Un an au front pour combattre la COVID-19
Les directeurs régionaux de santé publique sont les visages de la lutte à la pandémie partout au Québec

Éric Yvan Lemay
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Leur vie est consacrée à la lutte contre la COVID-19 depuis un an. Dans chaque région du Québec, les directeurs de santé publique sont devenus des incontournables. Pour la plupart inconnus du grand public, ils sont devenus des vedettes bien malgré eux.
Même s’ils sont bien connus dans leurs régions respectives, Le Journal a voulu faire découvrir leur parcours à l’ensemble des Québécois tout en dressant leur bilan des 12 derniers mois.
Nos journalistes de partout au Québec sont allés à leur rencontre afin de reccueillir leurs propos.
Par exemple, l’un d’eux est sorti de la retraite pour prêter main-forte aux équipes, tandis que d’autres ont vu leur vie de famille chamboulée ou ont même perdu des proches durant la crise.
Depuis le mois de mars 2020, c’est vers eux que se tournent les citoyens pour savoir comment se protéger contre la COVID-19 quand ils seront déconfinés ou encore pour connaître les lieux de propagation.
Cliquez pour lire les portraits par région :
Un « doc » pas comme les autres
Dr Yv Bonnier-Viger
Gaspésie
Télétravail avec les enfants et perte d’un ami médecin
Dre Julie Loslier
Montérégie
Surprise par la pandémie
Dre Marie-Josée Godi
Mauricie-Centre-du-Québec
Inquiète pour ses proches en Colombie
Dre Liliana Romero
Chaudière-Appalaches
Une « dette » envers ses ados
Dr Éric Goyer
Laurentides
Des semaines de cent heures
Dr Donald Aubin
Saguenay-Lac-Saint-Jean et Côte-Nord
« Sans ma famille, je ne serais pas passée au travers »
Dre Mylène Drouin
Montréal
Un tour de manège sans fin
Dr Sylvain Leduc
Bas-Saint-Laurent
Boucler le Grand Nord au plus vite
Dre Marie Rochette
Nunavik
« La vie de notre famille a été chamboulée »
Dre Brigitte Pinard
Outaouais
Arrivé en « plein tsunami »
Dr André Dontigny
Capitale-Nationale
Il sort de sa retraite pour « aller au combat »
Dr Richard Lessard
Lanaudière
Entraide et solidarité en Abitibi
Dre Omobola Sobanjo et Dre Lyse Landry
Abitibi-Témiscamingue
Garder la pire crise pour la fin
Dr Alain Poirier
Estrie
C’est pas de la faute à papa
Dr Jean-Pierre Trépanier
Laval
Arrêtés dans la rue
Ils ont parfois pris des décisions difficiles ou contestées, mais disent sentir un large appui de la population.
« Quand je fais des marches, les gens m’arrêtent, me questionnent, s’intéressent à ce qui se passe. [...] Ce sentiment d’appartenance-là me donne confiance », indique le Dr Sylvain Leduc, directeur régional de santé publique dans le Bas-Saint-Laurent.
Même son de cloche du côté de son homologue du Saguenay–Lac-St-Jean, le Dr Donald Aubin, qui estime que c’est grâce à la population que la terrible deuxième vague qui a frappé sa région a pu être vaincue.
À Montréal, la Dre Mylène Drouin a pu compter sur sa famille de quatre enfants pour passer au travers de cette période.
Celle qui commence ses journées vers 5 h ne s’arrête bien souvent qu’en soirée.
Même si elle compte sur une équipe qui la soutient bien, elle a fréquemment dû travailler durant les fins de semaine.
La région métropolitaine a été particulièrement touchée par la pandémie.
Décès d’un collègue
Ainsi, en Montérégie, la Dre Julie Loslier a dû prendre la décision de mettre toute son équipe en télétravail après le décès tragique d’un ami et médecin à la Santé publique.
Mère de trois enfants, elle dit bien comprendre cette réalité que vivent les familles. Elle y a cependant pris goût, au point où le télétravail se poursuivra en partie avec son équipe.
Sacrifices
Comme beaucoup de travailleurs du réseau de la santé, les directeurs régionaux de santé publique ont dû faire des sacrifices importants.
Plusieurs d’entre eux ont multiplié les semaines de 70, 80 et parfois même 100 heures de travail.
Heureusement, ils ont néanmoins réussi à trouver de l’énergie en pratiquant des sports ou simplement en prenant du temps auprès de leurs proches.
Mais comme le dit la Dre Mylène Drouin, l’ultra-marathon contre la maladie n’est pas encore terminé.
– Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron, Le Journal de Québec