Tous les résultats
Publicité

Tremblements de terre à Matane: le Québec est-il à risque de séismes?

Photo FOTOLIA
Photo portrait de Alice  Fournier

Alice Fournier

2025-06-03T19:45:22Z

Partager

Deux tremblements de terre ont été enregistrés à Matane, dans la nuit du 3 juin. Des secousses ont même été ressenties jusqu’à Baie-Comeau. Sont-ils communs au Québec et sommes-nous suffisamment préparés à y faire face? On fait le point.

• À lire aussi: Voici comment se produisent les glissements de terrain (qui pourraient être plus fréquents au Québec)

• À lire aussi: 5 choses à savoir sur les tiques et la maladie de Lyme au Québec

De magnitude 3,3 et 3,7 sur l’échelle de Richter, l’épicentre des deux tremblements de terre était situé au sud de la ville, et a causé un bruit d’explosion et des secousses sans dommages apparents.

Le Québec est-il une zone à risque?

On aurait tendance à croire que non, comme la province est située loin des bords d’une plaque tectonique. Il faut savoir que 97% de séismes se produisent lorsque deux plaques se frottent entre elles ou plongent l’une en dessous de l’autre.

Même si le Québec se trouve dans une zone intraplaque, la province est «assise» sur des failles qui peuvent se réactiver à tout moment quand elles accumulent trop de pression et qu’elles doivent la relâcher, ce qui engendre des tremblements de terre.

Publicité

Certaines failles sont plus fragiles que d’autres, notamment dans les régions de Charlevoix-Kamouraska, dans l'ouest du Québec, dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, qui sont les zones les plus à risque de la province. Dans ces régions, les dégâts peuvent être «majeurs», souligne la sismologue Fiona Ann Darbyshire.

Plus de 450 séismes se produisent chaque année dans l’est du Canada.

Est-on assez préparé?

Oui et non. Le risque est réel, et il existe des initiatives comme la Grande Secousse pour adopter des comportements sécuritaires si un séisme venait à se produire.

Mais la province n’est pas assez préparée aux conséquences économiques potentielles.

Saviez-vous que votre assurance habitation de base ne couvre pas forcément les dégâts causés par un séisme? Selon le Bureau d’assurance du Canada, seuls 7% des Québécois ont une couverture appropriée.

• À lire aussi: Vous n’êtes pas fou: il a plu (presque) tous les week-ends depuis mars

Par ailleurs, le premier rapport public du Profil national des risques publié en mai 2023 conclut que le gouvernement n’a pas les structures nécessaires pour faire face à la gestion de crise, que les entreprises prendraient un gros coup à leur économie et que les pertes d’assurances seraient pharaoniques.

Publicité

Mais il y a aussi le côté positif de la médaille. «Des villes font en sorte de construire des bâtiments de plus en plus adaptés, et nous avons des systèmes d’avertissement qui sont performants dans les foyers à risques, comme Charlevoix», explique Mme Darbyshire.

Est-ce que c'est normal de ressentir un tremblement de terre aussi loin?

Les séismes de lundi soir ont été ressentis jusqu’à Baie-Comeau, soit à près de 70 km de distance de l’épicentre. C’est considéré loin pour des séismes de faible magnitude, mais ce n’est pas anormal pour autant dans l’est du Canada.

Tout cela est lié à la densité de la croûte terrestre et à la température des roches, a expliqué Claire Perry, sismologue chez Ressources naturelles Canada, en entrevue à 24 heures en 2021.

«On voit l’énergie de cet événement-là se propager très, très loin en distance, jusqu’à une centaine de kilomètres. Mais un événement de même magnitude, dans l’ouest, proche de Vancouver, on ne le ressentira pas à plus de 40 ou 50 km», dit-elle.

Les dégâts d’un tel séisme peuvent ainsi être plus importants dans l’est du pays par rapport à un événement de la même magnitude dans l’ouest, précise la sismologue.

• À lire aussi: Saison plus intense que la normale: voici quels seront les noms des ouragans en 2025

Les séismes qui ont marqué le Québec

  • Le séisme du 5 février 1663 à Charlevoix, magnitude 7
  • Le séisme du 20 octobre 1870 à Charlevoix, magnitude 6,6
  • Le séisme du 28 février 1925 à Charlevoix-Kamouraska, magnitude 6,2
  • Le séisme du 28 novembre 1988 au Saguenay, magnitude de 6,0
  • Le séisme du 23 juin 2010 de Val-des-Bois, proche d’Ottawa, magnitude 5
Publicité
Publicité