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Le Canada mise sur les grands travaux pour faire face à Trump

AFP

2025-09-06T11:47:56Z

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Ports, autoroutes, mines, pipelines... Bousculé par les attaques de Donald Trump, le Canada se lance dans une série de grands projets pour diversifier ses activités, rompre sa dépendance au marché américain et éviter une crise économique.

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Dès son élection en avril, le premier ministre Mark Carney avait annoncé la couleur: «Construisons à tout-va» («Build, baby, build»), avait-il lancé, détournant un célèbre slogan du président américain et promettant la plus grande transformation de l’économie canadienne depuis la Seconde Guerre mondiale.

Dans cette optique, fin août, le gouvernement a annoncé la création d’un bureau spécial pour la mise en œuvre des grands projets, après avoir fait adopter une loi en juin pour accélérer les processus d’approbation.

Et dans quelques jours, la liste des projets prioritaires sera rendue publique.

Le point de départ de cette nouvelle politique: la dégradation soudaine de la relation avec les États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

MEGA/WENN
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L’imposition de droits de douane par le président américain et ses menaces d’annexion du pays ont provoqué un électrochoc au Canada qui a pour principal partenaire économique son unique voisin du Sud.

Le gouvernement libéral de Mark Carney, élu sur la promesse qu’il saurait tenir tête à Donald Trump, veut donc relancer les grands travaux tout en diversifiant ses partenaires économiques et en se rapprochant de l’Europe notamment.

«Réflexion profonde»

«Notre gouvernement est en voie de débloquer 500 milliards de dollars pour investir dans des infrastructures, entre autres énergétiques et portuaires», a précisé fin août Mark Carney aux côtés du chancelier allemand avec lequel il venait de conclure une entente sur les minéraux critiques.

Pour Jay Kohsla, expert du secteur énergétique, le Canada est à un moment charnière.

«On sait que notre économie est en péril», explique à l’AFP cet ancien haut fonctionnaire, ajoutant que Donald Trump a fourni une occasion unique pour «une réflexion profonde».

Selon lui, les deux à trois prochaines années seront déterminantes pour le pays «pris au piège», alors que le taux de chômage a atteint 7,1% en août, le niveau le plus élevé depuis 2016, hors pandémie.

Mark Carney compte notamment s’appuyer sur les immenses richesses du sous-sol canadien pour faire du pays une «superpuissance énergétique» en développant les énergies renouvelables, mais aussi fossiles.

Quatrième pays exportateur de pétrole, le Canada possède la troisième réserve d’or noir au monde. Ses ressources se trouvent surtout en Alberta (ouest), d’où les hydrocarbures sont principalement exportés vers les États-Unis, faute d’infrastructures suffisantes pour atteindre d’autres marchés.

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«Prenons le temps»

Mark Carney, qui a pris à ce sujet le contre-pied des décisions de son prédécesseur Justin Trudeau, se dit maintenant favorable à l’idée d’exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe.

Les «acheteurs et utilisateurs allemands de GNL» sont particulièrement intéressés, a affirmé la semaine dernière le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, lors d’une conférence de presse à Berlin.

Cet été, le Canada a inauguré deux énormes projets énergétiques en construction depuis des années: la toute première installation d’exportation de GNL à grande échelle, LNG Canada, et l’agrandissement du pipeline Trans Mountain, qui transporte le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers la côte Ouest.

Mais cette transformation inquiète les ONG, dont Greenpeace qui dénonce les reculs sur le plan environnemental et demande au gouvernement «de privilégier les solutions climatiques et non pas les pipelines de pétrole et de gaz».

Les communautés autochtones, elles, redoutent que le développement économique ne prime sur les droits des Premières Nations.

«Nous savons ce que ça fait d’avoir Trump à nos frontières. Ne reproduisons pas des politiques à la Trump chez nous. Prenons le temps de bien faire les choses», a demandé Cindy Woodhouse, la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations.

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