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Une biographie de Pierre Lalonde lève le voile sur ses secrets

10 ans après son décès

Daniel Daignault

2026-06-04T10:00:00Z

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10 ans déjà ont passé depuis que, le 21 juin 2016, Pierre Lalonde s’est éteint à 75 ans, laissant dans le deuil sa femme, Clare Lewis, ses quatre enfants et tant d’admiratrices et d’admirateurs. La famille a accepté que soit publiée une biographie relatant sa vie fabuleuse marquée par le succès, tant dans la chanson qu’à la télé. Lors du lancement de l’œuvre, nous avons pu parler à l’auteur et à ses proches, dont Clare, qui se confie, émouvante, sur leur relation.

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Dans Pierre Lalonde – Une vie extraordinaire, l’auteur Luc Bertrand nous fait revivre le parcours de l’artiste, de son enfance jusqu’à ses derniers jours, alors qu’il souffrait du Parkinson et de la maladie à corps de Lewy. « C’est un livre qui méritait d’être écrit, car Pierre Lalonde a eu tout un parcours. Sa contribution à la chanson francophone du Québec et dans à peu près tout ce qu’il a fait à la radio, à la télé, tant en français qu’en anglais, valait vraiment que je m’y attarde », souligne l’auteur. On est de fait nombreux à chanter encore C’est le temps des vacances, Nous, on est dans le vent et C’est toujours comme ça la première fois. Ou à se souvenir de Jeunesse d’aujourd’hui, d’Action Réaction et de Star d’un soir, qu’on écoutait au petit écran !

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CFTM-TV
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Pour montrer la grande influence de la vedette sur l’industrie québécoise de la musique et du showbiz, Luc Bertrand nous donne des chiffres impressionnants : plus de 30 albums ont été vendus à plus de 650 000 exemplaires, et 65 45 tours ont généré des ventes d’environ 3 millions d’exemplaires.

Ce dernier avait entrepris des démarches au milieu des années 1990 pour écrire cette biographie, mais Pierre Lalonde ne ressentait pas l’envie de se raconter. C’est sa conjointe, Clare Lewis, ainsi que ses enfants, qui ont accepté ces dernières années d’aller de l’avant avec le projet, en plus d’y contribuer. Pour rédiger ce livre, l’auteur a fait beaucoup de recherches à la Bibliothèque nationale, où il a pu consulter nombre de journaux et de magazines contenant des textes au sujet du chanteur, et des entrevues qu’il a accordées au fil des ans. Dans le livre pullulent donc citations, anecdotes et informations de toutes sortes.

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Clare, qui a été son épouse durant 38 ans, nous a confié : « Il est beau, cet ouvrage, et je suis surprise de ressentir autant d’émotions. Il a fallu que je voie le livre, que je le tienne entre mes mains pour y croire. Avant, c’était comme si je ne croyais pas que ce soit fait. En le lisant, ça m’a rappelé beaucoup de souvenirs, et grâce au travail de recherche de Luc, j’ai appris beaucoup de choses que j’ignorais de la vie de Pierre, entre autres avant que je le rencontre », a-t-elle avoué.

Elle avait 22 ans lorsqu’elle a fait la connaissance de son futur mari, en 1974, lors d’un dîner avec des amis communs. Dans le livre, elle raconte : « J’avais entendu dire qu’il était un chanteur par un ami commun. Ensuite, j’ai entendu la chanson Louise et j’ai fait le lien avec lui. » Elle a confié en entrevue : « Il avait déjà une grande carrière avant que je le rencontre. Il avait 33 ans et était séparé. Il m’avait impressionné et il a réussi à trouver mon numéro de téléphone. »

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Grâce à leur complicité indéniable, après deux semaines de fréquentation, ils cohabitaient déjà. « On a commencé à sortir ensemble, on se comprenait, c’était assez clair. Quand je l’ai rencontré, j’ai trouvé que c’était un homme très terre à terre. Il ne se prenait pas pour un autre, malgré sa popularité et tout ce qu’il faisait. Il était très humble. » Quatre ans plus tard, en 1977, le couple se mariait.

Le début d’une ascension

On en apprend par ailleurs beaucoup sur son enfance et ses débuts dans le métier, notamment à la radio, puis à la télé. Il a même eu l’occasion de jouer dans deux télé-théâtres. Adolescent, il rêvait de devenir acteur après avoir joué dans une pièce de théâtre et avoir goûté la sensation de se produire devant un public.

Lors d’une entrevue au Journal des Vedettes, Pierre avait dit : « La chose la plus importante dans mon métier, ç’a été mon premier disque. C’était impressionnant pour moi, parce que ça s’enchaînait avec la radio, la télévision, les journaux, etc. » Le disque Chip Chip s’est vendu à environ 50 000 exemplaires, nous apprend l’auteur.

À 45 ans, Jean-Pierre, le fils de la vedette, explique lui aussi avoir découvert des choses sur son père : « Je ne savais pas à quel point il était travaillant. Au cours de ses 10 premières années de carrière, avec Jeunesse d’aujourd’hui, il faisait aussi des spectacles chaque samedi soir à travers le Québec, en plus d’avoir lancé une dizaine d’albums. Il faisait des burn-out parce qu’il travaillait tellement fort ! Il avait quelque chose à prouver parce que dans le livre, on apprend que son père ne croyait pas en lui, mais il avait vraiment du talent. »

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Heureusement, Jean-Pierre retient de belles leçons de lui. « Il m’a appris beaucoup de choses que j’apprécie en ce moment. Il était doué pour éviter les mauvaises affaires. On est très similaires, lui et moi. On a chanté au casino, on a la même voix et le même sens de l’humour. D’ailleurs, l’an prochain, je veux présenter un spectacle hommage à mon grand-père et à mon père : ce sera trois générations de Lalonde en chansons, parce que je veux sortir un album avec mes compositions. »

Photo : © TVA
Photo : © TVA

Dans les coulisses de Jeunesse d’aujourd’hui

Bien sûr, il est question de Jeunesse d’aujourd’hui, l’équivalent d’American Bandstand, animée par Dick Clark, que Pierre rêvait d’animer seul. Mais pour la direction de Télé-Métropole, Lalonde faisait trop teenager pour être seul à la barre d’une telle émission. Il a alors été décidé qu’il aurait un coanimateur. Joël Denis raconte sa première rencontre avec Pierre, le décrivant comme « un jeune garçon presque blond, du type Don Juan, mais à l’allure très américaine et portant chandail, bermudas et souliers blancs ». « [Il] me dit : “Vous savez, Monsieur, je ne suis pas content d’apprendre que vous allez animer avec moi cette nouvelle émission. Jeunesse d’aujourd’hui, c’est mon programme ! Vous comprenez ?” »

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Retour sur la Lalondemania

Selon Clare, Pierre serait heureux de cette biographie. « Luc Bertrand a essayé de lui proposer souvent, mais il refusait, et quand Pierre a changé d’idée, il commençait à faire de la démence avec la maladie à corps de Lewy. C’était trop stressant psychologiquement pour lui. Les faits, les années, il mélangeait tout. C’était bien dommage, et je peux dire qu’il serait fier, parce que tout ce qui y est raconté est vrai », dit-elle.

Ceux qui n’ont pas vécu la Lalondemania peuvent avoir du mal à s’imaginer à quel point le chanteur et animateur était populaire.

Danielle Ouimet, une amie de longue date de Pierre Lalonde, qui a joué aussi le rôle d’un mentor pour elle, s’est rappelée : « C’était fou ! Combien de fois j’ai vécu ce genre de moment ? J’étais dans sa voiture et les gens l’arrêtaient, et s’il avait le malheur de baisser sa fenêtre, on lui coupait des mèches de cheveux ou les boutons de sa chemise. Les filles se “garrochaient” devant sa voiture ou se couchaient au sol pour qu’il ne puisse pas s’en aller. J’ai tout vécu ça ! Et il y a des filles qui m’attaquaient parce que j’étais avec lui. »

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Un combat courageux contre la maladie

En 2008, Pierre Lalonde recevait le diagnostic de la maladie de Parkinson. Il a combattu avec courage, mais comme l’écrit son fils dans la biographie, ses proches ne pensaient pas que ce serait si grave. « Lorsqu’il a commencé à perdre ses capacités physiques, c’est là que ça nous a frappés. C’était le cas en particulier pour ma mère, qui s’est occupée de lui jusqu’à la fin. J’ai réalisé à quel point c’était dur pour la famille. Il était tellement malade. D’une certaine façon, nous avons été en deuil de son vivant et aussi après sa mort », peut-on lire.

Clare résume bien ce que les gens ont toujours pensé de son mari : « Il était tellement un bon gars ! C’est toute une vie que j’ai eue avec lui. Ç’a été un privilège de partager tout ça avec lui. Et toutes les personnes qu’on a rencontrées partout, autant en Europe qu’ici — des premiers ministres, Joe Dassin, Aznavour, Bécaud, Ozzy Osbourne, des joueurs de hockey... —, tout le monde l’aimait et voulait passer du temps avec lui. Pierre était un homme assez calme. On faisait beaucoup de choses ensemble, on faisait tout en famille. Il avait un bon sens de l’humour et ça, dans un couple, c’est vraiment important. » Sa fille Marie précise dans le livre que sa mère est restée à la maison durant huit ans pour prendre soin de l’homme de sa vie, le gardant « à la maison aussi longtemps que c’était humainement possible ».

C’est à Clare que revient le mot de la fin. Elle écrit notamment dans la préface : « Son engagement auprès de ses admirateurs et au sein de sa communauté était indéfectible, et son sourire, éternel. »

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