Une équipe de la LCF se rapproche-t-elle de Québec?


Stéphane Cadorette
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L’idée d’une franchise de la Ligue canadienne de football à Québec ne date pas d’hier et la tenue du camp d’entraînement des Alouettes de Montréal en mai au PEPS pourrait ramener le sujet à l’ordre du jour. D’autant plus que le commissaire du circuit voit apparemment Québec dans sa soupe, selon différentes sources consultées.
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En discutant avec quelques intervenants directement impliqués dans la LCF dans les jours qui ont suivi la nouvelle du camp des Alouettes, deux d’entre eux ont insisté pour spécifier que l’intérêt du commissaire Stewart Johnston pour Québec serait plus sérieux que celui de ses prédécesseurs et qu’il entendait pousser au maximum pour mener à bien cette idée.
Les lecteurs du Journal savent à quel point je suis un fan fini de football. Inutile, donc, de cacher ce jupon qui dépasse. Je serais emballé que le sujet d’une équipe de la LCF redevienne d’actualité.
Lors de la dernière Coupe Grey, en novembre à Winnipeg, le commissaire, fraîchement entré en poste quelques mois plus tôt, qualifiait d’ailleurs Québec de « marché fantastique ». Il a depuis évoqué une potentielle expansion autour de 2030.
Vous me direz que d’autres, avant lui, dont Randy Ambrosie, faisaient aussi de l’œil à Québec. Et si, cette fois, on allait plus loin ?
Bien sûr que Québec serait un marché naturel de football. Il y a non seulement tout l’engouement que suscite le Rouge et Or, mais aussi les programmes scolaires et collégiaux dans la région, qui connaissent beaucoup de succès et sont devenus une pépinière de joueurs de talent.
La LCF à Québec représenterait une autre avenue idéale pour nombre de joueurs québécois, qui saliveraient à l’idée d’avoir l’occasion de représenter un deuxième club dans la province.

Depuis plus de 20 ans
On verra bien si le commissaire Johnston en fera véritablement son cheval de bataille. La ligue est bien au fait qu’elle bénéficierait de l’effet d’une rivalité naturelle avec Montréal. Une franchise à Québec lui permettrait par ailleurs d’équilibrer ses deux divisions avec une cinquième équipe dans l’Est.
Tout ça a bien du sens, je ne vous l’apprends pas. Le problème qui demeure entier, c’est encore et toujours le stade.
Ce n’est rien de nouveau. C’était déjà le cas en 2005.
À l’époque, l’avocat Marc Bellemare affirmait qu’il avait rassemblé des gens d’affaires intéressés à investir dans l’achat d’une franchise et le groupe militait pour des fonds publics afin de se doter d’un stade répondant aux standards de la LCF.
Certaines voix s’élevaient pour un agrandissement du stade du PEPS. D’autres évoquaient l’idée d’un stade de 25 000 places à Saint-Augustin, qui serait assorti d’un développement domiciliaire.
Même le nom d’une future équipe avait été évoqué dans les médias : l’Attaque de Québec.
Pendant quelques années, le sujet a alimenté l’actualité sportive et politique, mais les démarches sérieuses semblent enterrées depuis.
Toujours le stade
Le Stade TELUS-ULaval, où évolue le Rouge et Or, comprend 12 500 places assises. Avec les places debout, on peut aller jusqu’à 21 000 places.
La saison dernière dans la LCF, l’assistance moyenne a été de 22 900 spectateurs. À Toronto (15 109), Ottawa (18 136) et Edmonton (19 050), la moyenne a été inférieure à 20 000 personnes.
Dans les derniers mois, il n’y a pas eu de rencontre entre la LCF et le Rouge et Or. Ce n’est pas un dossier actif et, même par le passé, les discussions n’ont apparemment jamais été vraiment substantielles.
Tous les gens du milieu que j’ai consultés me répètent que c’est pratiquement impensable comme solution permanente. Dans les années 2000 et 2010, quelques stades ont été construits à travers la LCF. Le montant de la facture se situait entre 145 et 278 millions, selon les projets.
On parle de gros bidous, et dans le contexte économique actuel au Québec, mieux vaut oublier toute contribution publique majeure.
Et le propriétaire ?

Pierre Karl Péladeau est devenu le propriétaire des Alouettes en 2023, au moment où l’équipe semblait s’en aller droit dans le mur. Depuis, les succès de l’organisation ne se démentent pas.
Pourrait-il être tenté de s’impliquer d’une quelconque façon dans un projet d’équipe à Québec ?
Il y a eu un précédent à cet effet dans la LCF, quand David Braley a acheté les Lions de la Colombie-Britannique en 1997. En 2010, il s’est porté acquéreur des Argonauts de Toronto pour en assurer la survie, avant de trouver un acheteur en 2015.
Est-ce une avenue temporaire acceptable pour lancer l’aventure avec des partenaires ? Une perche tendue auprès de la ligue en ce sens est demeurée sans réponse.
Le cas de Halifax
La LCF parle depuis longtemps de développer de nouveaux marchés dans l’Est, qu’il s’agisse de Québec ou de Halifax.
Halifax avait d’ailleurs obtenu sa franchise en 1983, avant de reculer, faute de financement pour un stade. Une nouvelle tentative a été effectuée en 2018, au point où 6000 personnes avaient accepté de déposer 50 $ en guise d’avance pour des abonnements de saison. Les Schooners de l’Atlantique sont finalement morts dans l’œuf, avec un projet de stade de 180 millions qui n’a jamais vu le jour.
Vous comprendrez que je ne suis pas en train de dire qu’un projet d’équipe de la LCF à Québec est en train de se réaliser. Halifax a bien vu qu’entre l’intérêt de la ligue et la capacité à réellement ficeler un tel projet, il y a une marge.
Je veux bien, mais parfois, ça fait du bien de rêver à de grands projets sportifs. Une faculté qui semble s’être perdue, de nos jours.