Menaces de Trump: la pression monte sur Legault
«Avec les tarifs de Trump, si on perd en plus l’avantage économique des bas coûts d’électricité, je ne vois pas quel sera notre avantage compétitif au Québec»


David Descôteaux
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À l’aube de l’imposition de tarifs par Donald Trump, la pression monte d’un cran sur le gouvernement de François Legault pour qu’il renonce à ses ambitions de hausser les tarifs d’électricité pour les entreprises du Québec.
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Un regroupement d’associations de grandes entreprises québécoises de tout horizon a tenu une conférence, lundi, pour inciter le gouvernement Legault à mettre fin à son projet d’indexer le tarif industriel à l’inflation.
Le contexte des menaces de Donald Trump «ajoute une pression supplémentaire à un environnement d’affaires déjà complexe au Québec, notamment en raison des hausses anticipées des tarifs d’électricité introduites par le projet de loi 69», mentionne l’Alliance pour la compétitivité énergétique du Québec (ACEQ), qui regroupe des entreprises du secteur de l’aluminium, du manufacturier, de la chimie, de la forêt et de l’agroalimentaire.
Ces grandes entreprises estiment que la réforme énergétique que prépare le gouvernement du Québec fera augmenter leurs coûts de 60% sur dix ans.
«Une telle hausse, jumelée aux mesures d’amélioration de la compétitivité américaine annoncées par le président Trump, en sus de la menace d’imposer des tarifs de 25% sur les produits canadiens dès le 1er février, constituerait un coup dur additionnel pour nos entreprises, avec des répercussions potentiellement dévastatrices», dit Jocelyn B. Allard, président de l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité et porte-parole de l’Alliance.
Les PME aussi
Les PME aussi implorent le gouvernement de renoncer aux hausses de tarifs d’électricité. «On a la fiscalité la plus lourde pour les PME, on a une lourde paperasserie. Avec les tarifs à venir de Trump, si on perd en plus l’avantage économique des bas coûts d’électricité, je ne vois pas quel sera notre avantage compétitif au Québec», dit François Vincent, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
En plus de demander que le tarif industriel d’électricité ne soit pas indexé à l’inflation, l’Alliance pour la compétitivité énergétique du Québec, regroupement nouvellement formé, veut que les consommateurs résidentiels paient le juste prix et que la Régie de l’énergie joue un rôle plus important dans l’approbation des nouveaux approvisionnements.
Payer le vrai coût de l’électricité
Les grandes entreprises arguent, depuis plusieurs années, que les entreprises paient plus cher l’électricité que ce qu’elle coûte à produire et à leur être acheminée par Hydro-Québec, pendant que les consommateurs, eux, paient moins cher leur électricité que ce qu’il en coûte à Hydro pour les servir. Ce qu’on appelle dans le jargon la question de l’«interfinancement».
«En ce moment, les clients résidentiels paient 81% de ce que ça coûte pour les desservir. Chez les PME, on est à 138% et chez les grands industriels, on est à 114%. Ce serait approprié que chaque classe de clients paye le vrai coût», dit Jocelyn B. Allard.
Rappelons qu’Hydro-Québec a présenté sa demande tarifaire à la Régie de l’énergie pour des hausses applicables à compter du 1er avril 2025. Celles-ci seraient de 3% pour la clientèle résidentielle, de 3,9% pour la clientèle commerciale et de 3,3% pour les grands clients industriels.
Si le gouvernement va de l’avant avec sa proposition d’indexer le bloc patrimonial aussi pour les industriels (qui en sont exempts pour l’instant), le tarif d’électricité augmentera encore plus pour ceux-ci, ce que dénonce l’Alliance.
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