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Amputé d’un pied à la suite d’un cancer rare, cet ex-gardien de but rêve des Jeux paralympiques

Ancien gardien de hockey de niveau élite, Mathieu Dorais a dû se faire amputer un pied en raison d’un cancer. Il s’entraîne maintenant comme lanceur de poids avec l’Université Laval.
Ancien gardien de hockey de niveau élite, Mathieu Dorais a dû se faire amputer un pied en raison d’un cancer. Il s’entraîne maintenant comme lanceur de poids avec l’Université Laval. Photo fournie par Louis Charland / Rouge et Or
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-02-13T05:00:00Z

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Le quotidien d’un gardien de but qui vivait le rêve en bloquant les tirs de joueurs professionnels pendant la pandémie a été complètement chamboulé. En l’espace de quelques mois, une douleur récurrente s’est transformée en un diagnostic de cancer rare qui a nécessité une amputation du pied droit pour réduire les risques de récidive et maximiser les chances de guérison.

• À lire aussi: Une intervention de routine se transforme en une amputation du pied droit en raison de la découverte d'un cancer rare

Sportif dans l’âme, Mathieu Dorais a dû faire une croix sur le hockey, mais il a trouvé une autre passion où il s’épanouit pleinement. 

Au sein du programme d’athlétisme où il s’est initié au lancer du poids d’abord dans le volet parasport, il porte maintenant les couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval. Il a participé à sa première compétition du RSEQ le 27 janvier à McGill. Il sera en action au championnat provincial au PEPS les 23 et 24 février.

Crédit: courtoisie Louis Charland / Rouge et Or
Crédit: courtoisie Louis Charland / Rouge et Or

«Plus jeune, je regardais les Jeux olympiques et j’ai toujours eu un intérêt pour les lancers, explique-t-il. J’en ai fait un peu à l’école secondaire et je chauffais ceux qui lançaient sur une base régulière, mais le hockey occupait beaucoup de place et j’avais peu de temps à consacrer à l’athlétisme.»

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Des traitements pendant neuf mois

Après quatre mois de chimiothérapie pour réduire la taille de la tumeur à raison d’un traitement aux deux semaines, Dorais a été amputé en décembre 2022. Après un mois de convalescence, une autre ronde de chimio de la même durée a débuté. La chimiothérapie a pris fin en avril 2023 et il a reçu un diagnostic de rémission totale le 29 mai.

«Je me battais pour ma vie, résume-t-il. Avec une chimiothérapie agressive, ce fut un gros combat qui a été payant en bout de ligne. Ce fut dévastateur comme nouvelle. J’ai adopté l’approche d’un combat à la fois au lieu de voir toute la montagne et j’ai réussi à passer au travers avec l’aide ma famille, de l’équipe médicale et de mes amis.»

Un de ses amis Xavier Bolduc l’a contacté. Ancien gardien du Drakkar de Baie-Comeau et des Foreurs de Val-d’Or et coéquipier dans le midget AAA à Lévis, il avait reçu un diagnostic de cancer des ganglions à l’été 2020. «Il m’a donné de bons conseils et je savais plus à quoi m’attendre. Ça m’a rassuré. Si je partage mon histoire, c’est dans l’espoir que ma détermination inspire les plus jeunes.»

Un conseil qui fait toute la différence

Fatigué par les traitements et vidé de son d’énergie, l’étudiant qui débutera une maîtrise en gestion des affaires digitales cet été après avoir obtenu son baccalauréat en relations industrielles a contacté Parasport Québec à la suggestion de sa physiatre Ariane Rajotte-Martel qui lui conseillait de reprendre le sport le plus vite possible. 

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«Parce que je désirais prendre un nouveau départ et que j’étudiais déjà à Québec, je ne voulais pas pratiquer le hockey luge qui se passait uniquement à Montréal, souligne-t-il. Parasport m’a informé que le club d’athlétisme du Rouge et Or avait un volet pour les personnes handicapées. L’idée d’Ariane m’a permis de retrouver l’énergie et a ravivé la flamme du compétiteur en moi. Ce fut bénéfique aussi sur le plan mental.»

Progression très rapide

En compagnie de Nathalie Séguin, entraîneuse de l’équipe du Québec, Dorais a commencé, en juillet, le lancer du poids assis. Il a aussi rencontré l’entraîneur des lancers chez le Rouge et Or, Joey Lussier, qui lui a permis de s’entraîner avec les autres lanceurs du club.

Après deux compétitions dans la catégorie assis où il a atteint la barre des 11m, Dorais s’est joint au Rouge et Or. «Je ne pensais pas que ça serait possible dès cette année et ça n’était pas dans les plans, mais j’ai connu une grosse progression. Lancer debout m’a donné la piqûre et m’a permis de retrouver la camaraderie d’un groupe.»

«Avec un poids de 7,25 kg au lieu de 6 kg, j’ai eu besoin d’une période d’adaptation, mais ça s’est bien passé à McGill, ajoute Dorais. C’est très différent assis et debout même si certains gestes techniques sont similaires.»

Dorais peut maintenant contribuer au succès du Rouge et Or. «Je peux récolter des points pour l’équipe en terminant dans le Top 8 et contribuer à ce qu’on gagne la bannière au championnat provincial. C’est une motivation supplémentaire. J’ai hâte aux provinciaux au PEPS et j’espère me qualifier pour les nationaux à Winnipeg.»

L’ancien gardien est comblé par sa progression. «C’est une très grande fierté de compétitionner dans le réseau RSEQ et d’en battre quelques-uns.»

Jeux paralympiques

Même s’il continue d’évoluer dans le RSEQ au cours des quatre prochaines années, Dorais n’a pas l’intention de délaisser le lancer assis dans l’espoir de participer un jour aux Jeux paralympiques.

«C’est trop tôt pour espérer penser me qualifier, mais je vais néanmoins participer aux sélections olympiques cet été afin d’acquérir de l’expérience. Le standard de l’équipe nationale est de 11 m 32 et je suis près de 10 m pour le moment. L’objectif est de continuer de progresser et de me qualifier pour les Jeux paralympiques dans le futur.»

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