Une intervention de routine se transforme en une amputation du pied droit en raison de la découverte d’un cancer rare


Richard Boutin
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Alors qu’il se préparait pour une intervention chirurgicale d’un jour et croyait renouer avec le hockey deux semaines plus tard, Mathieu Dorais a eu tout un choc quand une biopsie a décelé qu’une tumeur maligne s’était développée dans son petit orteil droit.
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«Je vivais pour le hockey et c’est là que je retrouvais tout mon cercle d’amis, raconte-t-il. Ce fut vraiment difficile d’apprendre que je ne pourrais plus jouer au hockey de ma vie. Le hockey est la première chose à laquelle j’ai pensé quand on m’a dit que je devais être amputé. Avec une prothèse haute comme je porte, il était impossible de mettre des patins.»

Le gardien jouait au hockey depuis sa tendre enfance et notre sport national occupait toute la place. Il a joué une saison dans le midget AAA avec les Chevaliers (les Commandeurs à l’époque) de Lévis au cours de la campagne 2016-2017 où il a notamment vu de l’action lors de la soirée où le chandail de l’ancien attaquant du Canadien de Montréal David Desharnais a été retiré. Au moment où la terrible nouvelle est tombée en 2020 pendant la pandémie, il s’entraînait avec Jakob Pelletier, Alex Barré-Boulet et Maxence Guénette, entre autres, qui gardaient la forme en prévision de leur camp professionnel.
Une opération de routine au départ
Une douleur récurrente le tenaillait avant qu’il ne se décide à consulter un docteur qui lui a dit qu’il souffrait d’une tendinite. Parce que la douleur persistait, l’étudiant en relations industrielles a consulté un autre médecin qui a décelé une tumeur qu’il croyait bénigne dans son petit orteil droit.
«Une opération allait être nécessaire, mais le médecin m’a dit que ce type de tumeur est bénigne à 99% du temps, qu’il s’agissait d’une intervention d’un jour et que je serais de retour sur la glace deux semaines plus tard, souligne-t-il. Avant l’opération, j’ai passé une biopsie qui a toutefois révélé que la tumeur était maligne. On me disait que les cellules étaient folles et cancéreuses. Le sarcome d’Ewing est très rare.»
«Sans amputation, je prenais le risque que les métastases se propagent ailleurs dans mon corps, poursuit l’étudiant en relations industrielles. Ce fut une grosse décision, mais on a été conservateur en ne prenant pas la chance que le cancer ne se propage pas. Il n’y avait pas de compromis à faire et j’ai été amputé le 20 décembre 2022.»
Une amputation rarement pratiquée
L’amputation de Chopard n’est pas pratiquée souvent et demande une habileté très pointue du chirurgien. L’amputation transtibiale est la plus courante dans ces circonstances et facilite l’appareillage.
«L’amputation de Chopard est une opération moins intrusive que l’amputation transtibiale parce que j’ai conservé mon talon, mais ce n’était pas acquis que j’allais pouvoir continuer de faire du sport en raison de l’appareillage qui est différent, explique-t-il. Je n’étais pas prêt à faire une croix sur le sport. Le chirurgien a fait un très bon travail et tout se passe bien.»
Dorais a été amputé à l’Hôtel-Dieu de Québec. «L’amputation de Chopard est très, très difficile et seul le docteur Norbert Dion est en mesure de la réaliser. Parce que je portais un plâtre, je n’ai pas vu mon pied pendant quelques semaines. Ce fut un bon choc la première fois que je l’ai vu. J’ai alors pu réaliser l’ampleur de l’amputation.»