50 ans plus tard, un livre replonge dans les Jeux olympiques de Montréal
«Un devoir de mémoire et c’est pour ça que j’ai travaillé si fort, pendant des centaines d’heures, pour réaliser ce livre»


Benoît Rioux
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Le choix fut évident: Nadia Comaneci devait être sur la couverture du livre Les Jeux olympiques de Montréal et nous, dont le lancement avait lieu lundi soir, au Stade olympique.
Si la célèbre gymnaste roumaine signe également la préface, le bouquin regroupe 50 témoins ayant vécu de l’intérieur les Jeux d’été de 1976.

«Le grand public a retenu principalement deux choses des Jeux olympiques de Montréal: Nadia et le gouffre financier. Par contre, il y a un troisième point qui est très important: on a eu droit à des Jeux olympiques de grande qualité ayant généré des millions et des millions de profits», expose l’auteur Pierre Gince.
Walter Sieber, qui était le directeur général des sports au sein du comité organisateur, vient notamment en témoigner dans le livre.
«Il y avait un devoir de mémoire et c’est pour ça que j’ai travaillé si fort, pendant des centaines d’heures, pour réaliser ce livre, d’ajouter M. Gince. Comme le dit l’éditeur, c’est un livre qui devait exister.»
À tirer des larmes...
L’œuvre, qui compte 352 pages, est publiée aux Éditions de l’Homme et vient souligner le 50e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal.
Parmi les nombreux témoignages, l’auteur note celui de Sophie Taillibert, la fille unique de l’architecte français ayant imaginé le Parc olympique de Montréal.
«Un chapitre à tirer des larmes», de qualifier M. Gince, expliquant que Roger Taillibert était vraiment fier du Stade olympique, mais que sa famille avait grandement souffert de la mauvaise presse ayant entouré sa construction et son entretien.
«Comme une sortie à Disneyland!»
Puisque Nadia Comaneci demeurera toujours la «reine des Jeux» de 1976, la préface a de quoi fasciner le lecteur. Rappelons que la Roumaine n’avait que 14 ans lorsqu’elle est devenue la première gymnaste de l’histoire à obtenir une note parfaite de 10 aux barres asymétriques. Malgré son jeune âge, elle a surtout remporté cinq médailles, dont trois d’or, pendant les Jeux olympiques de Montréal.
«Dès mes premiers mouvements, j’ai eu l’impression d’être l’une de leurs filles, une athlète locale», témoigne-t-elle à propos de l’appui de la foule.
«Pour moi, ces Jeux, c’était énorme, écrit-elle également. Tous les athlètes étaient là. Je rencontrais des gens que je ne connaissais que par la télé. [...] C’est moi qui admirais les autres. Pour moi, le Village olympique était un peu comme une sortie à Disneyland! Tout était gratuit! À la cafétéria, on trouvait de tout: des plats italiens, asiatiques, et bien d’autres encore. Je n’avais jamais vu ça!»
Une telle gymnaste de 14 ans, Montréal n’avait jamais vu ça non plus.