SmackDown et Undertaker : un vendredi soir pas fait pour moi


Patric Laprade
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Chers lecteurs, je dois vous avouer quelque chose.
Je n’ai pas assisté à la cérémonie du Temple de la renommée hier soir.
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C’est ce qui se passe avec une fin de semaine comme celle-ci. Beaucoup trop de spectacles et d’événements, trop peu de temps.
À la base, je n’ai jamais été un grand amateur du Temple de la renommée de la WWE, du moins en personne. Je l’ai fait à quelques reprises et je trouve toujours que les discours d’introduction trop longs. Les discours d’acceptation encore plus. Oui, certaines anecdotes sont bonnes, mais le temps qu’il faut investir pour ces quelques histoires est immense. J’ai toujours préféré la version écourtée disponible quelques jours plus tard ou bien, de tout simplement l’écouter en faisant avancer rapidement les longueurs.
Ça n’enlève en rien l’émotion que certains discours peuvent aller chercher. Toutefois, je n’ai pas eu à voir en personne le maintenant célèbre « Hard work pays off, dreams come true. Bad times don't last, but BAD GUYS do » de Scott Hall afin de pouvoir l’apprécier.
Vous me suivez?
De plus, j’ai une relation amour/haine avec le Temple. Parce qu’au bout du compte, ce sont les choix de Vince McMahon. Des choix personnels, politiques ou des choix basés sur l’endroit où l’événement a lieu. Rien qui ressemble à un processus où plusieurs experts sont appelés à voter et que seuls les plus méritants y font leur entrée. L’historien en moi a bien de la difficulté avec ça.
Sharmell est un excellent exemple. Je comprends sa sélection, mais jamais en cent ans l’épouse de Booker T n’a eu une carrière digne d’une telle récompense. Mais on est au Texas. Booker T y habite depuis longtemps.
Bref.
Cette année, je me disais que j’étais pour y assister. Non seulement la cérémonie n’était pas un événement unique, mais suivait SmackDown auquel j’assistais déjà. Puis, avec moins intronisés, une cérémonie prévue pour 90 minutes, je me disais que le tout avait des chances d’être meilleur. Mais finalement, j’en ai décidé autrement.
On nous disait que la cérémonie débuterait à 22h30 pour se terminer vers minuit. À minuit et demi, l’Undertaker, le clou de la soirée, parlait encore. J’étais partie depuis longtemps déjà. On me dit que le tout s’est terminé après plus de deux heures.
Shad Gaspard, un héros dans la vraie vie
Et je veux qu’on me comprenne bien. Si quelqu’un mérite sa place dans n’importe quel temple de la renommée associé au monde de la lutte, c’est bien l’Undertaker. Les frères Steiner sont aussi un très bon choix. Rick avait d’ailleurs lutté à Montréal en début de carrière. Vader mérite également cet honneur, surtout pour son temps passé au Japon et à la WCW. L’histoire de Shad Gaspard, récipiendaire posthume du prix Warrior est incroyable. En nageant avec son jeune garçon, le courant les a emportés et dans un geste ultime, Gaspard a guidé les sauveteurs vers son fils. Ce faisant, son garçon a été sauvé, mais ça aura coûté la vie de son père. Ce n’est pas de la lutte ça. Shad Gaspard est un vrai héros.
Mais vous voyez, je n’ai pas besoin d’y assister en personne pour en parler avec passion et émotion.
Plusieurs amateurs aiment ce genre de cérémonies et je respecte ça. Je sais aussi que c’est bien plus important pour les personnes intronisées qu’on pourrait le croire. Mais ce n’est juste pas fait pour moi. Et je trouve qu’il y aura toujours une différence entre le Temple de la renommée de la WWE et un où 200 personnes votent de partout dans le monde, avec des critères et des minimums pour y accéder.
Mes deux cennes comme dirait l’autre.
SmackDown, sans les principales vedettes
Il me semble que le but d’un Raw et d’un SmackDown d’avant WrestleMania est d’intéresser les amateurs à écouter, d’une façon ou d’une autre, l’événement pour lequel tout le monde est à Dallas cette fin de semaine. Un peu comme en politique, c’est la dernière chance pour la WWE de convaincre les indécis.
Et pourtant, SmackDown hier s’est déroulé sans Ronda Rousey, sans Brock Lesnar, sans Roman Reigns.
Je l’ai écrit, je me relis et je ne suis même pas sûr de croire mes propres paroles!
Bien entendu, on a eu des montages en vidéo, qui peuvent parfois faire le travail. Mais au dernier SmackDown avant WrestleMania? Le vendredi avant les spectacles du samedi et du dimanche? Il me semble que s’il y a un bon moment pour sortir tes gros canons, c’est bien celui-là, non? Est-ce moi qui suis fou ou trop demandant?
On voit Roman chaque semaine. Chaque semaine. On le voit quand SmackDown est enregistré à Des Moines en Iowa devant 3 500 spectateurs, un vendredi aléatoire du mois de juillet. Mais à Dallas, devant plus de 10 000 personnes, l’avant-veille du plus gros match de l’année...plus gros match de l’histoire de WrestleMania selon le slogan, et tu le gardes sur le banc?
Certains vont me dire que Brock et Roman étaient à Raw. Oui. Mais leur émission régulière est SmackDown. Et SmackDown demeure l’émission la plus écoutée des deux.
À la place, nous avons eu droit à la victoire de Madcap Moss dans la bataille royale à la mémoire du Géant Ferré (André the Giant), à Ricochet qui a conservé son titre Intercontinental face à Angel Garza et Humberto Carrillo dans le match de la soirée, de même qu’à la continuité de l’histoire entre Austin Theory, Vince McMahon et Pat McAfee. Theory est d’ailleurs celui qui est sorti victorieux du dernier combat de la soirée, un trois contre trois qui ne passera pas à l’histoire.
Ça n’enlèvera pas la qualité de l’événement que sera WrestleMania. Peut-être que l’idée derrière était de garder ces vedettes loin des réflecteurs jusqu’à leur match respectif samedi ou dimanche. Je crois tout de même que de les montrer devant le sixième de la foule qui remplira le stade AT&T deux soirs consécutifs aurait pu être un risque calculé et payant. De plus, si on habitue les amateurs à ce que le SmackDown d’avant Mania n'en soit pas un où toutes les vedettes se produisent, le mot va se passer vite et le nombre de billets vendus des prochaines années pourrait écoper.
L’importance des relations publiques dans le monde de la lutte
C’est donc vers l’événement de la GCW, le Joey Janela Spring Break, que je me suis tourné hier soir. Cet événement en est un toujours un bien particulier de par son heure tardive. En effet, le tout débutait à 23h59, heure locale, une heure du matin au Québec, et s’est terminé trois heures plus tard, en plein milieu de la nuit! C’est ce qui explique l’heure tardive à laquelle je publie ce blogue!
C’est aussi un spectacle reconnu pour son unicité et son extravagance. De plus, le tout me servait d’excuse pour voir des personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps.
C’est un peu la thématique de la fin de semaine d’ailleurs. Renouer avec des gens du monde de la lutte qui, à cause de la pandémie, je n’avais pas vu depuis des lunes. J’en ai parlé dans mon blogue d’hier, mais pour un gars de PR comme moi, tu n’es pas 20 ans dans ce milieu sans te faire de contacts, mais l’important est de les entretenir ces contacts, ce qui est moins évident quand tu ne les vois pas en personne pendant une aussi longue période.
En après-midi, au WrestleCon, j’avais eu l’opportunité de renouer avec Demolition Ax, Johnny Gargano, Mia Yim, Missy Hyatt, Britt Baker, JJ Dillon, Bushwacker Luke, les IIconics (les IInspiration), les Briscoes pour ne nommer que ceux-là. Tous des gens que je connais du circuit indépendant ou des diverses conventions auxquelles j’ai assisté. C’est là que tu t’aperçois que tu en rencontres du monde en 20 ans!
Hier soir, j’ai pu faire la même chose avec Shazza McKenzie, Joey Janela, Dave Prazak, Lenny Leonard et plusieurs autres, tout en me faisant de nouveaux contacts, ce qui est tout aussi important.
PCO, plus de peur que de mal
Le spectacle comme tel s’est bien passé. Matt Cardona (anciennement Zack Ryder, celui qui avait battu Kevin Owens et Sami Zayn dans un match d’échelles la dernière fois que WrestleMania était à Dallas en 2016) connectait vraiment avec les centaines de spectateurs présents. Une excellente foule d’ailleurs, autant en nombre qu’en énergie.
Cardona contre Chris Dickinson, Tony Deppen contre Biff Busick, de même que Minoru Suzuki contre Effy ont tous été de très bons matchs.
Malheureusement, le duel de Québécois entre PCO et Mike Bailey n’a pas eu lieu. PCO s’était blessé à l’épaule plutôt en soirée à l’événement d’Impact et on a décidé de l’envoyer à l’hôpital pour des examens. Finalement, plus de peur que de mal, alors que Ouellet n’a que de bonnes contusions, pas de fracture ou de dislocation. Bailey a donc affronté Jordan Oliver dans un des matchs de la soirée, une autre thématique récurrente ce week-end.
Le combat principal était le match signature des Spring Break c’est-à-dire une désastreuse bataille royale. En anglais on utilise le terme « clusterf*ck ».
Et elle a bien servi sa réputation! Plus de 50 personnes, presque une heure et demie et l’alignement le plus improbable, incluant l’ancien gagnant de Tough Enough, Maven, Buff Bagwell en béquilles et une panoplie de lutteurs et lutteuses indépendants.
Un septième Québécois en prestation
Le Québec était bien représenté avec les présences de la légende, LuFisto, de même que Judas Cassidy, un lutteur du Saguenay qui a longtemps demeuré à Québec. Avec son frère, ils avaient été votés parmi les meilleures équipes au Québec en 2021. Il s’agissait non seulement de ses débuts avec la GCW, mais aussi, ses débuts aux États-Unis, un bel accomplissement pour tout Québécois. Il devient par le fait même le septième québécois à se produire à Dallas cette fin de semaine.
Pour le reste des nouvelles, comme l’arrivée de Samoa Joe avec ROH et AEW, de même que ce qui pourrait être le match du week-end entre les Briscoes et FTR, je vous suggère de nous écouter Kevin Raphaël et moi aux Anti-Pods de la Lutte, lundi et jeudi de cette semaine, alors que nous allons vous raconter en détail notre fin de semaine à Dallas, mais aussi, vous passer en revue toutes les nouvelles importantes des derniers jours.
Prédictions de WrestleMania, partie 1
En terminant, voici mes prédictions pour la première partie de WrestleMania.
- La championne féminine de SmackDown Charlotte Flair c. Ronda Rousey
- Rousey
- La championne féminine de Raw Becky Lynch c. Bianca Belair
- Belair
- Confrontation entre Kevin Owens et « Stone Cold » Steve Austin
- Austin aura le dessus au final avec un Stunner
- Les champions par équipe de SmackDown les Usos c. Shinsuke Nakamura et Rick Boogs
- Les Usos
- Rey et Dominik Mysterio c. Le Miz et Logan Paul
- Les Mysterio
- Drew McIntyre c. Happy Corbin
- McIntyre
- Kofi Kingston et Xavier Woods c. Sheamus et Ridge Holland
- Kingston et Woods
- Seth Rollins contre le choix de Vince McMahon
- Même si la rumeur veut que Shane McMahon soit l’heureux élu, lui qui avait été congédié en janvier dernier, mais qui était de retour hier lors de la cérémonie du Temple de la renommée, je crois bien qu’on va garder le choix de Cody Rhodes. Si c’est Cody, c’est lui qui doit gagner. Si c’est Shane, Seth sera le gagnant.
Je vous reviens demain avec mes impressions de cette première partie de WrestleMania, mes prédictions pour la partie 2, de même qu’un retour sur les autres événements que j’aurai vu au cours de la journée.