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Un projet commun pour le couple de Daniel Brière et Evelyne de la Chenelière

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-04-07T10:00:00Z

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Daniel Brière fait partie de notre paysage télévisuel depuis plusieurs années. Nous montrant une facette plus déjantée de son jeu, il interprète un docteur aux mœurs questionnables dans la deuxième saison de MR BIG. Pour l’artiste, également bien présent au théâtre comme directeur artistique aux côtés de l’acteur Alexis Martin, les projets s’enchaînent.

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Quel est ton rôle dans cette nouvelle saison de MR BIG ?

Je joue un médecin propriétaire d’une clinique de fertilité. Les gens vont le voir quand ils ont des problèmes pour procréer, mais il a ajouté une couche supplémentaire à son travail. Il a une obsession pour les gènes et une facilité à les manipuler, et aimerait bien que certaines choses soient modifiées chez les humains. Ses supercellules valent une petite fortune et ça lui rapporte beaucoup d’argent. On entre dans le monde du trafic de matériel humain. L’équipe s’intéresse donc à moi et à ce que je fais.

Comment était-ce de jouer ce personnage de savant fou ?

C’est vraiment une série où on a de la place pour jouer et s’amuser avec notre personnage. Il fallait que je reste crédible, mais je pouvais me permettre d’être à côté de la plaque et c’était vraiment amusant. On ne se le cachera pas, c’est amusant de jouer des méchants et j’ai la liberté d’aller un peu n’importe où. Même si c’est de la comédie, il faut faire attention de rester juste, sinon on perd en crédibilité. C’est un plateau qui nous permet d’essayer plein de choses et d’improviser un peu.

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T’es-tu senti aussi bien accueilli que tout le monde le dit ?

Très bien accueilli, en effet ! Il y a l’équipe de base, mais ils sont habitués à toujours avoir de nouvelles personnes qui s’ajoutent à l’histoire dans chaque épisode. Ils se sont adaptés à ce genre de tournage et on a toujours du plaisir ensemble. Ils sont vraiment sincères dans leur désir de nous faire nous sentir bien, et c’est tellement un plateau plaisant que ce n’est pas difficile.

Avais-tu écouté la première saison ?

Pas au complet, mais j’avais vu quelques épisodes. J’aime la facture visuelle un peu cartoon qu’ils ont mise. Ça me rappelle les vieilles séries. J’aime aussi ce qu’ils ont fait avec l’éclairage dans chaque lieu de tournage.

Tu fais également beaucoup de mise en scène. Quels sont tes prochains projets ?

Je travaille avec ma conjointe, Evelyne de la Chenelière, sur un projet commun de théâtre intitulé Jardin. Nous allons en parler davantage en avril. Je n’ai pas d’autres tournages pour l’instant. Je reste ouvert, je souhaite ardemment faire les deux puisqu’ils me nourrissent différemment. En ce moment, je fais beaucoup de mise en scène, mais j’adore toujours jouer.

Tu es codirecteur du Nouveau Théâtre Expérimental depuis plusieurs années. Qu’est-ce que tu aimes dans ce genre d’institution ?

Alexis Martin et moi faisons surtout de la création. On peut vraiment faire des projets qu’on ne pourrait pas se permettre ailleurs. On se donne la liberté de dire et de créer ce qui va nous permettre d’établir un lien avec le spectateur, et c’est un défi qui n’est pas évident. On y arrive parfois et, d’autres fois, ça fonctionne moins, et c’est correct. Pour nous, une belle réussite, c’est quand tout à coup un projet fonctionne et qu’on sait qu’on n’aurait jamais eu de portes ailleurs pour le présenter.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Parle-moi de ton amitié avec Alexis Martin.

Ça fait 30 ans qu’on se connaît. On est comme un vieux couple, finalement ! (rires) On a maintenant l’habitude de créer ensemble. On connaît chacun nos forces et il me complète là où moi j’en vois moins. J’y repense souvent : une aussi longue amitié en art, c’est très rare. C’est une grande chance. Dans notre quotidien, on se croise, on se voit, on va manger ensemble de temps en temps et on prend de nos nouvelles, mais on se laisse aussi respirer. C’est très simple.

Dirais-tu que faire de la mise en scène t’aide avec ton métier d’acteur et vice-versa ?

Ça aide beaucoup d’observer les autres, on apprend tellement de cette façon. Quand je dirige, je refais toujours mon école puisque les comédiens réussissent toujours à m’amener ailleurs. Tout à coup, tu te remets à jouer et ces questionnements reviennent d’une façon différente pour t’aider à évoluer. Ça aide assurément de faire les deux.

Bruno Petrozza / TVA Publications
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Qu’est-ce que le théâtre t’apporte que la télévision ne peut pas t’offrir ?

Il y a une forme d’excitation dans les arts vivants et dans le fait de jouer devant les gens. Il y a un risque qu’on n’a pas à l’écran puisqu’on peut toujours faire une autre prise. Il faut y aller avec l’imperfection de la chose et l’accepter.

Qu’est-ce que tu recherches maintenant dans des projets ?

Je regarde beaucoup l’originalité de l’écriture. Des projets de qualité, c’est toujours tentant. J’aime parfois l’écriture proposée, mais on sent que ce n’est pas abouti. Quand je tombe sur un projet où il y a une langue, une proposition intrigante, ça m’excite. J’aime aussi travailler avec des réalisateurs en qui je peux avoir confiance. Avec MR BIG, travailler avec Alexis Durant-Brault a été un vrai plaisir. On a aussi fait beaucoup de plans-séquences, ce que j’ai bien aimé expérimenter.

En début de carrière, tu as eu peur d’être étiqueté à ton personnage naïf dans Le déclin de l’empire américain. Pour une autre génération, tu es Louis dans Les Parent. Est-ce que c’est une crainte qui existe toujours pour toi ?

Je crois que ça fait partie du métier. En même temps, c’est flatteur quand, tout à coup, on t’identifie à un rôle : c’est probablement parce qu’on l’a bien fait. Après, la difficulté est de s’en sortir et de prouver qu’on peut jouer autre chose. J’ai tendance à m’ennuyer dans la vie, donc je dois diversifier mes rôles. C’est pour ça que j’ai fait des shows avec des musiciens, des humoristes, des acteurs, des shows avec des mots, des shows sans mots, du cirque, parce que j’ai besoin de varier les plaisirs. Le danger est de dire qu’on est bon dans un rôle particulier et d’y rester puisqu’on se sent confortable. Quand je regarde mon parcours, je suis quand même passé d’un naïf à un méchant. Je pense que c’est une belle évolution.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Tu es en couple avec Evelyne de la Chenelière depuis plus de 25 ans, et vous avez formé une belle famille recomposée. Maintenant que les enfants sont grands, la dynamique de votre couple a-t-elle changé ?

Elle revient d’Europe où elle a présenté un spectacle. Ça aurait été plus difficile de penser à un tel projet avec les enfants à la maison. Ça donne une liberté, mais ce qui est également plaisant, c’est qu’ils reviennent souvent aussi. Il y a toujours une période où les enfants sont bien contents de partir, mais quand ils grandissent, ils reviennent et ils ont aussi besoin de nous. Au fond, on a besoin les uns des autres. C’est comme une petite bulle où la famille se retrouve tout le temps et c’est plutôt agréable. Ça fait du bien, dans le métier qu’on pratique, qui est un peu éparpillé, d’avoir une base solide.

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