Tournoi pee-wee de Québec: un championnat «avec l’aide d’en haut» pour le Blizzard


Stéphane Cadorette
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Parfois, pour remporter un championnat au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, il faut un peu d’aide d’en haut. Le Blizzard du Séminaire Saint-François, champion de la catégorie AA-Élites à la suite d’une victoire de 3-2 en prolongation, a certainement signé l’un des triomphes les plus émotifs dans l’histoire de l’événement.
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Ce n’est jamais évident pour les équipes québécoises de l’emporter à la base. Pour donner une petite idée, aucune formation de la Rive-Nord de Québec n’avait gagné dans sa catégorie depuis la victoire des Citadelles de Québec en 2013.
Pour ramener l’honneur dans la région, contre Team Astana, une équipe du Kazakhstan, le Blizzard a eu besoin d’un but de Thomas Morin.
On y reviendra, on vous le promet, mais il faut d’abord vous parler d’un membre bien présent dans l’équipe, même s’il n’enfilait pas le chandail.
Le 23 juin dernier, l’entraîneur Frédéric Marquis perdait son fils de 16 ans, Antoine, aux mains du cancer. Une tragédie familiale que personne ne souhaite vivre et qui a remué tout l’établissement scolaire, où Antoine était étudiant en quatrième secondaire.
En prenant tout son courage, Frédéric Marquis a tout de même tenu à diriger son équipe, qui lui a bien rendu son dévouement à la cause.
«C’est magique, c’est complètement fou. On ne l’attendait pas. On a été chanceux de venir et il y a peut-être quelqu’un en haut qui nous a aidés là-dedans», a craqué l’entraîneur, sa voix brisée par l’émotion.
«Son petit frère [Olivier Marquis, auteur d’une passe dans la victoire] est là aussi. C’est gros... On est arrivé par la porte d’en arrière au tournoi. On a perdu la première et on est revenu. En quart de finale, on a marqué en désavantage numérique à 13 secondes de la fin pour gagner la game. Il est arrivé un paquet d’événements. C’est pour ça que je parle de l’aide d’en haut. On va le prendre de même!», a philosophé Marquis.

Un but et des bonbons!
Évidemment qu’une équipe s’unissant pour une telle cause devient difficile à freiner. Et ce, même si elle a perdu son premier match du tournoi contre cette même équipe, Astana, en tirs de barrage, étant du même coup reléguée au parcours de la dernière chance via le pavillon Guy-Lafleur.
Dans ce duel revanche, Astana menait 1-0 après deux périodes. Le Blizzard a nivelé la marque avec le premier but de Thomas Morin, mais moins d’une minute plus tard, les Kazakhs reprenaient leur avance.
Philippe Barrette a marqué à 10 min 40 s de la troisième période pour provoquer la prolongation. Au bout de seulement neuf secondes en surtemps, Thomas Morin récidivait en marquant un but qu’il racontera un de ces jours à ses futurs petits-enfants, dans sa chaise berçante.

«Je vais m’en rappeler de mon but en prolongation. Tout le monde m’a sauté dessus et c’était vraiment extraordinaire.
«Tout le monde voulait gagner ce match-là pour sauver notre honneur après avoir perdu contre eux en tirs de barrage. Tout le monde est content et on a eu des bonbons!», a-t-il lancé dans la splendide et douce naïveté qui caractérise les joueurs de cet âge.
Et on va se le dire, ce Thomas Morin mérite un camion de bonbons qu’il pourra partager avec sa bande, puisqu’il a terminé au premier rang des compteurs du tournoi avec 10 buts et cinq passes.

Des comptes réglés
Le Blizzard a donc sauvé l’honneur du Québec lors de ce 65e Tournoi pee-wee de Québec, qui a vu 206 698 spectateurs défiler au Centre Vidéotron depuis le lancement, le 12 février.
L’équipe ne semblait pourtant pas destinée à connaître un tel couronnement.
«C’est une belle revanche. La veille, on a battu les Conquérants et c’est eux qui nous avaient battus à Trois-Rivières, ce qui faisait en sorte qu’on a failli ne pas venir ici. On s’est vengé et on leur a fait le même coup avec trois buts en fin de match. On a réglé nos comptes, c’est parfait de même! Ça a été une expérience incroyable et de passer par l’autre bord [pavillon Guy-Lafleur], pour revenir ici, ça a été plaisant», s’est réjoui Frédéric Marquis.
Les Mariniers tout près du but

En classe BB, les Mariniers de Sorel–Sainte-Julie ont vu leur beau parcours prendre fin dans un revers de 3-0 face à l’Angleterre. La troupe dirigée par Alexandre Daigle était l’unique formation québécoise à prendre part à l’une des finales, avec le Blizzard.
«C’est dur pour les jeunes, c’était notre quatrième finale de tournoi cette saison. On peut être fiers de notre saison, mais ce qui est le plus dur c’est que l’équipe de l’autre côté était clairement trop forte pour la catégorie. Ces équipes-là sont souvent formées sur le tard et sont difficiles à évaluer», a mentionné Daigle.
RÉSULTATS DES FINALES
Mariniers de Sorel–Sainte-Julie 0 c. Angleterre 3 – BB
Rangers Girls Jr. du Connecticut 0 c. Lions de Los Angeles 4 – Féminin
Atlantic Selects 1 c. Zenith Ice Hockey Club 8 – AA
Blizzard SSF 3 c. Astana Team 2 – AA-Élites
Red Wings de Detroit 2 c. Rangers Mid Fairfield 4 – AAA