Un des plus inspirants messages que j’ai pu lire
Le rêve brisé d’une grande athlète de chez nous a donné droit à une déclaration tellement fascinante


Jean-Nicolas Blanchet
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«Non, ce ne sont pas tous les rêves qui se réalisent, mais oui, c’est important de rêver grand.»
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De grandes citations et de belles leçons de vie dans l’histoire du sport, il y en a eu beaucoup. Mais ce message ce week-end de la nageuse québécoise Katerine Savard est, pour moi, un des plus inspirants et brillants que j’ai pu lire.
Et je ne fais pas de l’enflure ici pour tenter d’accorder de l’attention à un sport qui n’en a pas assez. Ou je n’essaie pas de verser dans une surdose émotive pour justifier une chronique.
Je capote tout simplement sur tout ce que représente le message de Katerine Savard. C’est quelque chose qu’on devrait dire, redire et redire à nouveau. On devrait le répéter à tous nos enfants. Ils doivent être de jeunes rêveurs. Rêver d’aller aux Olympiques, de marquer le but gagnant au match 7 de la Coupe Stanley, de frapper un circuit en Série mondiale, de gagner un prix Nobel, de découvrir un remède contre la SLA, de diriger une grande compagnie.
Non, elle n’est pas la première personne à dire que c’est important de rêver grand. Mais c’est son histoire et le contexte dans lequel elle en a parlé (que vous pouvez lire ici) qui rendent tout ça si magnifique.
Katerine Savard, c’est une très grande nageuse dans l’histoire du pays. La carrière de l’athlète de 30 ans de Pont-Rouge est phénoménale: une médaille olympique, cinq médailles aux jeux panaméricains, deux médailles aux championnats mondiaux et deux médailles aux Jeux du Commonwealth.
Et j’allais oublier. C’est aussi une enseignante au primaire à travers tout ça.
La semaine dernière, elle tentait de se qualifier pour les Jeux de Paris. Elle serait devenue la première nageuse canadienne à participer à quatre olympiades. Elle n’y est pas arrivée. Et elle a écrit le long message sur les réseaux sociaux.
Perdue et en peine
Elle explique qu’elle n’a pas réussi son rêve. Qu’elle est perdue et en peine. Qu’elle ignore si elle va arrêter la natation. Qu’elle ne sait pas quels sont ses prochains rêves. Mais son message, ce n’est pas ça. En fait, ce n’est surtout pas ça.
Car ce qu’elle dit aussi, c’est qu’elle sait qu’elle finira par être fière d’elle et qu’elle n’a pas échoué.
C’est exactement ça. Quand on rêve grand, il faut s’attendre à ce que ce ne soit pas tous nos rêves qui se réalisent. Et ces rêves brisés ne doivent pas être considérés comme des échecs. Ça ne doit pas nous empêcher de rêver grand. Il faut au contraire admirer et être fiers des accomplissements.
Qui ne tente rien n’a rien. Ceux qui ne rêvent pas sont rarement déçus. C’est vrai. Mais le message, c’est que ce ne sont pas eux qui pourraient aller au bout de leur désir et de leur potentiel.
Pour nos enfants
Vouloir participer à quatre Jeux olympiques, c’est rêver très grand. Sûrement trop grand. Mais c’est ce qui a permis à Katerine Savard de devenir l’une des plus grandes nageuses de l’histoire canadienne.
Dans son message, elle ne parle pas d’objectifs, d’attentes ou de buts. Elle parle de rêves.
Et ce devrait être comme ça qu’on encourage nos enfants et nos ados dans le sport.
Qu’un joueur soit dans la meilleure ou la pire catégorie dans son sport. Si c’est ce qu’il aime le plus dans la vie, rien ne l’empêche de rêver. On s’en fout que ça marche ou pas. Tout ce qu’il développera comme sportif, mais aussi comme individu, pour tenter d’aller au bout de son rêve, ça l’aidera pour toujours. Et il se choisira un autre rêve si ça ne marche pas.
Un grand succès ne se matérialise pas toujours avec un agenda et un plan détaillé. Ça part d’un grand rêve de vie aussi, souvent.