Un début de campagne difficile pour Ron DeSantis, rival de Trump

Agence France Presse
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Aux yeux de la droite traditionnelle, il est censé incarner la solution de rechange à Donald Trump. Mais la campagne du républicain Ron DeSantis pour la Maison-Blanche enchaîne les déceptions.
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Retour sur son premier mois de campagne.
Le fiasco de Twitter
Ce devait être un lancement innovant, dynamique. Pour son entrée dans la campagne pour la primaire républicaine, fin mai, le gouverneur de Floride avait promis un direct sur Twitter modéré par Elon Musk, une première.
Une façon pour le quadragénaire d'incarner un vent de fraîcheur face à son principal rival pour l'investiture républicaine, Donald Trump, 77 ans.
Mais cet événement très attendu a tourné au fiasco, parasité par une série de problèmes techniques.
«Votre micro n'est pas ouvert», «C'est dommage, ça ne se passe pas comme ça d'habitude»..., ont entendu les centaines de milliers d'utilisateurs, à la place du programme que le gouverneur de Floride tentait d'exposer.
- Écoutez la chronique de Luc Laliberté, expert en politique américaine diffusé chaque jour en direct 8h20 via QUB radio :
Un manque de charisme?
Réélu triomphalement à la tête de la Floride en novembre 2022, le gouverneur Ron DeSantis espère séduire l'Amérique tout entière avec ses prises de position chocs sur l'immigration, l'avortement ou les questions de genre.

Mais sur le terrain, cet homme au physique trapu et au sourire rare se voit souvent reprocher un manque de charisme.
«DeSantis s'est pris les pieds dans le tapis», assure Todd Belt, professeur de science politique à l'Université George-Washington. «Il ne parvient pas à nouer de lien avec les électeurs», qui ont du mal à percevoir ce qui le distingue de Donald Trump, mis à part des idées plus extrêmes, explique-t-il à l'AFP.
Des sondages en chute libre...
Le résultat est sans appel.
Le gouverneur, en qui des conservateurs avaient placé leurs espoirs après la déconvenue de leur parti aux législatives de l'an dernier, est désormais distancé par l'ancien président de plus de 30 points dans les sondages, selon l'agrégateur RealClearPolitics.
«Plus les gens apprennent à le connaître, plus il baisse dans les enquêtes d'opinion», a raillé Donald Trump sur son réseau Truth Social cette semaine.
Cerné par les enquêtes, l'ancien président, lui, s'est jeté à corps perdu dans sa troisième course pour la Maison-Blanche, se posant en victime d'une «chasse aux sorcières», menée par des démocrates – une thèse à laquelle adhèrent nombre de ses partisans.

Son inculpation historique devant un tribunal de New York? Puis celle par la justice fédérale à Miami? L'ex-homme d'affaires new-yorkais se targue d'avoir levé plusieurs millions de dollars grâce à ces séquences, qui ont fait l'objet d'une attention médiatique vertigineuse.
La dégringolade de Ron DeSantis dans les sondages profite aussi à la dizaine de candidats républicains lancés à leur poursuite, comme l'ancien vice-président Mike Pence. Leurs chances de décrocher l'investiture paraissent toutefois limitées.
...mais des occasions de se relancer
N'enterrez pas Ron DeSantis trop vite, avertissent toutefois ses alliés.
La bataille pour l'investiture républicaine ne fait que commencer, et les occasions pour l'ancien officier de marine de se relancer seront nombreuses avant les premières primaires, prévues mi-janvier.
À commencer par le premier débat entre prétendants républicains, prévu le 23 août. Une occasion pour Ron DeSantis, qui n'a jamais encore vraiment attaqué frontalement Donald Trump, de descendre enfin dans l'arène.