Un grand soulagement pour Dubreuil
Richard Boutin
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Après que sa valeur CT eut confirmé qu’il n’était plus contagieux, vendredi en fin d’après-midi, Laurent Dubreuil a obtenu le feu vert pour participer à la finale de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste qui débutera samedi à Heerenveen aux Pays-Bas.
Après un test positif à la COVID-19 vendredi dernier qui l’a privé de la chance de remporter l’or au championnat mondial sprint alors qu’il occupait le premier rang, Dubreuil aura l’opportunité de se battre pour conserver son titre de meneur au classement cumulatif de la Coupe du monde sur 500 m.
Le médaillé d’argent olympique sur 1000 m a subi deux tests, vendredi, avant de finalement voir apparaître la valeur 30 à son second.
«Ma valeur était de 15, mardi, et je me disais que je n’avais plus aucune chance de patiner en fin de semaine et que ma valeur ne monterait jamais à 30, a raconté Dubreuil. La valeur est montée à 28 mercredi et redescendue à 22, jeudi. Vendredi j’ai eu un premier test de 29 et un second de 30 en après-midi après avoir marché 15 kilomètres pour trouver une autre clinique.»
Préparation «pourrie»
Bien qu’il souhaite être couronné champion de la Coupe du monde, Dubreuil est conscient que la dernière semaine n’a pas été favorable à sa préparation.
Il quittera Oslo à 6 h 30 (heure locale) pour un vol de deux heures, suivi d’une balade de deux heures également en autobus qui le mènera directement à l’aréna en prévision de la course qui débutera à 13 h 30 (heure locale).
«Ma préparation a été pourrie, a-t-il résumé. La dernière fois que j’ai patiné la même journée que je voyageais, c’était il y a 11 ans à Calgary et j’avais failli m’endormir à l’entraînement.
«Ça avait été un désastre et j’espère que la situation ne se reproduira pas. L’adrénaline de la course va m’aider tout comme me retrouver dans mon aréna et ma glace préférés devant 10 000 partisans. Les amateurs sont au courant de ce qui m’est arrivé et ils vont m’appuyer, peu importe mes résultats», a poursuivi le patineur de Lévis.
Meneur au classement général avec une priorité de 69 points sur le Japonais Wataru Morishige, Dubreuil ne se fixe pas d’attentes.
Pour cette finale de la Coupe du monde, les points sont doublés. Une victoire vaut 120 points au lieu des 60 habituels.
«Mon plus mauvais résultat cette année sur 500 m a été une quatrième place aux Jeux olympiques et ça prendrait un miracle pour que je termine dans le Top 4», a-t-il affirmé.
«Même si je rêve de rester au premier rang, je n’ai aucune attente. Je veux simplement m’amuser, connaître une bonne course et terminer ma saison sur une bonne route. Je n’y croyais plus et, miraculeusement, il me reste trois courses.»
Dubreuil estime qu’il est dans une bonne forme physique.
«Je me sens correct et pas malade du tout, mais mon état ne veut rien dire après avoir vécu des montagnes russes au cours de la dernière semaine. Mon niveau d’énergie est quand même bon, mais c’est dur à prévoir comment mon corps va réagir en situation de course. Je n’ai pas chaussé les patins depuis jeudi dernier.»
La plus grande déception de sa carrière
Laurent Dubreuil avait le moral dans les talons après avoir vu s’envoler l’opportunité de remporter le championnat mondial sprint et la forte possibilité de rater la finale de la Coupe du monde.
«Me faire sortir du mondial sprint a été la plus grande déception de ma carrière, a déclaré Dubreuil. Il s’agit d’une déception encore plus grande que d’avoir terminé en 4e place aux Jeux olympiques sur 500 m alors que j’avais remporté une médaille lors des huit courses depuis le début de la saison ou d’avoir raté ma qualification pour les Jeux olympiques de 2014 à Sotchi.»
Contrairement à Pékin et aux sélections de 2014, le patineur lévisien de 29 ans avait l’impression de s’être fait voler un titre de champion du monde. «C’était moi le meilleur au mondial et une malchance m’a coûté le titre, a-t-il souligné. À Pékin et aux sélections de 2014, des patineurs ont été meilleurs que moi et je suis capable de vivre avec cette réalité.»
«En isolement pendant quatre jours dans ma chambre comme le prévoient les règles de la Norvège, j’étais complètement démotivé et je ne voulais rien faire, de poursuivre Dubreuil. Le titre du mondial sprint est un objectif de carrière très important. Le championnat de la Coupe du monde est aussi un gros objectif de carrière et il était en train de me glisser entre les mains.»
Pendant ces moments difficiles, Dubreuil a gardé un élément en tête. «Mon truc a été d’accepter les épreuves et de me faire plaisir quand je serai sur la glace même si je sais que ma préparation a été affreuse.»
Sa famille présente
À Heerenveen dans la mecque du patinage de vitesse longue piste, Dubreuil aura l’occasion de se produire devant son épouse Andréanne et sa fille Rose qui ont fait le voyage aux Pays-Bas. Il est parti de la maison depuis le 24 janvier.
«Je ne pourrai toutefois pas les voir avant la fin des courses parce que je dois rester dans la bulle, a-t-il expliqué. Elles habitent chez des amis, mais on prendra des vacances ensemble à Barcelone après les courses. C’est difficile de ne pas voir ma fille pendant près de deux mois. Avec ma femme, on peut au moins se parler, mais un enfant de deux ans se désintéresse rapidement de FaceTime.»
En Espagne, Dubreuil passera également du temps avec le Norvégien Havard Holmefjord Lorentzen qui est son meilleur ami sur le circuit outre les patineurs canadiens et qui y possède une propriété.