«On arrive à la croisée des chemins»: des diffuseurs déplorent l’abondance de spectacles d’humour, qui crée des déséquilibres dans leur programmation

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La congestion en humour, cet hiver, cause des maux de tête à certains diffuseurs, qui veulent offrir une programmation diversifiée à leurs publics. « Il y a une offre très abondante qui sature présentement beaucoup mes calendriers », remarque Isabelle Laramée, de la SPEC du Haut-Richelieu.
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Pour sa saison 2025-2026, la SPEC du Haut-Richelieu, qui gère cinq salles à Saint-Jean-sur-Richelieu, Chambly et Venise-en-Québec, présentera un total de 98 représentations d’humour sur un total de 363, soit un ratio de 27 %.
Et le constat est déjà encore plus élevé pour la saison 2026-2027, qui est « sursaturée », selon la directrice générale. « Tout ce que ça fait, c’est que j’ai de la difficulté à programmer les autres disciplines. Si on présente moins de théâtre, de danse et de chanson, le public y est moins exposé et finit par moins en consommer. »
En place depuis un an, Isabelle Laramée a discuté de la situation avec son prédécesseur Guy Boulanger, qui a occupé le poste pendant 36 ans. « Il m’a dit qu’on est vraiment dans un tournant historique. Il n’a jamais vu cette congestion-là. »

Point de saturation
Une telle offre abondante peut venir avec ses problèmes, dont l’uniformisation de l’offre, fait remarquer Isabelle Laramée. Selon elle, certaines productions en humour tendent à se ressembler davantage, notamment en raison de tournées plus dépouillées.
« Avant, on recevait souvent des tournées qui arrivaient avec des camions de 53 pieds. Là, on a des spectacles qui sont épurés, avec des humoristes qui ont la même mécanique. »
La directrice générale indique avoir parfois reçu ce commentaire de spectateurs. « Ils vont voir deux ou trois shows d’humour par année et à la fin, ils disent : ouais, ils se ressemblent pas mal tous. »
Pour Isabelle Laramée, on arrive « à la croisée des chemins » à propos de l’offre en humour. « Il y a un point de saturation dans mes calendriers. Je ne peux pas en présenter plus. Ça va me prendre une autre salle, ou je vais briser l’équilibre. »
Le public en redemande
Chez Co-Motion, à Laval, on présentera 61 représentations d’humour cette saison sur 158 représentations au total, pour un ratio de 39 %. « C’est une discipline qui est en demande par notre public », explique la responsable de la programmation, Érika Palmer.
Devant programmer des spectacles dans les autres disciplines comme la musique, la chanson, la danse et le théâtre, elle remarque qu’elle a plus souvent de la difficulté à vendre des billets qu’en humour. « Je trouve ça triste. »
Érika Palmer s’étonne de voir à quel point les humoristes réussissent à remplir la salle en venant plusieurs fois dans la même année. « Je me demande toujours comment ça se fait. Il vient d’où, ce public-là ? »

Vente record de billets
Cette réalité n’est toutefois pas partagée par tous les diffuseurs. À la Salle Albert-Rousseau de Québec, où l’on se targue d’être « LA salle de l’humour au Québec » avec 60 % de la programmation orientée vers cette forme d’art, on nous a mentionné voir cette situation de façon très positive.
« Cela indique que la relève est très forte, souligne la directrice générale du groupe Albert-Rousseau, Julie Corriveau. L’humour n’a jamais été aussi populaire et cela se traduit par des ventes records de billets ; nous réaliserons d’ailleurs notre meilleure année à vie. Le fait d’avoir cette multitude d’artistes avec leur propre style permet de rejoindre une clientèle variée et de soutenir l’intérêt du public envers ce milieu. »