EN IMAGES | Le pont Jacques-Cartier bloqué une bonne partie de la journée en raison d'un incendie majeur
Anouk Lebel et Camille Payant
Partager
Fermé pendant plusieurs heures hier après le violent incendie d’une ancienne savonnerie abandonnée, le pont Jacques-Cartier est passé près d’y goûter lui aussi et a causé bien des maux de tête aux automobilistes.
• À lire aussi: Pont Jacques-Cartier fermé: voici le fil des événements
• À lire aussi: EN IMAGES | Le saviez-vous? Le pont Jacques-Cartier est courbé à cause de cette vieille usine
Un important brasier s’est déclaré dans un grand immeuble abandonné au pied du pont Jacques-Cartier dans la nuit de mardi à hier.
Plus d’une centaine de pompiers montréalais ont été appelés à combattre les flammes.
Celles qui se dégageaient de l’ancienne savonnerie construite en 1910 étaient telles que des voies du pont situées à seulement quelques mètres du feu ont dû être fermées. Le bâtiment pouvait s’effondrer et les panneaux publicitaires auraient pu tomber sur la route.
Pont fermé
Les autorités ont finalement ordonné la fermeture complète du pont vers 6 h hier matin.
« On craignait que le bâtiment devienne un immense radiateur et que cette chaleur puisse avoir un impact sur la structure du pont », a souligné la porte-parole de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain Nathalie Lessard.
Cette décision prise au début de l’heure de pointe matinale a donné du fil à retordre aux automobilistes de la Rive-Sud qui souhaitaient se rendre au travail dans la métropole.
« Quand un pont comme Jacques-Cartier est fermé, c’est compliqué », a mentionné Frédérique Marie, chroniqueuse à Radio-Circulation.
Les ponts Champlain et Victoria et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine ont vite été engorgés.
Le trajet a ainsi pris deux fois plus de temps qu’à l’habitude, selon Mme Marie.
Des automobilistes interrogés ne savaient plus par où passer à la vue de tous ces bouchons de circulation.
Heureusement, le « pire a été évité », puisque la météo était clémente hier, a souligné Frédérique Marie.

Voies réouvertes
Les voies en direction de la Rive-Sud ont finalement été réouvertes à la circulation en après-midi, après que des ingénieurs ont confirmé que la structure du pont n’avait pas été touchée. Celles en direction de Montréal ont suivi lors du retour à la maison.
L’origine de l’incendie reste « indéterminée », selon la police de Montréal, qui a repris l’enquête.

« Toutes les hypothèses vont être vérifiées : Est-ce que c’est une erreur humaine, un accident ? Est-ce que c’est quelqu’un qui l’a fait volontairement ? » a souligné la porte-parole Jeanne Drouin.
Depuis 2023, la Ville a réalisé 12 inspections dans la vieille usine placardée, la dernière remontant au 22 décembre dernier.
Aucune amende n’a été donnée, mais le propriétaire a reçu deux avis d’infraction pour lui rappeler « ses obligations en matière de bâtiment inoccupé », a indiqué le relationniste Hugo Bourgoin.
Un lieu prisé des squatteurs
L’ancienne savonnerie qui a été la proie des flammes dans la nuit de mardi à hier était connue pour la présence de squatteurs.
Abandonnée et placardée au pied du pont Jacques-Cartier depuis au moins deux ans, l’ancienne savonnerie Barsalou avait connu des jours meilleurs avant l’incendie.
Il y a un peu plus de deux ans, TVA Nouvelles avait visité l’édifice placardé qui était alors occupé par des squatteurs.
Selon des sans-abri du secteur, l’immeuble était prisé par les consommateurs de stupéfiants.
L’équipe de l’organisme Itinéraire était intervenue auprès de personnes en situation d’itinérance dans le bâtiment jusqu’à cet automne, pour s’assurer qu’elles soient en sécurité.
« Il ne faut pas faire d’amalgame, on ne sait pas ce qui s’est passé, s’il y avait des gens dans le bâtiment dans la nuit. Personne ne m’a dit qu’un ses chums manquait à l’appel », a toutefois nuancé son directeur, Luc Desjardins.
Développement à venir
Le groupe de développement immobilier Bertone avait acquis le bâtiment en 2020. L’entreprise souhaitait rénover et agrandir l’immeuble, en plus d’y annexer une tour de 65 mètres comptant plus de 200 logements.
Le projet a reçu l’aval du comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement de Ville-Marie cet automne, mais les travaux n’avaient pas encore commencé.
Le Groupe Bertone, propriétaire du bâtiment, a indiqué qu’il n’avait « aucun commentaire » à formuler.
Construit en 1910, l’édifice patrimonial conçu par l’architecte Eugène Payette a d’abord abrité la savonnerie J. Barsalou & Cie.
Dix ans plus tard, le propriétaire Hector Barsalou aurait refusé toute expropriation lors de la construction du pont qui porte désormais le nom Jacques-Cartier, selon l’Écomusée du fier monde.
Résultat : une courbe a été aménagée dans l’approche du pont pour contourner l’usine, un détail encore visible aujourd’hui, souligne le musée montréalais.
Le bâtiment a ensuite changé de vocation. Une entreprise de produits pharmaceutiques s’y est installée en 1943, avant de passer aux mains d’autres propriétaires 40 ans plus tard.
– Avec l’Agence QMI
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.