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Communautés LGBTQ+: une décision de la Cour suprême des États-Unis pourrait engendrer un climat toxique au Canada

Getty Images via AFP
Photo portrait de Laurent Lavoie

Laurent Lavoie

2023-07-02T23:23:35Z

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La décision de la Cour suprême des États-Unis permettant à certains commerces de refuser des personnes issues des communautés LGBTQ+ pourrait encourager un climat toxique de notre côté de la frontière, craignent des organismes québécois.

• À lire aussi: La Cour suprême donne raison à une créatrice de sites web qui refuse d'en faire pour des mariages gais

«C’est certain que ce n’est pas une bonne nouvelle, s’inquiète Pascal Vaillancourt, directeur général d’Interligne, une ressource d’aide de première ligne. Le climat social de haine qu’on ressent envers les communautés LGBTQ+ aux États-Unis, parfois, on le ressent de plus en plus au Québec.»

Les entreprises dont les services ont une valeur créative peuvent invoquer leur liberté d’expression pour ne pas fournir un service allant à l’encontre de leurs valeurs, a tranché la majorité des juges du plus haut tribunal américain vendredi.

Ce jugement a été rendu après qu’une conceptrice de sites web eut contesté une loi du Colorado interdisant les discriminations liées à l’orientation sexuelle sous peine d’amende pouvant aller jusqu’à 500 dollars.

Effet domino?

Il s’agit d’une cause «très précise», dit Rafael Jacob, expert en politique américaine à la Chaire Raoul-Dandurand, et non légalement «de la reconnaissance d’un droit fondamental».

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Ainsi, il est difficile d’établir la portée et le précédent de ce dénouement, indique M. Jacob.

La décision de la Cour suprême pourrait du moins délier certaines langues, estime Pascal Vaillancourt.

«J’ai l’impression que ce genre de décision vient dédouaner les gens qui ont des propos haineux dans leur tête, qui n’osaient pas les nommer. Ils les gardaient pour eux», souligne-t-il.

Refroidir

À plus petite échelle, notons que certains États du pays de l’Oncle Sam ont légiféré sur le sujet. 

Le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a par exemple signé une loi connue sous le nom de «Don’t Say Gay» ou «Ne parlez pas des homosexuels», qui empêche l’éducation sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle.

«C’est exprimer un discours, qui, entendons-nous, est extrêmement dangereux. Les discours haineux, il y a une raison pour laquelle ils ne sont pas permis ici au Québec», tranche Florence Gallant Chenel, coprésidente du CA du Conseil québécois LGBT.

Les organismes consultés par Le Journal s’entendent pour dire que cette nouvelle controverse risque de décourager des personnes qui envisageaient de voyager de l’autre côté de la frontière.

«C’est sûr que ça va refroidir le tourisme. Ça a refroidi déjà dans certains États qui sont déjà plus réfractaires aux communautés 2SLGBTQ+. Est-ce que ça pourrait avoir un impact supplémentaire? C’est tout à fait possible», fait valoir Mme Chenel.

- Avec l’AFP

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