Loue Biron est avant tout maman de la petite Charlie et conseillère aux ventes pour du matériel médical. Photo fournie par LOUE BIRON

Chose certaine, pour le moment, elle est dans son élément, peut-être même plus que si elle avait eu les deux mains dans les fouilles archéologiques.

«On ne peut rien trouver ailleurs qui nous fait vivre ce que la lutte nous fait vivre. J’aime ça me donner en spectacle, je suis à l’aise devant une foule, je suis à l’aise pour jouer des personnages. Je suis un peu bagarreuse aussi et ça touche à plusieurs facettes de ma personnalité.»

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