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Une lettre à Boxe Canada soulève la question des athlètes trans

La boxeuse Katia Bissonnette n'a pas voulu affronter une athlète transgenre des Gants dorés 2023, à Victoriaville, du 27 au 29 octobre 2023.
La boxeuse Katia Bissonnette n'a pas voulu affronter une athlète transgenre des Gants dorés 2023, à Victoriaville, du 27 au 29 octobre 2023. Photo fournie par Katia Bissonnette
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-01-13T17:30:01Z

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Un collectif de signataires réclame dans une lettre ouverte que Boxe Canada établisse des critères clairs et justes pour la participation des athlètes transgenres dans les événements féminins sanctionnés par l’organisme.

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C’est en prévision de la Coupe Brampton, qui s’amorcera le 1er février en Ontario, que 20 intellectuels québécois ont fait parvenir cette missive au directeur général de Boxe Canada, Christopher Lindsay.

On y dénonce l’inclusion de participantes transgenres dans des catégories féminines en affirmant que leur présence représenterait un danger pour les athlètes «biologiquement femme[s]».

«Or opposer un homme biologique à une femme biologique dans un match de boxe soulève un enjeu d’équité tout aussi pertinent. Il ne s’agit pas simplement alors d’un problème de justice , comme pour la natation et l’athlétisme , mais aussi carrément de la sécurité de la boxeuse», peut-on lire.

Vous pouvez lire la lettre ici: 

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«Dans le domaine de la boxe, on est ailleurs, l’iniquité ne se limite pas juste à l’aspect de la compétition, ça englobe la sécurité physique de l’athlète», assure en entrevue au Journal Romain Gagnon, initiateur de la lettre.

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Romain Gagnon
Romain Gagnon Photo fournie par Romain Gagnon

L’histoire de Katia Bissonnette

L’ingénieur et auteur raconte qu’après avoir donné une conférence sur l’identité de genre en décembre, en marge de laquelle il y a eu une manifestation «de trans qui ont tenté d’annuler» l’événement, nécessitant l’intervention de la police, la boxeuse amateur Katia Bissonnette a communiqué avec lui.

La Saguenéenne avait fait parler d’elle quand elle avait refusé de se battre contre Mya Walmsley lors d’une compétition à Victoriaville, en octobre, craignant pour sa sécurité. Bissonnette avait appris par hasard une heure avant de grimper dans le ring que son adversaire était née dans un corps d’homme. 

Romain Gagnon assure que «Katia a lu et est d’accord avec la lettre».

Des poings différents

«On parle souvent que la testostérone aide la performance, mais ce qu’on n’entend pas souvent parler, c’est le fait que la testostérone, quand elle est présente à la puberté, ça développe des attributs spécifiques pour le combat avec les poings», soutient-il, citant un article du Journal of Experimental Biology

«J’ai fait des tests, je me suis amusé avec mes amies, mes copines, mes filles, je leur ai fait fermer le poing et on voit qu’une femme qui ferme le poing, le poing ne ferme pas pareil comme celui d’un homme», constate-t-il.

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Gagnon rappelle qu’à la boxe, il y a des catégories de poids par souci d’équité et de sécurité.

«C’est complètement un non-sens si on permet à un homme biologique de se battre contre une femme. C’est une contradiction qui nous saute en pleine face», pointe-t-il.

  • Écoutez l'entrevue avec Katia Bissonnette, boxeuse, à l’émission de Richard Martineau via QUB :

Identification demandée

Les 20 signataires de la lettre réclament donc que «Boxe Canada établisse des critères clairs et justes pour la participation des athlètes transgenres et les communique aux autres boxeuses afin qu’elles évaluent bien les risques qu’elles encourent», ajoutant que dans le cas inverse, plusieurs femmes quitteraient ce sport.

«En attendant, pouvez-vous au moins annoncer vos couleurs? Si vous n’êtes pas prêt tout de suite à dire que ça prend un taux de testostérone de tant, [...] une boxeuse qui s’en va dans le ring doit savoir d’avance si son adversaire est un homme biologique», tranche Romain Gagnon.

«Si elles décident de concourir malgré le fait qu’elles savent très bien que c’est un homme biologique, c’est leur responsabilité et ce sera difficile après d’accuser de négligence criminelle», conclut-il.

À la suite de l’histoire de Katia Bissonnette et Mya Walmsley, la présidente de Boxe Québec, Ariane Fortin, avait mentionné avoir «hâte d’avoir une ligne directrice claire [de Boxe Canada]». L’ancienne boxeuse avait dit qu’«on nous a aussi recommandé de ne pas en parler, même pas aux officiels, pour éviter la discrimination».

De son côté, Boxe Canada avait confirmé qu’un «comité a été créé pour développer une politique».

 – Avec la collaboration de Marianne Langlois

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