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Médaille d’or aux Jeux paralympiques: Aurélie Rivard a triomphé contre ses démons

Aurélie Rivard (à droite) est félicitée par son amie Élodie Lorandi après sa victoire au 400 m style libre, le 5 septembre dernier, aux Jeux paralympiques de Paris.
Aurélie Rivard (à droite) est félicitée par son amie Élodie Lorandi après sa victoire au 400 m style libre, le 5 septembre dernier, aux Jeux paralympiques de Paris. Photo Jeremy Lee / REUTERS
Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2024-09-10T23:00:00Z

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En remportant la médaille d’or au 400 m style libre aux Jeux paralympiques de Paris, la semaine dernière, la nageuse québécoise Aurélie Rivard a du même coup vaincu ses démons. 

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«Pour résumer, mon cerveau avait fait une association que cette distance représentait un danger pour moi, a sommairement expliqué Rivard, lors d’une entrevue accordée mardi, à son retour au Québec. Il y a tellement de travail derrière cette médaille d’or. Physiquement, mais surtout mentalement. C’était une victoire dans la piscine, mais aussi une victoire contre le danger.»

Détresse, anxiété... Rivard a tout vécu, mais elle a surtout tout vaincu.

Aurélie Rivard, avec sa médaille d’or, sur la plus haute marche du podium aux Jeux paralympiques de Paris.
Aurélie Rivard, avec sa médaille d’or, sur la plus haute marche du podium aux Jeux paralympiques de Paris. Photo Andrew Couldridge / REUTERS

C’est en 2022, aux Championnats du monde de paranatation au Portugal, que Rivard avait été aux prises avec une crise de panique lors de la finale sur 400 m. Encore jeudi dernier, tout juste avant la finale paralympique, l’option de se retirer était envisagée par Rivard. C’est là où son amie Élodie Lorandi, une compétitrice française, lui a confié que si la Québécoise gagnait, ça allait aussi être une victoire pour elle.

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12 ans plus tard

Sixième à l’arrivée, Lorandi a ainsi célébré comme si c’était elle qui avait gagné la course.

«C’était un peu sa victoire à elle aussi, a exprimé Rivard. Élodie, c’est probablement ma plus ancienne amie dans le milieu. À mes débuts, je ne parlais pas beaucoup anglais et c’est comme ça qu’on a établi une relation.»

Ironie du sort, cette conquête dorée est survenue le 5 septembre, soit exactement 12 ans, jour pour jour, après une médaille d’or obtenue par Lorandi, à la même épreuve, aux Jeux olympiques de Londres. Ça ne s’invente pas!

Déjouer le cerveau

Cette fois, Lorandi savait à quel point cette course sur 400 m représentait un défi pour Rivard. Ce jour-là, la Française n’est peut-être pas montée sur le podium, mais elle avait un grand sourire et les bras dans les airs pour féliciter son amie du Québec.

Rivard est finalement rentrée des Jeux de Paris en traînant dans ses valises une médaille de chaque couleur: or, argent (au 100 m) et bronze (au 50 m).

«Même si j’avais gagné l’or sur chacune des distances, c’est quand même celle au 400 m dont j’aurais été la plus fière», a tranché Rivard.

De Paris, elle rapporte donc trois médailles, mais également des souvenirs aussi précieux que les métaux, dont cette forte amitié avec Lorandi.

Une pause bien méritée

À propos de son avenir dans la piscine, l’athlète de 28 ans, originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, compte s’accorder une pause avant de déterminer si elle visera une participation aux Jeux de Los Angeles, en 2028. Il s’agirait alors de ses cinquièmes Jeux paralympiques.

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«Je ne suis pas encore prête à prendre une décision, a-t-elle avoué. Je dois encore voir si j’ai la motivation nécessaire.»

Rivard mérite pleinement le temps de se remettre de ses émotions. En plus d’aller récupérer son chien, l’athlète s’est d'ailleurs rapidement offert une poutine à son retour à la maison. Décidément, une fière Québécoise!

Un ascenseur magique pour Rivard et Lakatos

Des Jeux olympiques ou paralympiques ne seraient pas ce qu'ils sont sans des histoires abracadabrantes comme celle vécue par Aurélie Rivard et l’athlète en fauteuil roulant Brent Lakatos, à Paris.

Parmi les moments spéciaux des dernières semaines, la nageuse raconte ainsi avoir croisé par hasard Lakatos dans un ascenseur de la Maison du Canada, au Village des athlètes, le dimanche 1er septembre. Les deux venaient alors de remporter une médaille d’argent, au 100 m style libre pour Rivard et au 400 m T53 pour Lakatos, alors qu’ils visaient chacun l’or dans ces distances respectives.

«C’est comme si nous nous étions boostés l’un et l’autre, a indiqué Rivard. Nous nous sommes jeté un sort, mais de manière positive.»

Ces athlètes qui durent

Étrangement, une nouvelle rencontre impromptue est survenue quelques jours plus tard, à nouveau dans l’ascenseur, alors que les deux athlètes venaient d’ajouter une médaille d’or, au 800 m dans le cas de Lakatos.

«En vieillissant moi-même, je développe encore une plus grande admiration pour les athlètes qui, comme Brent, durent à travers les années, vient mentionner Rivard. La fougue et l’insouciance des jeunes sont parfois sous-estimées.»

13 médailles chacun

Originaire de Dorval, Lakatos, 44 ans, totalise maintenant 13 médailles paralympiques en carrière (deux d'or, neuf d'argent et deux de bronze). À 28 ans, Rivard en a déjà tout autant, dont six d’or.

À Paris, la délégation canadienne a conclu les Jeux paralympiques avec un total de 29 médailles. Le jeune nageur britanno-colombien Nicholas Bennett, 20 ans, s’est notamment démarqué avec une récolte de deux médailles d’or et une d’argent.

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