Un fan venu du Rhode Island pour voir Andrei Markov


Mylène Richard
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Parmi les nombreux spectateurs vêtus d’un chandail d’Andrei Markov au Centre Bell mercredi, l’un d’eux avait spécialement fait le voyage du Rhode Island pour rendre hommage à l’ancien défenseur du Canadien.
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«Je suis ici pour lui, j’ai fait le voyage juste pour Markov», a expliqué fièrement Colton Boisvert au Journal.
Malgré son nom de famille familier et ses origines québécoises, l’Américain ne parle pas français. Mais il est devenu un partisan du Canadien en regardant Markov jouer à la télévision en 2010.
«Je vais toujours me rappeler les séries de 2011 face à Boston [les Bruins avaient remporté le septième match en prolongation]. Tous mes amis me taquinaient et riaient de moi. Je me souviens que Markov et P.K. Subban jouaient ensemble. Jamais je n’oublierai ça.»
M. Boisvert possède sept chandails de joueurs du CH de cette saison, mais le numéro 79 a toujours été son préféré.
«Il était le général à la ligne bleue de l’équipe, a-t-il dit. Il était stoïque, un leader silencieux. Peut-être un peu comme Bob Gainey ou Ken Dryden. Il était le genre de gars qui ne s’en faisait pas avec grand-chose. Il accomplissait simplement son boulot.»

«Il a rehaussé la formation»
Repêché au sixième tour en 1998, le Russe de 46 ans a diverti les amateurs durant des années de vaches maigres.
«Il était excitant. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un défenseur aussi offensif. Il avait une belle façon de voir le jeu. Défensivement, il était aussi très bon. Il a rehaussé la formation du Canadien à l’époque», a mentionné Richard Benoit, un Sherbrookois de 56 ans rencontré dans le REM.
«C’est quelqu’un qui passe sous les projecteurs depuis toujours. Il a permis à des joueurs d’avoir de bons contrats, comme Craig Rivet, Sheldon Souray, Mike Komisarek, Mark Streit ou même Marc-André Bergeron», a constaté Bruno Lafontaine.
En voyant les Lane Hutson, Mike Matheson et même Noah Dobson accepter moins d’argent pour rester ou venir à Montréal, le fan de Terrebonne se souvient que Markov avait signé trois prolongations de contrat de 5,75 millions $.
«Lui, il l’a déjà fait à une époque où le Canadien faisait pitié. Il n’a jamais demandé d’augmentation de salaire», a-t-il souligné.

«Un manque de respect»
Mais quand en 2017, Markov et le directeur général Marc Bergevin ne sont pas entendus sur un nouveau pacte, le laissant avec 990 parties au compteur dans la LNH, plusieurs amateurs l’ont avalé de travers.
«Si je gagnais le Lotto Max, j’irais voir [le propriétaire Geoff] Molson et je mettrais de l’argent sur la table pour que Markov puisse jouer ses 10 matchs manquants», a assuré M. Lafontaine, qui a reçu une paire de billets pour son anniversaire, gracieuseté de sa conjointe Phonenida Dithavong, grande fan de Kirk Muller.
L’arrière ayant obtenu la citoyenneté canadienne n’a donc jamais eu la chance de devancer Guy Lapointe au deuxième rang des meilleurs pointeurs chez les défenseurs du CH, s’arrêtant à 572 points.
«Ç’a été un manque de respect, a continué l’homme de 42 ans. Je ne voudrais pas qu’il pense que les partisans étaient d’accord avec cette décision. Il va le savoir ce soir [mercredi].»
Markov l’a certainement réalisé, lui dont les yeux étaient humides lors d’une ovation d’environ deux minutes que les spectateurs lui ont réservée.