Trump menace encore Chicago d’intervention militaire, le gouverneur dénonce un «dictateur en puissance»
AFP
Partager
Donald Trump a une nouvelle fois agité samedi la menace d’une intervention militaire à Chicago, troisième ville des États-Unis, en mentionnant le nouveau nom donné au ministère de la Défense, pendant que l’opposition démocrate dénonçait un «dictateur en puissance».
• À lire aussi: Le Canada mise sur les grands travaux pour faire face à Trump
• À lire aussi: Avec son «ministère de la Guerre», Trump veut envoyer un message «de force»
«Chicago va comprendre pourquoi ça s’appelle le ministère de la Guerre», peut-on lire dans un message publié dans le compte Truth Social du président américain, qui agite depuis des jours la menace d’envoyer à Chicago des troupes fédérales pour s’attaquer à la criminalité.
La publication comporte une image, visiblement générée par l’intelligence artificielle, qui montre le président vêtu d’habits militaires sur un fond d’incendie et d’hélicoptères volant dans le ciel orange de Chicago, avec la mention «Chipocalypse Now».
Cette référence directe à Apocalypse Now, le long-métrage de Francis Ford Coppola sur la guerre du Vietnam, s’accompagne d’une fameuse citation du film, détournée: «J’aime l’odeur des expulsions au petit matin» – la lutte contre l’immigration étant son cheval de bataille.
Une publication qui n’a pas fait rire le gouverneur démocrate de l’Illinois (qui comprend Chicago).
«Ce n’est pas une blague», a écrit samedi J.B. Pritzker dans X. «Le président des États-Unis menace d’entrer en guerre contre une ville américaine.»
«L’Illinois ne sera pas intimidé par un dictateur en puissance», a ajouté cette importante figure démocrate.
The President of the United States is threatening to go to war with an American city.
— Governor JB Pritzker (@GovPritzker) September 6, 2025
This is not a joke. This is not normal.
Donald Trump isn't a strongman, he's a scared man. Illinois won’t be intimidated by a wannabe dictator. pic.twitter.com/f87Zek7Cqb
Qualifiant Chicago de «trou à rats» et de «capitale mondiale du meurtre», Donald Trump menace depuis fin août d’y envoyer la garde nationale, le corps militaire de réserve qu’il a déjà fait déployer dans deux autres bastions de l’opposition démocrate: Los Angeles, en Californie, et Washington.
Des militaires en uniformes, équipés de véhicules blindés, patrouillent depuis mi-août dans la capitale américaine. Samedi, des centaines, voire des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Washington pour protester contre «l’occupation» de la ville par les troupes fédérales.
«À Washington, la grande criminalité, c’est à la Maison-Blanche», pouvait-on lire sur l’une des pancartes.
Mercredi, Donald Trump avait également évoqué l’envoi de troupes à La Nouvelle-Orléans, en plus ou à la place de Chicago, sans que ses propos soient pour l’instant suivis d’effet.
Vendredi, il a signé un décret visant à rebaptiser le ministère américain de la Défense en «ministère de la Guerre», ajoutant qu’il voulait par là envoyer un «message de victoire» et «de force» au reste du monde.