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Trop cher et trop compliqué: pourquoi détruire le Stade olympique n’est pas une option

Joël Lemay / Agence QMI
Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2024-02-05T19:53:26Z

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Plus de 3,5 milliards $ ont été injectés dans le Stade olympique depuis sa construction pour accueillir les Jeux de Montréal, en 1976. Même si le toit et l’anneau technique doivent être remplacés au coût de 870 millions $ et que la structure est peu utilisée, sa destruction a été écartée par le gouvernement Legault. On vous explique pourquoi. 

• À lire aussi: La petite histoire des problèmes du toit du Stade olympique de Montréal

Des coûts exorbitants

La démolition du Stade aurait coûté plus de 700 millions $ en 2009, selon des chiffres de la Régie des installations olympiques (RIO) rendus publics par Le Journal en 2015. 

Les estimations préliminaires dévoilées lundi par le cabinet de la ministre du Tourisme Caroline Proulx avancent que ces coûts pourraient atteindre 2 milliards $ aujourd’hui. C’est donc presque 1,2 milliard $ de plus que les 870 millions $ nécessaires pour changer la toiture et l'anneau technique. 

La disparition du Stade priverait aussi Québec d'importantes retombées économiques. Le gouvernement projette que les 870 millions annoncés lundi et les investissements des dernières années devraient rapporter 1,5 milliard $ sur 10 ans, soit 150 millions $ annuellement. Les retombées actuelles du Stade sont d'environ 68 millions par an. 

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Les problèmes du dynamitage

Bâti au cœur du quartier Hochelaga-Maisonneuve, le Stade ne pourrait pas être détruit par dynamitage, selon l’étude de la RIO dévoilée en 2015.  

«L’implosion du Stade olympique aurait davantage des effets semblables [...] à ceux constatés lors de l’effondrement des tours du World Trade Center [le 11 septembre 2001], alors que le tiers de l’île de Manhattan avait été recouvert d’une épaisse couche de poussière», souligne le document.

Si les «tours et édifices adjacents détruits du World Trade Center ont généré 1,8 million de tonnes de débris», le «stade, le mât et les équipements annexes représenteraient quant à eux 1,4 million de tonnes», avance la RIO. 

La destruction classique du Stade créerait un «nuage» constitué de «poussière de béton, de silice, d’amiante et de métaux lourds» qui pourrait «recouvrir une partie de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve».

Il ne serait pas non plus possible d’utiliser des «boules» de démolition. Cette technique pourrait créer des «effets de catapultes des câbles de post-tension soudainement relâchés», ce qui pourrait potentiellement projeter des «blocs de béton et autres matériaux à plusieurs centaines de mètres».

Le document souligne aussi l’impossibilité de «créer des ondes de choc dans le sol», en raison de la proximité d’une ligne de métro (la ligne verte), du Biodôme, du cinéma Starcité et du stade Saputo.

Un chantier de plusieurs années

Comme le dynamitage est impossible, le stade devrait donc être démoli pièce par pièce. 

«Il s’agirait d’une véritable opération chirurgicale» qui pourrait durer plus de 5 ans, dont 32 mois seulement pour démonter le Stade, stipule l’étude. 

Les centaines de milliers de tonnes de béton provenant de la structure devraient ensuite être transportées à l’extérieur de Montréal. 

La rue Sherbrooke pourrait alors être fortement embouteillée, puisque le projet «impliquerait une fréquence d’un camion toutes les cinq minutes pendant 570 jours».


C'est quoi, au juste, l'anneau technique? 

L’anneau technique est le grand ovale blanc qui surplombe les estrades du Stade. Construit en béton, il contient des appareils d’éclairage et de sonorisation, en plus de supporter en partie le poids du toit actuel. Son périmètre atteint un demi-kilomètre.

− Avec les informations du Journal  

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