Trump propose un «Conseil de paix» concurrent de l'ONU mais totalement à sa main
AFP
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Donald Trump veut créer un «Conseil de paix» à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l'ONU, avec un ticket d'entrée d'un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une «charte», dont l'AFP a obtenu une copie.
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De quoi s'agit-il?
La Maison-Blanche avait annoncé qu'en vertu du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza soutenu par Washington, un «Conseil de paix» présidé par Donald Trump serait formé.
Depuis le week-end dernier, divers pays ont indiqué avoir reçu une invitation pour y participer, notamment la France, l'Allemagne, le Canada, la Russie et la Chine.
Mais le projet de «charte» révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.
La mission
«Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits», peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux Etats «invités» à y siéger.
Le texte de huit pages critique les «approches et institutions qui ont trop souvent échoué», dans une allusion claire à l'ONU, et appelle à avoir «le courage» de s'en «écarter». Il souligne «la nécessité d'une organisation de paix internationale plus agile et efficace».
Trump tout puissant
Donald Trump sera le «premier président du Conseil de paix», dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à «inviter» d'autres chefs d'Etat et de gouvernement à l'intégrer et peut révoquer leur participation, sauf en cas de «veto par une majorité des deux tiers des Etats membres».
Le conseil exécutif, dirigé par M. Trump, comportera sept membres parmi lesquels le secrétaire d'État Marco Rubio, l'émissaire spécial Steve Witkoff, le gendre de M. Trump Jared Kushner, et l'ex-premier ministre britannique Tony Blair.
Un responsable américain a confirmé sous couvert de l'anonymat que Trump pourra en conserver la présidence, y compris après la fin de son mandat, jusqu'à ce qu'il «démissionne», le prochain président des États-Unis pouvant désigner un représentant.
Ticket d'entrée
«Chaque Etat membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président.
Ce mandat de trois ans ne s'applique pas aux Etats membres qui versent plus d'un milliard de dollars au «Conseil de paix» au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte, ajoute le texte, sans précisions.
Le responsable américain a cependant indiqué que cela se faisait sur la base du volontariat et qu'il n'y avait aucun prix d'entrée pour être membre du Conseil.
Quels pays ont dit oui?
Le roi du Maroc Mohamed VI rejoindra le conseil en tant que «membre fondateur», a indiqué la diplomatie marocaine, ainsi que le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane.
En Hongrie, le premier ministre, Viktor Orban, a accepté dès dimanche l'invitation «honorable» de son allié Donald Trump d'être «membre fondateur» du «Conseil de paix».
En Arménie, le premier ministre Nikol Pachinian a déclaré mardi sur Facebook avoir accepté l'invitation américaine.
Quels pays ont dit non?
La France «ne peut donner (une) suite favorable» à ce stade à l'invitation, a indiqué lundi l'entourage du président Emmanuel Macron. «Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera», a rétorqué M. Trump.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit mardi avoir reçu une invitation, mais «n'imagine pas» y participer au côté de la Russie.
Quels pays réservent leur réponse?
Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe, Vladimir Poutine, à rejoindre le «Conseil». Moscou a dit vouloir «clarifier toutes les nuances» de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.
Le gouvernement britannique s'est dit «inquiet» de cette invitation faite au président russe, qui «a prouvé à maintes reprises qu'il n'était pas sérieusement engagé pour la paix».
Il a confirmé que le Royaume-Uni avait reçu une invitation et en examinait les «modalités» en contact avec les États-Unis et ses autres partenaires internationaux.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.
Le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se «coordonner» avec ses partenaires.
La Chine «a reçu l'invitation de la partie américaine», a indiqué un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, sans préciser si elle allait y répondre favorablement ou non.
Au Canada, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré à l'AFP: «Nous examinons la situation. Mais nous n'allons pas payer un milliard de dollars.»
Quels pays invités?
La Maison-Blanche n'a pas publié la liste des pays invités. Mais de nombreuses capitales ont fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d'invitation.
Parmi les autres pays qui ont confirmé avoir reçu une invitation figurent l'Italie, la Norvège, la Suède, la Finlande, l'Albanie, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Égypte, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l'Inde et la Corée du Sud.
Quand?
Selon la «charte» du «Conseil de paix», elle est censée entrer en vigueur quand au moins «trois Etats» l'auront signée.