«Sans ma famille, je ne serais pas passée au travers»
Dre Mylène Drouin est la directrice régionale de santé publique de Montréal


Éric Yvan Lemay
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La région de Montréal a été la première et la plus touchée par la COVID-19 dans la province. Elle risque également d’être l’une des dernières à sortir de la crise. Ce qui fait dire à la directrice de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin, qu’il s’agit d’un véritable ultra-marathon. Une épreuve qu’elle n’aurait jamais pu traverser sans son équipe et le soutien indéfectible de sa famille et de ses quatre enfants.
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« Pour moi, c’est un ultra-marathon qui n’est pas terminé. On est entré en mesure d’urgence le 23 janvier [2020] comme organisation. Mars, avril et mai, ç’a été la partie où on était vraiment face à la grosse vague, on a appelé ça le tsunami. Pendant l’été, ç’a été la préparation de toute notre cellule de travail pour la vague [numéro] deux. Être prêt à faire notre mandat d’enquête avec 1000, 1500 cas en même temps et à gérer des centaines d’éclosions. La vague [numéro] deux, on court encore, mais on est plus structurés, plus confiants, plus solides. Chaque semaine est un nouveau défi », soutient Dre Drouin.
47 ans
19 ans d’expérience en santé publique
LE DRAME DES CHSLD
La tragédie des décès dans les CHSLD lors de la première vague a été l’épreuve la plus difficile, selon Mylène Drouin.
« Ç’a été, pour moi, la période la plus difficile, même si les CHSLD ne sont pas du tout ma responsabilité. Clairement, on se demande comment on aurait pu contribuer autrement, ce qu’on aurait pu faire mieux, comment on aurait pu préparer ces milieux-là avant la crise », détaille-t-elle.
LE SOUTIEN DE SA FAMILLE
« J’ai quatre enfants, j’ai une famille qui est très importante, ma famille immédiate, mais aussi ma sœur et mes parents. Je pense que sans eux, je n’aurais pas été capable de passer à travers cette année. Ma famille a été très solidaire et m’a beaucoup soutenue. On a des soupers chaque fin de semaine. Avec ma famille élargie, je leur parle plusieurs fois par semaine. Donc, c’est clairement l’endroit où je vais me déposer, pour sortir de la COVID », décrit-elle.
MAMAN, LÂCHE TON CELLULAIRE
La pandémie occupe une place très importante dans ses pensées, au point où ses enfants lui rappellent à l’occasion de prendre une pause.
« C’est sûr que je dis à la blague qu’on est un peu intoxiqués à nos données, à nos tableaux de bord, à savoir où on en est rendus. Souvent, mes enfants me volent mon cellulaire quand je suis en vacances », avoue-t-elle.
Depuis le début de la pandémie, elle a réussi à prendre quelques jours de congé et deux semaines l’été dernier. Pour se détendre, elle aime aller marcher en nature.
HÂTE DE PRENDRE L’AVION
« J’ai hâte de prendre l’avion. J’ai une sœur qui est en Europe. Je dis toujours que j’ai ma conseillère stratégique européenne qui me dit ce qui se passe [là-bas]. J’ai hâte de sauter dans l’avion pour aller voir ma famille, le bout de ma famille qui est en Europe. J’adore voyager, alors c’est sûr que dès qu’on va être capable de voyager de manière sécuritaire, ça va certainement être une des premières actions que je vais faire », conclut-elle.
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