Une exposition sans complaisance pour le 50e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal


Benoît Rioux
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Le titre de l’exposition Une épreuve olympique donne le ton. Pas question de verser dans la complaisance au Musée McCord Stewart, à Montréal, même si le moment est venu de souligner le 50e anniversaire des Jeux olympiques de 1976.
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« Le Musée McCord témoigne de l’histoire, vient mentionner l’ancienne journaliste et cheffe d’antenne Marie-José Turcotte, qui a accepté le rôle de porte-parole de l’exposition, dont l’ouverture officielle est prévue pour vendredi. C’est plaisant de voir qu’on n’a pas fait dans la complaisance, car ce n’était pas une époque facile. »

« Une aventure exceptionnelle, à la fois semée d’embûches et couronnée de succès », résume pour sa part Anne Eschapasse, présidente et cheffe de la direction du musée, en marge de la visite de presse tenue mercredi.
Un maire autocratique
Tout en relatant le contexte difficile entourant la tenue de ces Jeux olympiques, on rend hommage aux personnes visionnaires s’étant mobilisées pour l’événement. L’ancien maire de Montréal Jean Drapeau est évidemment au cœur de l’exposition, avec ses bons et ses mauvais côtés. De nombreuses caricatures sont d’ailleurs utilisées pour illustrer son rôle dans cette aventure olympique.
« Le maire Drapeau était génial avec toutes ses idées, mais il ne devait pas être endurable quand on travaillait avec lui, d’ajouter Mme Turcotte en riant. En même temps, on lui doit tellement. Ça ne réhabilite pas le type de personne qu’il pouvait être avec les autres, mais il a fait des choses extraordinaires pour Montréal. »

« C’était un maire ambitieux, mais en même temps, c’était un maire autocratique qui n’écoutait pas trop ses conseillers ni la population », renchérit Christian Vachon, commissaire de l’exposition, conservateur et directeur de la gestion des collections.
Des objets et des souvenirs
Concrètement, l’exposition regroupe des centaines de photos, celles de la gymnaste Nadia Comaneci, inévitablement, mais aussi plusieurs d’un stade olympique inachevé à quelques mois des Jeux. Des objets s’ajoutent, soit des flambeaux, une collection d’uniformes, des timbres, de la monnaie et des billets de loterie, entre autres. Plusieurs vidéos tirées des archives de Radio-Canada viennent également dynamiser l’exposition, où les athlètes canadiens de l’époque ont également leur section.
« Il y a eu plusieurs problèmes dans ces Jeux, mais nous sommes 50 ans plus tard, vient résumer Mme Turcotte. On vit avec cet héritage-là. Pourquoi ne pas en tirer le meilleur ? Mais oui, il faut dire la vérité et admettre que tout n’a pas été évident. »
Au-delà du Canadien de Montréal
Parmi les points positifs, l’ancienne journaliste estime que les Jeux olympiques de Montréal ont permis au peuple québécois d’ouvrir leurs horizons dans le domaine sportif.
« À cette époque-là, notre connaissance du sport était pas mal limitée, résume-t-elle. Il y avait le hockey. En fait, pour la majorité des gens, ça se limitait à une équipe : le Canadien de Montréal. C’était ça le sport. Et tout à coup, nous étions conviés à un festival sportif avec rien de moins que les meilleurs athlètes de la planète dans plusieurs disciplines jusque-là inconnues. »
L’exposition sera présentée jusqu’au 13 septembre 2026, au Musée McCord Stewart, situé au 690, rue Sherbrooke Ouest, à Montréal.