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Journée totalement folle pour Dubreuil

Le médaillé d'argent du Canada Laurent Dubreuil pose avec sa médaille sur le podium lors de la cérémonie de victoire du 1000 m en patinage de vitesse masculin des Jeux olympiques d'hiver de Beijing 2022 à la Place des médailles de Beijing à Beijing le 19 février 2022.
Le médaillé d'argent du Canada Laurent Dubreuil pose avec sa médaille sur le podium lors de la cérémonie de victoire du 1000 m en patinage de vitesse masculin des Jeux olympiques d'hiver de Beijing 2022 à la Place des médailles de Beijing à Beijing le 19 février 2022. Photo d'archives AFP
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2022-03-12T15:21:44Z
2022-03-13T03:54:35Z

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Laurent Dubreuil a vécu, samedi, une journée rocambolesque qui s’est conclue de façon magistrale et qu’il conservera en mémoire toute sa vie.

Parti d’Oslo à 6 h du matin sur un vol en direction d’Amsterdam, le patineur de vitesse longue piste s’est finalement pointé au Thialf Arena à 12 h après une balade de deux heures en taxi jusqu’à Heerenveen, seulement une dizaine de minutes avant le début de la période d’échauffement.

«Mon vol a été retardé un peu, mais je n’étais pas stressé au début, a raconté Dubreuil, qui a obtenu le feu vert pour participer à la finale de la Coupe du monde seulement la veille après avoir contracté la COVID-19 vendredi dernier. Ça s’est compliqué rendu à Amsterdam où le délai pour récupérer mes bagages a été très long. Je n’avais pas d’autre choix que d’attendre. En Europe et en Asie, on doit placer nos lames dans nos bagages et on ne peut pas les apporter avec nous dans l’avion comme c’est le cas au Canada.»

«Le taxi n’était pas là et on a eu besoin de 30 minutes pour le trouver, poursuit le médaillé d’argent olympique sur 1000 m. Après avoir utilisé le GPS du chauffeur pour dénicher des routes secondaires près de l’aréna, nous sommes arrivés à 12 h au lieu de 10 h 45. Je savais que je ne raterais pas la course, mais je voulais vraiment participer à l’échauffement, sinon je suis convaincu que j’aurais connu une mauvaise course.»

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«Ma meilleure performance»

Après un échauffement où il disait ne pas se sentir vraiment bien, Dubreuil s’est élancé de la 5e paire de sept de l’épreuve du 500 m et il a signé une performance qui a renversé tout le monde. Avec un chrono de 34,53 s, le même que celui réussi à Pékin dans une préparation optimale, il a remporté la médaille d’argent, sa 9e médaille en autant de courses de 500 m cette saison en Coupe du monde.

«Ça peut sembler fort ce que je vais vous dire, mais il s’agit de loin de la meilleure performance de ma carrière compte tenu des circonstances, a déclaré le médaillé olympique et champion mondial sur 500 m l’an dernier, titre acquis au même endroit. Réussir le même temps qu’aux Jeux alors que j’ai eu la plus mauvaise préparation de ma carrière, c’était impensable.»

Beaucoup d’émotions

«J’ai été huit jours sans patiner, j’ai eu la COVID et j’ai voyagé le matin de la course, ajoute Dubreuil. J’en reviens juste pas.»

Comment explique-t-il ce résultat totalement inespéré? «L’émotion, le plaisir de pouvoir patiner de nouveau et de le faire devant des amateurs que j’adore m’ont certainement aidé. C’est toujours malade de patiner au Thialf, et les amateurs m’appuient pratiquement autant que les Néerlandais. Patiner pendant toutes ces années sur un anneau extérieur à Québec a permis de développer une très grande capacité d’adaptation. Je n’ai jamais eu autant de félicitations des autres patineurs.»

Champion olympique sur 1000 m, Thomas Krol est l’un d’eux. «Thomas m’a dit qu’il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Il m’a aussi dit que s’il y avait un seul gars capable de réussir ce tour de force, c’était moi.»

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Excellente position

Sa deuxième place lui assure pratiquement le titre du classement cumulatif avec une seule course au calendrier qui sera disputée ce matin. Il détient une priorité de 62 points sur le Japonais Tatsuya Shinhama, qui a remporté l’or. «À moins que je tombe ou que je sois disqualifié, je suis en excellente position. Si Shinhama gagne de nouveau et récolte les 120 points, je n’aurai besoin que d’une 10e place et des 60 points qui s’y rattachent pour conserver le premier rang au général. Ça prendrait un scénario catastrophique, mais il s’en est produit un la semaine dernière quand j’ai dû me retirer du mondial sprint.»

«Mon but est de gagner une médaille, mais je veux simplement réussir une bonne course, ajoute Dubreuil. Je préfère terminer en 4e place et ne pas prendre de risques.»

«UN MOMENT MAGIQUE»

Laurent Dubreuil s’est offert un tour d’honneur très spécial après son étonnante deuxième place.

Son épouse, Andréanne, est descendue près de la glace avec sa fille de deux ans dans les bras pour que Rose et papa puissent se faire un gros câlin, mais le scénario a rapidement évolué. La petite s’est retrouvée dans les bras de son père pour un tour d’honneur sous les applaudissements nourris des 10 000 spectateurs.

«Ce fut un moment magique dont je vais me souvenir toute ma vie, a exprimé le médaillé d’argent olympique. Rose ne se souviendra pas de ces moments parce qu’elle est trop jeune, mais elle était vraiment heureuse. J’étais vraiment content. Grands connaisseurs de patin, les amateurs savaient ce que j’avais vécu et ils m’ont réservé un grand appui.»

Résultat inattendu

Avec un résultat inattendu et la présence de son épouse et de sa fille dans les gradins, qu’il n’avait pas vus depuis le 24 janvier, Dubreuil a sauté sur l’occasion. «Je n’ai rien inventé, mais l’opportunité était trop belle pour que je passe à côté, a-t-il souligné. Je me souviens que Dan Jansen avait fait la même chose après avoir gagné l’or sur 1000 m aux Jeux de 1994. Parce que j’ai plus de fierté, je n’aurais pas fait un tour d’honneur si j’avais terminé en 7e place. Avec deux paires, j’avais commencé à détacher mes patins. Quand j’ai vu que Morishige [Wataru] avait été crédité du même temps que moi, je me suis mis à penser au tour d’honneur si je terminais sur le podium.»

Le sourire aux lèvres, Rose saluait et distribuait des baisers aux amateurs, tout comme son paternel.

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