Essais olympiques: Katerine Savard doit oublier les Jeux de Paris


Richard Boutin
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TORONTO | Katerine Savard ne réalisera pas son rêve de devenir la première nageuse canadienne à se qualifier pour ses quatrièmes Jeux olympiques.
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À sa dernière course aux Essais olympiques qui se déroulent au Centre sportif panaméricain à Toronto, Savard a terminé au 11e rang des préliminaires du 100 m libre ce matin et elle ne sera pas de la finale ce soir.
Avec le retrait de Summer McIntosh et de Maggie MacNeil du 100 m, une porte s’est ouverte pour Savard, mais elle n’a pas été en mesure d’en profiter. Son chrono de 55,58 s lui a valu le troisième temps de sa vague.
La septuple médaillée olympique Penny Olesiak (54,12 s) et Mary-Sophie Harvey (54,61 s) ont réussi les deux meilleurs chronos des préliminaires.
«Le retrait de Summer et Maggie a donné un petit boost d’énergie à Katerine, mais ça n’a pas fonctionné», a raconté l’entraîneur-chef du Club de natation de Québec (CNQ), Marc-André Pelletier. «Pour l’avoir réussi au Championnat de l’Est du Canada, Katerine avait un 54 s haut ou un 55 s bas dans les bras. Tout était accessible, mais la fatigue et tout ce qui s’est passé récemment l’ont rattrapée. Elle n’a pas été confrontée au stress de performance au cours des derniers mois.»
Objectif numéro un atteint
Bien qu’une sélection aux Jeux aurait évidemment été souhaitée, Pelletier estime que Savard a atteint l’objectif numéro un qu’elle s’était fixé en quittant le club CAMO pour s’établir à Québec pour la dernière ligne droite menant aux Essais.
«J’aurais aimé que ça finisse mieux, mais la priorité quand elle est revenue à Québec était qu’elle reste dans l’eau et qu’elle se sente bien, a souligné Pelletier. Elle devait quitter en raison de ses performances et non pas parce qu’elle ne se sentait pas bien.»
«Elle a retrouvé le sourire depuis son retour à Québec, de poursuivre Pelletier. Si elle n’était pas déménagée à Québec, elle ne serait pas aux Essais. On a manqué de temps. Dix semaines pour apporter des correctifs techniques à ce niveau, ce n’est pas assez. Je ne m’attendais pas à des miracles.»
L’après-natation
Pour le moment, Pelletier souhaite que Savard trouve un projet qui l’allume après sa carrière.
«J’espère qu’elle trouve sa voie après sa carrière. C’est facile de s’occuper de la performance pour un entraîneur, mais le plus important est de t’assurer qu’elle est bien. Katerine aime la natation et elle est bonne avec les jeunes. Le coaching pourrait être une option, mais c’est à elle de décider.»
Entraîneur de Savard pendant sept ans à CAMO, notamment lors de sa conquête de la médaille de bronze au 4x200 m aux Jeux olympiques de Rio en 2016, Claude St-Jean est demeurée près de la native de Pont-Rouge.
«Je lui ai parlé quand elle a décidé de partir pour Québec, a indiqué le vétéran entraîneur. Elle n’allait pas bien psychologiquement et ce fut sa décision. Il restait un long chemin avant les sélections et ce fut une bonne décision. Elle a fait son choix en fonction d’elle et c’était le plus important.»
«Katerine se donne toujours à fond, mais ça mine le physique quand tu n’es pas bien psychologiquement, d’ajouter St-Jean. Après le 100 m papillon, lundi, je lui ai parlé pour l’encourager et j’ai aussi parlé à sa mère. Elle vit des moments difficiles actuellement, mais elle aura plus de souvenirs joyeux et de bonheur quand elle fera le bilan de sa carrière.»
Tout comme Pelletier, St-Jean verrait bien la bachelière en enseignement scolaire et préscolaire dans la peau d’une entraîneuse. «Je lui ai déjà proposé de venir coacher quand elle prendra sa retraite. Elle est bonne avec les enfants, c’est une bonne enseignante et elle serait bonne comme entraîneuse.»
Concentré sur ses nageurs aux Essais à Toronto, St-Jean contactera Savard à son retour à Montréal.