Un début 2026 chargé pour l’humour québécois: 100 humoristes sur scène
Richardson Zéphir et Simon Gouache sont parmi les comiques qui lancent un nouveau spectacle cet hiver

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Une centaine d’humoristes québécois fouleront les scènes de la province au cours des prochains mois. Si cette abondance témoigne de la bonne santé de l’humour, elle commence aussi à créer des tensions dans les salles, où diffuseurs et producteurs doivent jongler avec des calendriers de plus en plus chargés.
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C’est du jamais vu cet hiver. Selon les calculs du Journal, une cinquantaine de spectacles d’humour déjà lancés continueront leur tournée dans les prochains mois. À ceux-ci s’ajoute une quinzaine de nouvelles productions qui seront lancées d’ici le mois de mai. Comme si ce n’était pas assez, une trentaine d’humoristes, établis ou de la relève, seront en rodage dans des salles de tailles variables.
Ce sont ainsi une centaine d’humoristes qui se produiront dans des salles de la province au cours des prochains mois. « Ça me donne le vertige d’entendre ça, admet l’humoriste Martin Perizzolo, qui est parmi les plus nommés au prochain Gala Les Olivier pour son spectacle Le dramatiste. Je pensais qu’on était peut-être 30 ou 40, mais de savoir qu’il y a 100 productions qui roulent en même temps, c’est incroyable. Il y a quelque chose qui me rend très fier là-dedans. »

Pour Richardson Zéphir, qui vient de lancer son nouveau spectacle, Punch créole, cette abondance de spectacles d’humour est peut-être interreliée à l’état du monde actuel. « Plus ça va mal dans l’actualité, plus le monde a besoin de rire pour se changer les idées, remarque-t-il. Si ça allait bien, je pense que les gens n’iraient pas voir des spectacles, ils feraient des barbecues chez eux. »

Ligue américaine de l’humour
Affirmant qu’il n’y aura « jamais trop d’humoristes », Simon Gouache a constaté que l’ajout de nombreuses petites salles de spectacles dans la province a créé une « ligue américaine de l’humour ».
« Avant, tu passais du pee-wee à la ligue nationale. Si tu n’étais pas prêt, tu retournais dans le pee-wee et tu finissais là. Aujourd’hui, tu peux très bien gagner ta vie dans la ligue américaine de l’humour sans aucun problème, être très heureux, avoir une base de fans prolifique et vendre des billets pour gagner ta vie. »
L’humoriste, qui vient de faire la première de sa nouvelle tournée, Pour l’instant, croit que « la meilleure pub de l’humour, c’est l’humour ». « Si quelqu’un sort du spectacle de Sam Breton en se disant : mon Dieu, que j’ai ri, ça va l’amener à aller voir d’autres humoristes. Sam Breton vend des billets pour moi autant que j’en vends pour lui. »
Tournées plus courtes
Vétéran du circuit, Mario Jean constate que la congestion dans les salles a considérablement raccourci la durée des tournées. « Il y a plus d’humoristes et plus de spectacles, mais il y a encore juste 30 jours dans le mois. On ne trouve plus de dates. »
Au sommet de sa popularité, il a déjà présenté 460 représentations d’un même spectacle. « Aujourd’hui, la limite tourne autour de 150. »

Des tournées plus courtes forcent aussi une rationalisation des dépenses, ajoute-t-il. « Je n’ai plus trois techniciens avec moi, souvent un seul. Un technicien, c’est plate, mais c’est une chambre d’hôtel. C’est des per diem, c’est un salaire. On n’a plus les gros camions de 40 ou 50 pieds ni les décors qu’on avait. »
Quand il a commencé sa carrière, au milieu des années 1990, ils étaient moins d’une dizaine d’humoristes à tourner à travers le Québec. « Et on se demandait déjà s’il y en avait trop ! [rires] Là, tu me dis qu’on est 100. Pourtant, le Québec n’est pas dix fois plus gros. »