Un attentat «d'inspiration islamiste» visant une épreuve des JO déjoué

Agence France Presse
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Un Tchétchène de 18 ans, inconnu des services de renseignement, a été appréhendé et emprisonné la semaine dernière pour avoir envisagé de commettre un attentat d'inspiration islamiste visant les épreuves de soccer des Jeux olympiques à Saint-Etienne.
Il s'agit, selon le ministère de l'Intérieur, du troisième attentat déjoué depuis le début de l'année en France et du «premier» ciblant les Jeux de Paris.
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Le jeune Tchétchène a été arrêté le 22 mai à Saint-Etienne par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Il est soupçonné d'avoir voulu «commettre un attentat d'inspiration islamiste», a annoncé vendredi la Place Beauvau dans un communiqué.
Il a été mis en accusation le 26 mai pour association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d'atteinte aux personnes et placé en détention provisoire, a indiqué à l'AFP le parquet national antiterroriste.
«Il lui est reproché d'avoir, au nom de l'idéologie jihadiste [du groupe] État islamique, envisagé de commettre une action violente notamment en ciblant des rassemblements de partisans, en marge d'événements sportifs devant se tenir à Saint-Etienne pendant les Jeux olympiques», a ajouté la même source.
«Les premiers éléments démontrent qu'il préparait de manière active un attentat contre le stade Geoffroy-Guichard», selon le ministère.
«Ayant vu que le stade était trop sécurisé, il voulait s'en prendre à des spectateurs en dehors, près des abreuvoirs, près des cafés», a détaillé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lors d'un point presse.
Il voulait «ensuite mourir en martyr - ce sont ses propos - après un combat avec les forces de l'ordre», a ajouté M. Darmanin.
Le jeune homme n'était «pas connu des services de renseignement, pas connu des services de police, a encore dit le ministre. Rien ne laissait penser qu'il était radicalisé», a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il voulait passer à l'acte avec des «moyens assez artisanaux».
Son frère, mineur, a également été arrêté, a précisé M. Darmanin, mais sa «responsabilité a été écartée». «Il n'y a pas d'autres arrestations à court terme dans cette affaire», a ajouté le ministre, affirmant que le tout ne concerne pas une organisation.
La ville de Saint-Etienne doit accueillir six matchs de soccer pendant les Jeux, dont des rencontres avec l'équipe des États-Unis ou de l'Ukraine chez les hommes et avec l'équipe de France chez les femmes.
Nord-Caucase
Il s'agit, selon le ministère de l'Intérieur, du 50e attentat déjoué par les services de renseignement français depuis 2017.
Depuis 2018, plusieurs affaires de terrorisme, dont trois attentats, ont impliqué en France des jihadistes originaires de républiques russes du Nord-Caucase, essentiellement de Tchétchénie.
L'attaque au couteau dans le quartier de l'Opéra de la capitale en mai 2018 par Khamzat Azimov, l'assassinat dans les Yvelines de Samuel Paty en octobre 2020 par Abdoullakh Anzorov et, le 13 octobre dernier, celui de Dominique Bernard à Arras par Mohammed Mogouchkov ont pour point commun d'avoir été commis par des jeunes radicalisés originaires de cette région.
Ce dernier attentat, commis par un Russe connu des autorités pour sa radicalisation et visant précisément cet enseignant, avait provoqué une vive émotion en France.
Plusieurs projets impliquant des ressortissants de républiques caucasiennes ont également été déjoués. Ce fut le cas en 2018 de deux projets d'attentats contre la communauté homosexuelle de Strasbourg. Le frère de Mohammed Mogouchkov est incarcéré pour avoir envisagé une attaque contre l'Élysée en 2019.
Après l'attentat d'Arras, Gérald Darmanin avait appelé à une «approche spécialisée pour les jeunes hommes originaires du Caucase de la tranche 16-25 ans».
Vendredi, le ministre a félicité les services de renseignement, qui «démontrent une nouvelle fois leur pleine mobilisation et leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme» à l'approche des Jeux, qui fera l'objet d'un dispositif de sécurité pharaonique.
Le comité d'organisation des Jeux olympiques a de son côté salué l'efficacité des services de renseignement français et leur mobilisation exceptionnelle après le projet d'attentat déjoué à Saint-Etienne.