Un terrain de tennis à son nom: voyez la surprise de Valérie Tétreault

Mylène Richard
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L’ancienne joueuse de tennis Valérie Tétreault croyait qu’elle devait livrer une conférence devant de jeunes adeptes, mardi, à Montréal, mais une grande surprise l’attendait.
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Le Club de tennis île des Sœurs, où elle s’est entraînée avant de devenir professionnelle, a choisi de l’honorer en concrétisant l’idée du membre Yanik Deschênes: nommer un terrain à son nom. Et pas n’importe lequel: le court 9, celui «où tout a commencé», selon la vedette du jour.
Le secret avait été bien gardé et les émotions ont envahi la directrice de l’Omnium Banque Nationale de Montréal, juste avant de partir pour les vacances des Fêtes.
«Je suis très touchée, très émue. C’est une belle reconnaissance. Ça fait chaud au cœur», a réagi d’emblée Tétreault, après avoir raconté son parcours à des dizaines de joueurs de l’Académie du Club, avec qui elle a ensuite échangé des balles, d’où sa tenue décontractée.
«J’avais remarqué qu’il y avait une bannière au sol et je trouvais ça bizarre», a ajouté la 112e raquette mondiale en 2010.
Il faut dire que lorsqu’elle est arrivée, Tétreault a «commencé à [se] douter qu’il se passait quelque chose de plus gros» quand elle a vu sa tante et première coach, Sylvie, sa mère, Maryse, et ses sœurs, Marilyn et Arianne.
«C’est une dose d’amour que j’ai reçue. J’ai senti que les gens ici ne m’ont pas oubliée», a exprimé celle qui a déjà une bannière au plafond du Club depuis qu’elle a pris sa retraite à 22 ans.

Une pluie d’éloges
Tétreault a été décrite aux adolescents comme une personne qui représente bien les valeurs prônées par le Club.
«Je l’utilise souvent auprès des jeunes en tant que modèle, parce que Valérie était hyper intense sur le terrain, a raconté au Journal Christine Picher, qui l’a coachée entre 12 et 18 ans. Tu ne pouvais pas faire autrement que d’avoir ton regard attiré vers Valérie en raison de sa détermination, son éthique de travail, son application à la tâche. Elle était toujours à 100% dans ses entraînements. Elle a appris à s’accrocher, à persévérer, quand elle tombait, elle se relevait.»
«Ce n’est pas pour rien que je l’avais identifiée depuis quelques années comme successeur potentiel à titre de directrice du tournoi [de Montréal]», a renchéri Eugène Lapierre, qui a relaté en entrevue qu’il avait causé un petit scandale à l’extérieur du Québec en lui offrant un laissez-passer pour la Coupe Rogers en 2010, sans se fier au classement.
«J’ai toujours trouvé qu’elle avait ce que ça prenait: du jugement, un calme, un leadership naturel, de bonnes valeurs. Tu ne peux pas avoir plus confiance en quelqu’un qu’en Valérie Tétreault», a-t-il poursuivi.
Selon Mme Picher, Tétreault «a marqué le club» et ça ne fait que commencer.
«Son parcours continue, a dit la coordonnatrice de l’Académie du Club et entraîneuse-chef du programme sport-études. C’est un gage de réussite. C’est une fille travaillante, déterminée. À 10-11 ans, elle venait à ses cours tôt le matin à 6h30 et retournait seule en autobus chez elle, à Saint-Jean-sur-Richelieu.»
«Rien de tel pour être concentrée pour un cours de mathématiques à 8h», a expliqué la principale intéressée aux jeunes.

«Nourrie par intraveineuse»
«Dans un tournoi junior de l’ITF au Salvador, elle a eu un virus, mais elle a gagné. Puis, à la compétition suivante au Costa Rica, elle a été nourrie par intraveineuse à la clinique, et elle a réussi à triompher», a partagé Mme Picher.
Cette dernière souhaite que Tétreault devienne une «bougie d’allumage» pour la prochaine génération, à qui elle aimerait faire comprendre que «ce n’est pas toujours facile, que son parcours n’a pas été glamour, mais que ça ouvre de grandes portes».
À la lumière des nombreuses questions des jeunes, Tétreault a semblé avoir capté leur attention.
«Si à quelque part, on pense que ça peut inspirer les jeunes, tant mieux. Ça me fait dire que j’ai peut-être réussi un petit quelque chose dans la vie», a-t-elle soutenu humblement.

Sa résolution
Il y a longtemps que Tétreault n’avait pas mis les pieds au Club, mais elle s’y est toujours sentie comme à la maison et elle a promis d’y revenir.
«Le but sera de ne pas marcher sur mon nom! [...] On m’a dit que je pouvais revenir quand je voulais, j’ai bien entendu ça, et je compte venir frapper des balles. C’était déjà ma résolution de 2024, d’essayer de jouer un peu plus. Je vais essayer que ça tienne au moins jusqu’à la fin février!»