Annulation du Tournoi pee-wee: des bénévoles privés de leur «grande famille»
Gilles Patry et Réjean Bernier ont été «très déçus» d’apprendre l’annulation de l'événement


Stéphanie Martin
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Des dizaines de bénévoles et de personnes qui accueillent chez elles des petits hockeyeurs pendant le Tournoi regrettent d’être privés de leur seconde famille cette année.
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Les bénévoles Gilles Patry et Réjean Bernier ne s’en cachent pas, ils ont été «très déçus» d’apprendre l’annulation du Tournoi, même s’ils comprennent la situation exceptionnelle.
Pour les deux retraités, l’organisation de l’événement est «une grande famille».
25e anniversaire
Gilles Patry aurait célébré son 25e anniversaire comme bénévole cette année.

Responsable des officiels mineurs, il ne compte pas ses heures pendant le Tournoi, alors que les journées démarrent à 6 h 30 et se terminent passé 23 h.
Il a même embarqué ses deux fils, Jean-Christophe et Justin, avec lui. Il est déçu pour lui-même et son équipe de bénévoles, mais surtout pour les jeunes, qui n’auront pas la chance de jouer au Tournoi. «C’est pour eux qu’on fait ça. Pour eux, c’est comme les Olympiques, c’est tout un accomplissement.»

«C’est une fierté», ajoute Réjean Bernier. «Et nous, on est témoins de tout ça.»
De plus, parmi les collègues bénévoles, des amitiés se forment, dit-il. C’est pourquoi l’absence fait mal cette année. «On est privés de notre famille.»

Maintenant, les deux hommes ont le regard tourné vers 2022. M. Bernier demeure «très optimiste» que la prochaine présentation aura lieu.
Aux petits oignons
La famille Dépelteau, de Beauport, accueille des joueurs depuis trois ans et les traite aux petits oignons. Ils ont même noué des amitiés durables avec des familles en provenance de Washington et du Maryland.
M. Dépelteau prend des vacances chaque année pendant le Tournoi et s’assure de faire vivre une expérience typiquement québécoise à ses protégés.
Karl, 17 ans, a gardé un contact constant avec les joueurs qu’il a rencontrés au fil des années. Enfant unique, c’était pour lui comme devenir un «grand frère».

«Pendant ces 10 jours, je faisais en sorte qu’on ait une belle chimie et qu’on s’accorde bien. C’est une expérience que j’ai pu vivre grâce au Tournoi pee-wee.»
Un grand vide
Cette année, leur absence créera un grand vide dans la maison. «Je suis une fille de Québec, dit Marie-France. Les pee-wee font partie de ma vie. Ça me manque énormément cette année.»
Patrick Dom, directeur de l’événement, est confiant pour 2022. Mais il ne peut s’empêcher de penser à l’après-pandémie.
Les bénévoles seront-ils au rendez-vous? Les équipes de l’étranger auront-elles toujours envie d’être logées chez les familles de Québec? Exigera-t-on un certificat de vaccination?
«Sans dire que ça m’inquiète, j’y pense. On n’a pas de contrôle là-dessus.»
Déception profonde pour des jeunes joueurs pee-wee
Pour des dizaines de jeunes joueurs de hockey, le Tournoi pee-wee, c’est un rêve, qui vient malheureusement de leur glisser entre les doigts.
Noah Florent, Alexandre Fillion et Romain Litalien jouent avec le Blizzard du Séminaire Saint-François (SSF), catégorie pee-wee AAA. Leur présence était assurée au Tournoi cette année.

Ils auraient même eu la chance de porter le chandail des petits Nordiques ou des petits Remparts. C’était avant que la pandémie vienne leur voler leur rêve.
«C’est décevant», expriment-ils en chœur. Le Journal les a rencontrés sur le bord de la patinoire, au SSF.
Ils savent qu’ils sont chanceux malgré tout de pouvoir continuer de patiner en équipe, contrairement à des centaines d’autres petits hockeyeurs dont la pratique du sport s’est arrêtée brusquement au début octobre.
Mais la déception demeure profonde, surtout qu’il s’agit pour eux de la dernière année où ils pouvaient participer. «On a une bonne chimie dans l’équipe, en plus. On était partis pour aller loin», raconte Alexandre.

«C’est une expérience à vivre. Il y a plusieurs joueurs de la Ligue nationale de hockey qui sont passés par là», regrette Noah, qui a tout de même eu la chance d’y participer l’année précédente.
Romain, lui, avait suivi son frère aîné, qui s’était rendu en finale, il y a quelques années, et espérait marcher sur ses traces.
Garder le moral
Les jeunes font contre mauvaise fortune bon cœur et tentent de garder le moral. «On a quand même deux pratiques par semaine avec l’école, alors que d’autres ne peuvent pas. On se considère chanceux», philosophe Alexandre.
Les joueurs profitent aussi des patinoires extérieures comme jamais cet hiver. Noah y passe «quatre heures par jour» la fin de semaine.

Ils font preuve de résilience, affirme le responsable des programmes hockey au SSF, Frédéric Marquis.
Mais il estime quand même qu’il y a des limites. «Personne ne parle des jeunes. Dans le milieu du sport, ça commence à grafigner. Il faut en parler. Oui, ils sont résilients, mais il faut commencer à penser à eux» et leur redonner la possibilité de jouer, exprime-t-il. «Les jeunes sont oubliés dans tout ça.»
