«Un débarquement, il faut oublier ça»: Trump n’irait pas jusqu’à une intervention militaire massive à Cuba

Mina Collin
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Alors que le président cubain a averti lundi qu’une éventuelle attaque américaine serait dévastatrice pour la population de l’île, et que les tensions continuent de monter entre Cuba et les États-Unis, des experts estiment qu’il demeure peu probable que Donald Trump lance une intervention militaire d’envergure contre le régime communiste.
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Selon le média américain Axios, qui cite des renseignements classifiés, Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires et étudierait différents scénarios pour les utiliser près de la base américaine de Guantanamo.
Donald Trump a d’ailleurs qualifié Cuba de « menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis la semaine dernière. En réponse, le président cubain Miguel Díaz-Canel a affirmé lundi que l’île ne représentait aucune menace et n’avait « ni plans ni intentions agressives » envers d’autres pays.

Le dirigeant cubain a également soutenu que Cuba aurait le droit « légitime » de riposter à une éventuelle agression américaine. Toutefois, pour l’ancien ministre péquiste et spécialiste de l’Amérique latine Gilles Baril, la situation ne dégénérera pas jusque-là.
« Je ne crois pas à un débarquement, il faut oublier ça », a-t-il déclaré aux ondes de LCN mardi.

Selon lui, les mouvements militaires observés actuellement servent surtout à accentuer la pression sur La Havane.
« Il y a bien sûr [...] les drones, il y a des navires de guerre américains qui sont présents dans les Caraïbes. On me dit qu’au Texas, les forces spéciales qui avaient contribué à la capture de Maduro se sont remises au travail dans des séances d’entraînement. Donc, il y a ce que j’appelle l’ambiance psychologique qui fait une pression pour qu’on arrive à dénouer une impasse », a-t-il expliqué.
M. Baril souligne que la récente visite du secrétaire d’État américain Marco Rubio au Vatican, tout comme le déplacement inhabituel du directeur de la CIA John Ratcliffe à Cuba la semaine dernière, laissent croire que des négociations sont actuellement en cours.

« Je pense que les négociations vont mener à quelque chose, ce sera peut-être quelque chose de transitoire. Et la crise qui est devant Cuba, puis qui interpelle les Américains aussi, les autres pays dans le monde, c’est une tragédie. Donc, tôt ou tard, il devrait y avoir un dénouement dans les prochaines semaines », pense-t-il.
Faire des compromis
Le spécialiste de l’histoire de l’Amérique latine José Del Pozo croit lui aussi que Donald Trump cherchera à éviter une intervention militaire directe. Selon lui, le président américain souhaite surtout obtenir une « victoire idéologique ».
« Faire plier le régime castriste, lui arracher des concessions afin de passer à l’histoire comme le président américain qui a forcé les Cubains à s’humilier », a-t-il indiqué à l’Agence QMI.
D’après lui, Cuba devra toutefois faire certaines concessions dans le cadre des négociations avec Washington.

« Tout en essayant de sauver la face, faire semblant que son gouvernement accepte, qu’il le fait de façon “souveraine”, mot très important pour les Cubains », a-t-il ajouté.
Gilles Baril partage cette analyse et estime qu’une solution passera inévitablement par des compromis des deux côtés. Il évoque notamment la possibilité pour les États-Unis d’acheminer du pétrole et du diesel, actuellement en pénurie sur l’île, en échange d’un assouplissement permettant aux Américains de voyager davantage à Cuba et de relancer l’industrie touristique.
« Le meilleur moyen de faire redémarrer l’économie cubaine rapidement, c’est le secteur touristique. Alors ça, ce n’est pas compliqué, c’est à la portée de main », a-t-il soutenu.
Pour voir l’entrevue intégrale de Gilles Baril, cliquez sur la vidéo ci-haut.