Un prêtre, une bénédiction et une baguette magique: découvrez les secrets derrière le héros du match du Rouge et Or

Stéphane Cadorette
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Pas étonnant que Felipe Forteza ait trouvé la puissance de catapulter le ballon à une distance record de 53 verges pour donner la victoire au Rouge et Or par 23-22 face aux Carabins, samedi soir. Après tout, le botteur a une ligne directe avec le gars d’en haut, il possède une baguette magique et il a été béni avant le match. On vous raconte tout ça...
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Il n’y a pas un seul des 20 903 spectateurs entassés qui en aurait voulu à Forteza si son botté n’avait pas franchi la distance dans les derniers instants d’un match épique. Personne avant lui dans l’histoire du Rouge et Or n’avait franchi le plateau des 50 verges.
Le joueur de deuxième année avait été recruté des Titans de Limoilou à la fois pour sa jambe bionique et pour sa hargne en défensive, lui qui brillait aussi comme secondeur. Dans un moment critique, devant rien de moins que la plus grosse foule de l’histoire du football universitaire québécois, c’est son rôle souvent trop obscur de botteur qui l’a propulsé dans la mythologie du Rouge et Or.
Un botté de 53 verges à l’entraînement sans la moindre pression n’est déjà pas une tâche commode. Imaginez maintenant dans le bruit assourdissant de la jungle nerveuse du Stade Telus-UL, quand ce jeu décidera si la séquence de défaites du Rouge et Or face à son ennemi juré s’arrêtera à trois.
«C’était le silence dans ma tête. Moi, sérieusement, j’étais black-out. J’ai juste une image dans la tête et c’est le ballon entre les poteaux. Avant ça, je ne me rappelle plus de rien», a réagi le héros de la rencontre, qui a parlé du «meilleur moment de [sa] vie».

De l’aide divine
Si le nom Forteza dit quelque chose aux mordus du Rouge et Or, c’est que la sœur de Felipe, Fabiola, a tout cassé avec l’équipe de rugby, au point d’être nommée joueuse par excellence au pays en 2019.
Felipe avait déjà mentionné qu’il se faisait une fierté de suivre les traces de sa frangine et il a fait honneur au nom de la famille sans même réaliser l’ampleur de son exploit.
«Je n’avais aucune idée que c’était un record. Je m’en allais juste sur le terrain botter le ballon. L’autre jour, je suis allé voir Dave Parent [son ancien entraîneur-chef à Limoilou] et il m’a dit que c’était le temps de sortir ma baguette magique. Il m’a dit: “Arrête de réfléchir pis botte le ballon”», a-t-il raconté.

En plus de sa baguette aux pouvoirs insoupçonnés, c’est aussi un brin d’eau bénite qu’il a appliqué dans sa potion miracle.
«Une fois que le ballon est parti de mon pied, c’est Dieu qui décide s’il le met entre les deux poteaux ou pas. Ce matin, je suis allé à la messe et je me suis fait bénir par le prêtre. Ça a donné ce que ça a donné», a expliqué le coloré étudiant-athlète.
Tout un match!

L’un des tournants de la rencontre vient aussi des armes secrètes de Forteza.
Avec un peu plus de trois minutes à jouer et un retard de 22-20, le Rouge et Or s’est retrouvé en fâcheuse position, le dos au mur, à sa ligne de sept.
Sur le troisième essai, Glen Constantin aurait pu choisir de concéder le touché de sûreté de deux points comme on le voit souvent au football universitaire canadien. Il a plutôt mis toute sa confiance en Forteza, qui a dégagé avec une bombe de 50 verges.
Les Carabins ont ensuite été freinés à l’attaque et le pointage demeuré intact a permis au Rouge et Or de tenter le placement victorieux.
«Moi, je prends 1% du mérite. Le reste, je le donne à l’équipe et à mon ami en haut, qui s’appelle Dieu, ou peu importe comment vous l’appelez», a réitéré Forteza.
CE QUE SES COÉQUIPIERS ONT DIT:
Arnaud Desjardins, quart-arrière

«Je priais tout ce qu’il y avait à prier. De loin de même, c’est vraiment impressionnant. C’est probablement le plus gros jeu de football que j’ai vu de toute ma vie. C’est indescriptible. Il a connu une super game jusqu’au bout. J’avais confiance en lui parce que je sais que c’est un super joueur, mais la tâche était énorme. C’est tellement un gars qui le mérite.»
Olivier Cool, receveur

«Absolument que j’y croyais! J’ai vu ce gars-là à l’entraînement, à quel point il a une jambe puissante, et je n’ai jamais douté. J’étais convaincu qu’il allait l’avoir.»