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Le Québec veut résister au vent antiscience des États-Unis

La langue française pourrait être un rempart contre la désinformation

Anthony Fauci, qui a dirigé l’Institut national américain des maladies infectieuses (NIAID) pendant 38 ans, en compagnie de Donald Trump dans son premier mandat. Le nouveau président s’attaque aux NIH, ce qui ébranle la communauté scientifique américaine.
Anthony Fauci, qui a dirigé l’Institut national américain des maladies infectieuses (NIAID) pendant 38 ans, en compagnie de Donald Trump dans son premier mandat. Le nouveau président s’attaque aux NIH, ce qui ébranle la communauté scientifique américaine. Photo AFP
Photo portrait de Mathieu-Robert Sauvé

Mathieu-Robert Sauvé

2025-01-26T17:00:00Z

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Le scientifique en chef du Québec et le président d’une association de chercheurs pensent que le Québec peut résister au vent antiscience qui vient des États-Unis depuis l’élection de Donald Trump.

«Nous sommes inquiets, c’est sûr, mais la science d’ici est largement soutenue par les gouvernements depuis plusieurs décennies, ça ne changera pas avec le nouveau gouvernement américain», commente au Journal le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion.

Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, croit que le Québec peut résister à la vague antiscience des États-Unis.
Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, croit que le Québec peut résister à la vague antiscience des États-Unis. Photo ARCHIVES

Même son de cloche de la part du président de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui représente 6500 chercheurs. «Ce nouvel obscurantisme ne nous touchera pas si nous continuons de valoriser la démarche scientifique dans nos écoles et nos organisations politiques», affirme le président Martin Maltais, professeur à l’Université du Québec à Rimouski.

Américains sous le choc

La communauté scientifique américaine est en «état de choc», selon M. Quirion, depuis que le nouveau président a annoncé des mesures draconiennes touchant les National Institutes of Health (NIH), le plus important organisme de financement au monde (47 milliards annuellement).

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En plus des compressions qui lui seront imposées, les réorientations des NIH pourraient affecter des milliers de chercheurs et potentiellement remodeler des secteurs, comme la recherche biomédicale.

Le retrait annoncé des États-Unis de l’Accord de Paris et de l’Organisation mondiale de la santé et la nomination prochaine de Robert F. Kennedy fils – un antivax notoire – à la Santé et aux Services sociaux complètent le sombre portrait de la science sous Trump.

La langue protectrice

Pour M. Maltais, la langue française pourrait constituer un rempart contre l’invasion de fausses nouvelles et de désinformation qui risque de déferler dans les quatre prochaines années. «En plus d’échapper à ce flux venu du sud, le français porte également nos valeurs, notre développement collectif», reprend M. Maltais.

Président de l’ACFAS, Martin Maltais est professeur en financement et en politiques d’éducation à l’Université du Québec à Rimouski.
Président de l’ACFAS, Martin Maltais est professeur en financement et en politiques d’éducation à l’Université du Québec à Rimouski. Photo COURTOISIE

Et alors que le président américain limoge des scientifiques renommés pour les remplacer par des climatosceptiques, Sainte-Marthe-sur-le-Lac vient d’embaucher sa première conseillère scientifique, Janie Masse-Dufresne.

La localité riveraine est la huitième ville après Montréal, Longueuil, Gatineau, Sorel-Tracy, Drummondville, Victoriaville et Mirabel à se doter d’une telle expertise.

Les Québécois croient à la science

Huit Québécois sur 10 font confiance aux sciences, une proportion stable depuis 2020, révèle un sondage SOM réalisé pour le compte du Fonds de recherche du Québec dont Le Journal a obtenu copie.

Pour la quasi-totalité (93%) des 1013 personnes interrogées par la firme de sondage l’automne dernier, les sciences «peuvent contribuer à relever les grands défis de société auxquels on fait face».

Seule légère baisse dans l’opinion des répondants: ils étaient 94% en 2020 à dire que les gouvernements devraient en faire «beaucoup plus» pour tenir compte de la science dans leurs décisions; ils ne sont plus que 88% à le penser en 2024.

Plus on est scolarisé, plus on croit aux sciences, confirme la consultation.

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