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Annulation du Tournoi pee-wee: une manne de 14,4 M$ envolée

L’absence de l'événement cette année affecte plusieurs secteurs qui auraient bien besoin de ses retombées

Patrick Dom, directeur général du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, a dû faire une croix sur l’édition de cette année, mais a déjà les yeux tournés vers 2022, en espérant que l’événement puisse avoir lieu l’an prochain.
Patrick Dom, directeur général du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, a dû faire une croix sur l’édition de cette année, mais a déjà les yeux tournés vers 2022, en espérant que l’événement puisse avoir lieu l’an prochain. Photo Stevens LeBlanc
Photo portrait de Stéphanie  Martin

Stéphanie Martin

2021-02-07T05:00:00Z

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Avec 14,4 millions $ de retombées économiques perdues, l’absence du Tournoi international de hockey pee-wee laisse cette année un grand vide à Québec, qui, pour la première fois en 62 ans, ne vibrera pas de cette ambiance festive si caractéristique.

• À lire aussi: Annulation du Tournoi pee-wee: des bénévoles privés de leur «grande famille»

Le plus important tournoi pee-wee au monde devait s’ouvrir le 10 février, mais la pandémie a donné un dur coup à l’organisation en forçant son annulation. Du jamais-vu depuis sa fondation en 1960. 

Février, cette année, ne sera pas le même sans la frénésie qui entoure le Tournoi, estiment plusieurs acteurs de divers secteurs d’activité que Le Journal a contactés. 

«Ça nous permet de réaliser l’ampleur de ce tournoi-là», exprime son directeur général, Patrick Dom. 

«Argent neuf»

Les retombées générées par le Tournoi, «c’est de l’argent neuf. Il n’y a pas beaucoup d’activités qui apportent ça à Québec», constate le grand manitou de l’événement.

Des sous qui seraient les bienvenus dans les coffres de plusieurs entreprises, surtout en cette période creuse pour le tourisme. Encore plus avec la pandémie qui affecte durement l’industrie.

«Tout cet argent perdu, alors que les gens en auraient tellement besoin cette année», dit Patrick Dom.

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Photo Stevens Leblanc
Photo Stevens Leblanc

M. Dom affirme avoir réalisé l’impact de la crise récemment, quand il a fait des démarches pour réserver les blocs de chambres d’hôtel en prévision de l’édition 2022, qu’il espère pouvoir tenir.

Les courriels envoyés à des relations d’affaires de longue date rebondissaient : la personne a quitté son poste, l’entreprise a fermé.

«Ça frappe de voir toutes les répercussions de la pandémie dans la communauté.»

Ambiance incomparable

Pour Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec, le Tournoi crée aussi une ambiance incomparable en ville. 

Des hôteliers accueillent plusieurs équipes, parfois les mêmes, année après année, et développent des liens. Il n’est pas rare de voir les hôteliers célébrer les victoires de leurs protégés et partager leur déception dans la défaite.

«C’est un gros 12 jours où la ville était remplie de jeunes. On était fiers de recevoir ces gens-là. Il se développe une amitié», exprime Mme de Sa.

Les restaurateurs, marchands et hôteliers contactés par Le Journal sont unanimes : l’absence des pee-wee n’affecte pas seulement les affaires, mais aussi l’atmosphère de la ville.

D’autant que la population de Québec, disent-ils, aurait bien besoin des pee-wee pour se remonter le moral en ce moment.

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«Ça va faire mal»

Au moment de l’annulation, fin août, le maire de Québec, Régis Labeaume, témoignait de l’impact du tournoi sur la ville et craignait les conséquences. 

«Pour les hôteliers et les restaurateurs, c’est perdu d’avance. [...] Sérieusement, le Tournoi pee-wee annulé, ça va faire mal.»  

Le Tournoi en chiffres          

  • 12 jours de compétition de hockey     
  • 120 équipes locales et internationales     
  • 2000 joueurs     
  • 500 accompagnateurs     
  • 800 bénévoles     
  • 221 053 spectateurs en 2020     
  • 10,8 millions de spectateurs depuis les débuts du Tournoi     
  • 14,4 millions $ de retombées économiques          

Des occasions d’affaires manquées     

Déjà malmenés par la pandémie, restaurateurs, hôteliers et marchands doivent aussi se passer d’un événement qui fait leur bonheur chaque année. 

Au Portofino, dans le Vieux-Québec, on est habitués de recevoir les pee-wee, lance le propriétaire, François Petit.

Les mêmes équipes reviennent année après année, comme celle de l’ancien joueur de la Ligue nationale Mark Messier, les Rangers de New York.

«Dans une année normale, ça nous amène une soixantaine de personnes de plus par jour.» Pour lui, les retombées sont meilleures que pendant la période du Carnaval.

À la Cage, l’absence des jeunes hockeyeurs crée «un grand vide», pour Philippe LaRoche, propriétaire du restaurant de Lebourgneuf, et qui est un partenaire de l’événement. Les membres des équipes sont reçus avec des cadeaux et des tirages.

Et le restaurateur en tire profit également puisque les familles se gâtent.

«Meilleure période»

D’autres commerçants en profitent. Chez L’Entrepôt du hockey, le Tournoi est une part non négligeable du chiffre d’affaires.

Des joueurs d’équipes européennes, impressionnés de voir autant de choix d’articles de hockey dans un même magasin, regarnissent leur équipement. 

«C’est notre meilleure période de 10 jours consécutifs dans l’année», commente le directeur Stéphane Drouin.

Et c’est sans compter les attraits de la région que les équipes visitent : Village Vacances Valcartier, Hôtel de Glace, chute Montmorency et compagnie. Les gens sont en vacances et le budget est ajusté en conséquence, constate-t-on. 

Au Château Frontenac, une dizaine d’équipes y font escale pendant le Tournoi. Cette année, l’hôtel est «beaucoup plus tranquille que l’an passé à la même date», convient Maxime Aubin, directeur adjoint.

Perte pour les hôteliers

C’est la même chose un peu partout en ville, indique Marjolaine de Sa, de l’Association hôtelière de la région de Québec.

Seulement pour les équipes de l’extérieur, entre 12 000 et 16 000 nuitées sont vendues chaque année.

Cela représente des pertes de revenus de 2,5 millions $ pour les hôteliers.

«Quatorze millions au total en retombées, il n’y a pas d’autre événement à part le Festival d’été qui va nous ramener ça.» 

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