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Italie 2026: un déménagement à Québec donne un nouvel élan à la carrière olympique de Valérie Maltais

Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-02-02T00:00:00Z
2026-02-07T16:31:48Z

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La hausse vertigineuse des prix de l’immobilier à Montréal a permis à la patineuse Valérie Maltais de prolonger sa carrière et, ultimement, de viser une première médaille d’or olympique dans une épreuve individuelle.

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En mai 2022, quelques mois après avoir remporté l’or olympique à Pékin à la poursuite par équipe, Maltais a pris la décision de rentrer au Québec et de se rapprocher de sa famille après quatre années à Calgary, où elle avait appris les rudiments du patinage sur longue piste.

Photo Stevens LeBlanc
Photo Stevens LeBlanc

La décision de Maltais et de son conjoint, Jordan Belchos, lui aussi membre de l’équipe canadienne, de s’établir au Québec a pris une tournure complètement inattendue.

« On pensait s’acheter un condo à Montréal, mais ce n’était pas achetable. Il aurait fallu débourser de 100 000 $ à 150 000 $ de plus que la valeur foncière. Québec n’était pas dans nos options. »

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À Québec, tout est tombé en place parfaitement pour Maltais quand un ami lui a fait part d’une nouvelle possibilité. « J’étais contente de revenir au Québec et les entraîneurs du Centre national qui venait d’ouvrir ses portes en août 2021 étaient contents de m’accueillir, a-t-elle résumé. Ils ont vu mon potentiel. Après 12 ans à Montréal quand je pratiquais le patinage sur courte piste et quatre ans à Calgary, le Québec était content de me revoir. »

Du jour au lendemain, le Centre de glaces se retrouvait avec deux médaillés olympiques des Jeux de Pékin. La championne olympique Maltais et le médaillé d’argent sur 1000m Laurent Dubreuil.

« L’arrivée de Valérie a permis de rehausser le niveau de notre groupe et sa présence a aidé Béatrice [Lamarche], souligne l’entraîneur-chef du Centre national de l’Est du Canada, Gregor Jelonek. Valérie est beaucoup plus relaxe à Québec. Je la sens heureuse et dans son environnement. »

« Parce que sa carrière tire à sa fin, Valérie profite de chaque moment que son sport lui amène, poursuit Jelonek. Sa perspective ne porte pas seulement sur les résultats. »

Jelonek a demandé à Maltais ce dont elle avait besoin à son arrivée au Centre de glaces au lieu de lui imposer sa façon de faire. « Valérie sent qu’elle a un rôle important à jouer dans son développement, explique-t-il. Ça lui permet de se responsabiliser et de développer une bonne confiance. »

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Un nouvel élan à sa carrière

Ce déménagement a donné un nouvel élan à la carrière de la patineuse du Saguenay, qui a enchaîné trois bonnes saisons pour se hisser parmi les meilleures au monde au 3000m et au départ groupé. Elle sera aussi sur la ligne de départ au 1500m à Milan.

« J’avais toujours rêvé de remporter une médaille olympique individuelle et ce rêve est redevenu plus présent que jamais, mentionne-t-elle. À la poursuite en équipe, ça va être un honneur de défendre notre titre olympique. »

« À Québec, j’ai trouvé une nouvelle façon de m’entraîner et ce fut rafraîchissant, ajoute Maltais. Pour la première fois de ma carrière, on m’a demandé ce dont j’avais besoin. C’est le fun que l’on considère aussi la personne et pas seulement l’athlète. »

Peu importe ce qui arrivera en Italie, Maltais n’entend pas accrocher ses longues lames à son retour. « Je veux continuer un an après les Jeux, indique la patineuse de 35 ans. Je souhaite participer à un dernier championnat mondial en 2027. C’est de cette façon que je veux boucler la boucle. Je ne voulais pas vivre tous mes derniers moments pendant l’année olympique. »

« J’ai retrouvé mon Québec »

Ce retour dans la Belle Province, où elle s’est rapprochée de sa famille établie à La Baie, a comblé Maltais, qui s’est mariée en septembre 2024 dans un vignoble de Lévis. « J’ai retrouvé mon Québec, mon français et ma culture, exprime-t-elle. J’ai vraiment eu du bon temps à Calgary, mais j’avais besoin d’être plus proche de la maison. »

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Être olympienne une fois, c’est bien. Cinq fois « c’est fou »

Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

La patineuse de vitesse Valérie Maltais prendra part à ses cinquièmes Jeux olympiques en carrière, un exploit très rare.

« C’est complètement fou, résume Maltais, qui vise une première médaille individuelle en Italie. J’apprécie vraiment tout le cheminement et je suis plus prête que jamais. »

La petite fille de La Baie, qui a débuté le patinage de vitesse courte piste à l’âge de six ans, ne rêvait pas aux Jeux olympiques. « À 5 ans, je me questionnais c’était quoi les Jeux olympiques et j’ai été voir mon amie Sarah patiner. J’ai fait des tours de glace. »

Les premiers souvenirs olympiques de la patineuse de longue piste remontent aux Jeux de 2002 à Salt Lake City. « Voir Marc Gagnon patiner est mon premier souvenir des Jeux et d’une compétition internationale, raconte-t-elle. Ce n’était pas venu me chercher. J’appréciais le sport parce que j’aimais patiner. J’ai fait du patinage artistique et du patinage à roues alignées. Je pratiquais la natation et le soccer en même temps. »

Maltais approche ces derniers Jeux en carrière avec une mentalité complètement différente. « Cette année, c’est un objectif ambitieux, mais je m’entraîne à chaque jour avec la mentalité que je serai championne olympique dans une épreuve individuelle, confie-t-elle. Ça me permet de tout donner sans avoir de regret. Je laisse tout sur la glace et à l’entraînement.

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« Je donne le tout pour le tout pour mes derniers Jeux, d’ajouter Maltais qui a remporté la médaille d’argent au relais 3000m en courte piste aux Jeux de Sotchi en 2014. Je suis confiante sur cette façon de faire. Aux Jeux de Pékin en 2022, je n’avais pas pensé que je pourrais être championne olympique en solo. Je croyais à nos chances de remporter l’or à la poursuite par équipe, mais pas dans une épreuve individuelle. »

Cette fameuse médaille d’or en solo n’a jamais semblé aussi accessible. Après un premier podium en 2024, Maltais a brillé cet automne au 3000 m, qui est son épreuve de prédilection, et au départ groupé.

Elle aura l’occasion de défendre son titre olympique à la poursuite par équipe en compagnie d’Isabelle Weidemann et d’Ivanie Blondin. « Notre victoire en équipe est l’élément dont je suis le plus fière. C’est vraiment unique et on partage des moments pour toujours. »

À Milan-Cortina, Maltais fera partie d’un groupe sélect d’athlètes canadiens qui étaient présents aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Marie-Philip Poulin et Sidney Crosby ainsi que les curleurs Ben Hebert et Marc Kennedy ont tous vécu l’euphorie des Jeux à la maison.

Dans le cas de Crosby, il a toutefois raté les Jeux de 2018 et de 2022 parce que les joueurs de la LNH n’étaient pas présents.

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